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AU
DELA DE VICTOR SCHOELCHER
EN AVANT VERS L’EGALITE EFFECTIVE

L’importante
mobilisation qui avait rassemblé à Paris, le 23 mai 1998,
quelque 40.000
personnes en souvenir des morts et des victimes de la Traite et de
l’Esclavage,
aura finalement porté ses fruits, bien qu’elle n’ait pas abouti,
comme nous
l’avions proposé avec insistance dès 1999, à
l’adoption de cette journée
historique comme date officielle de l’Abolition.
On lui
doit néanmoins que sur proposition de Christiane Taubira,
l’Assemblée Nationale
adoptera, le 10 mai 2001, une loi portant reconnaissance de la traite
négrière
transatlantique, ainsi que la traite de l’Océan Indien d’une
part ; et
l’esclavage, d’autre part, perpétrés à partir du
XV ème siècle aux Amériques et
aux Caraïbes, dans l’Océan Indien et en Europe contre les
populations
africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, comme crime
contre
l’humanité.
On lui
doit qu’aujourd’hui, le Président de la République
décide de faire désormais du
10 mai la date de la commémoration annuelle de l’esclavage,
cette
« abomination perpétrée pendant des
siècles, par les européens, à travers
un inqualifiable commerce », selon ses propres et fortes
paroles, en lieu
et place de la date du 27 avril, jusqu’alors adoptée, qui se
limitait à
célébrer l’œuvre du seul Victor Schoelcher.
Justice
est ainsi rendue aux souffrances et aux luttes des victimes de la
traite et de
l’esclavage colonial, qui vont enfin trouver dans la mémoire
nationale toute la
place qui leur revient.
On
créditera le Président de la République d’avoir en
même temps admis, 150 ans
après l’abolition de l’esclavage, que «le combat contre
l’asservissement est un
combat d’aujourd’hui (…) dans le contexte de la compétition
économique mondiale »,
quant on voit toutes les discriminations (travail, logement,
délit de
faciès…), dont sont encore victimes les originaires d’Outre-Mer
et les femmes
et les hommes issus de l’immigration, et dont la représentation
est loin d’être
assurée dans les toutes les sphères de la vie politique,
économique et
culturelle de notre pays.
Avec le
choix de cette date commémorative, une République plus
fraternelle s’annonce,
qui s’ouvre à la diversité des origines et des
cultures dont est faite son
histoire, à travers ses ombres et ses lumières. Mais
l’ensemble des
Associations qui se sont battues pour cette avancée doit rester
vigilant.
Faisons que, tous ensemble, une égalité, aujourd’hui
possible, s’inscrive dans
les faits, dès lors que les mentalités commencent
à reconnaître les combats, la
mémoire, les apports et la richesse de toutes nos composantes
nationales.
A nous de
conquérir demain de nouveaux espaces de liberté, dans le
cadre d’une République
nouvelle, en sorte de faire rimer Liberté, Egalité,
Fraternité avec Diversité.
Merci aux
Villes de Massy, Sarcelles, Vanves, Champigny-sur-Marne, Suresnes,
Orsay,
Grigny, merci aux nombreux parlementaires, personnalités,
associations et compatriotes qui avaient
soutenu notre
action en faveur du 23 mai.
En route
maintenant vers l’égalité effective.
José
PENTOSCROPE
Président
du CIFORDOM
Auteur
de
« Vie associative de descendants de Toussaint
Louverture »
publié
chez l’Harmattan
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