Propos
antisémites présumés: condamnation
requise contre Dieudonné
Le
représentant du parquet, Alexandre Aubert, a requis vendredi
la condamnation de l'humoriste Dieudonné pour des
déclarations au Journal du
Dimanche (JDD) du 8 février 2004 qu'il a estimées
antisémites, laissant au
tribunal correctionnel de Paris le soin de déterminer la peine.
Le
procès se
poursuivait vendredi en début de soirée. Le jugement de
la 17e chambre du
tribunal n'est pas attendu avant plusieurs semaines.
Dieudonné
est
poursuivi pour une interview au JDD dans laquelle il affirmait: "+Sale
nègre, les juifs auront ta peau+, voilà le genre de
slogans que j'ai entendus.
Ce sont tous ces négriers reconvertis dans la banque, le
spectacle et
aujourd'hui l'action terroriste qui manifestent leur soutien à
la politique
d'Ariel Sharon".
"Ceux
qui
m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite
des Noirs et
l'esclavage", ajoutait Dieudonné, qui s'exprimait après
des incidents
survenus lors d'un de ses spectacles à Lyon, au cours duquel des
manifestants
d'organisations juives l'avaient pris à partie.
M.
Aubert a
estimé qu'en évoquant "ces négriers reconvertis
dans la banque, le
spectacle", Dieudonné ne parlait pas seulement des personnes qui
l'avaient
agressé lors de son spectacle mais visait l'ensemble de la
communauté juive.
L'humoriste
a
reproduit "un cliché antisémite qui évoque un
contrôle malveillant du
monde des médias et de la finance (par la communauté
juive, ndlr) à son
profit", a-t-il dit.
"C'est
un
cliché que M. Dieudonné M'Bala M'Bala ne peut ignorer,
éclairer ses propos par
un tel stéréotype antisémite élargit le
cercle des personnes visées", a
souligné le procureur.
En
défense,
l'avocat de Dieudonné, Me François Roux, a
critiqué la démarche du procureur
qui "tente de sauver une procédure fort mal engagée" en
se livrant,
selon lui, à une exégèse critiquable de
l'interview.
Il a
également
dénoncé la démarche des associations parties
civiles (Licra, Consistoire, UEJF,
SOS Racisme, notamment) qui cherchent à obtenir des tribunaux
que son client
soit "estampillé antisémite".
AFP