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L'esclavage -
Histoire d'un tabou
Zanzibar, 1850-1890
The
Indian Ocean Slave trade evolved around the Indian Ocean basin. Slaves
were taken from mainland East Africa and sold in markets in the Arabian
Peninsula and the Persian Gulf. In contrast to the trans-Atlantic Slave
Trade, the Indian Ocean Slave Trade was much older dating back from at
least the second century C.E. until the early twentieth century. For
example, the oldest written document from the East Africa Coast, the
Periplus of the Erythraean Sea, describes a small trade in slaves
around the second century C.E.
Aujourd'hui
encore persiste dans certains pays musulmans une culture de l'asservissement.
Le 8 août 2007,
le Parlement mauritanien a adopté une loi condamnant jusqu'à dix ans de prison
tout détenteur d'esclave. En République islamique de Mauritanie, la première
ordonnance abolissant l'esclavage date de 1981. Ces législations anachroniques
soulignent l'ampleur d'une question restée longtemps taboue : pourquoi,
quatorze siècles après la Révélation coranique, plusieurs millions de personnes
sont-elles aujourd'hui encore réduites en servitude dans certaines sociétés et
pays musulmans ? L'islam et la civilisation qui en découle ont-ils combattu les
pratiques esclavagistes ou s'en sont-ils finalement accommodés ?
« Au temps du
prophète Mahomet et des premiers califes (622-661), on assiste à une tentative
sincère d'émancipation et d'affranchissement, alors que l'esclavage est une
pratique courante et ancienne, explique l'anthropologue et spécialiste de
l'islam Malek Chebel, auteur de L'Esclavage en terre d'islam (Fayard). Le
Coran, qui aborde le sujet dans 15 sourates, prend globalement la défense des
asservis. » Le cas de Bilal, esclave noir affranchi devenu le premier muezzin
(celui qui appelle à la prière) de l'islam, reste un symbole très fort.
L'interdiction de réduire en esclavage un musulman sera, en théorie, étendue
aux juifs et aux chrétiens, qui sont considérés comme dhimmis (protégés).
Mais cette
dimension émancipatrice va trouver ses limites. « En l'absence d'interdiction
absolue dans le Coran, les grandes familles féodales vont distordre le sens des
versets pour les rendre favorables à leurs intérêts commerciaux », poursuit
Malek Chebel. Parallèlement, l'expansion foudroyante de l'empire musulman va
susciter un besoin de main-d'oeuvre croissant. Qui sera souvent comblé par la
mise en esclavage de captifs de guerre, mais aussi de populations en contact
avec les marchands arabes. Dans son essai sur Les Traites négrières
(Gallimard), l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau estime que la traite
orientale, qui perdure du viie siècle aux années 1920, a asservi 17 millions
d'Africains. A cela il faut ajouter 3 à 4 millions d'esclaves « blancs » raflés
par les Turcs, mais aussi les pirates barbaresques du Maghreb.
L'esclavage en
terre d'islam a recouvert des réalités très diverses. Les chances
d'émancipation, voire d'ascension sociale, n'étaient pas les mêmes pour un
Soudanais soumis au travail forcé, une belle Circassienne destinée à un harem ou
un jeune homme des Balkans intégré de force à un corps d'élite de l'armée,
comme les janissaires ou les mamelouks.
Toutes ces
pratiques, longuement intériorisées, expliquent la persistance, dans certains
pays musulmans, d'une « culture de l'esclavage ». Car aujourd'hui, comme le
souligne Malek Chebel, les « serviteurs » noirs de Mauritanie, les «
domestiques » des palais marocains ou des monarchies du Golfe, les enfants
exploités en Afrique de l'Ouest ou en Indonésie sont-ils autre chose que des «
esclaves modernes » ?
Boris
Thiolay, publié le 12/06/2008
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