Alors que les immigrés et
leurs enfants sont plus que jamais en première ligne sur le
front du sida, Sida Info Service vient d’annoncer la
« suspension » du service réponse en
langues étrangères (1).
Nous regrettons le fait que
l’INPES et Sida Info Service n’ont pas consulté les premiers
concernés avant d’arriver à cette décision.
Nous déplorons les
choix historiques de la direction de Sida Info Service qui ont
débouché sur cette suspension, à commencer par le refus,
dès la mise en place de
sa ligne téléphone, d’associer les partenaires qui
avaient oeuvrés pour démontrer la nécessité
de « répondre à toutes les populations sur le
front du sida ».
Comme d’autres associations
classiques, la direction de Sida Info Sida semble estimer qu’elle est
capable de gérer la santé et la prévention des
immigrés... sans eux ! Notre santé serait ainsi un
problème pour le contrôle de l’immigration, comme en
témoigne la collaboration de Sida Info Service avec l’ANAES
(ex-OMI) sous tutelle du Ministère de l’Intérieur (2)... Ce n’est rien de moins qu’une gestion
de type colonial de la prévention sida et la négation du
droit à l’information des populations immigrées, alors
que nous sommes pointés du doigt comme si nous étions
responsables de nos contaminations et non pas les pouvoirs publics
(financeur unique de Sida Info Service) qui ont laissé faire
l’épidémie et qui ont abandonnés les familles
frappées par le sida depuis 25 ans.
Comme le démontre
l’échec de son service « réponse en langues
étrangères », une telle gestion est
vouée à l’échec.
C’est pourquoi nous
appelons Sida Info Service et l’INPES à recevoir le
Comité des familles pour entendre nos préoccupations
alors que nous luttons pour survivre au sida, et pour rouvrir le
dialogue afin d’élaborer ensemble de nouvelles approches de
prévention qui reconnaissent notre pleine dignité et
notre humanité.
Sida Info Service, une
ligne téléphonique pour les Français d’abord ?
En mai 1998, Migrants
contre le sida (3) publiait une
lettre ouverte à Yves Ferrarini, directeur de Sida Info Service,
à partir du constat que, malgré sa bonne volonté,
l’incapacité du service à s’adresser aux populations
immigrées était déjà flagrante.
Lettre ouverte à
Sida Info Service
Sida Info Immigré,
une permanence téléphonique montée par Migrants
contre le sida, fait ses preuves sans aucun soutien des pouvoirs
publics ou de Sida Info Service
Face au refus de
M. Ferrarini d’ouvrir le dialogue avec les familles issues de
l’immigration frappées par la maladie, Migrants contre le sida ouvrira
deux ans plus tard sa propre
permanence téléphonique, « Sida Info
Immigré ». Ce service démontrera la
pertinence de l’outil téléphone auprès d’un public
multi-lingue, sans aucun soutien de Sida Info Service ni des pouvoirs
publics. De plus, en présentant des réponses juridiques
et médicales à l’émission de radio Survivre au
sida, cette ligne est la preuve qu’une articulation entre demandes
individuelles et réponses collectives est bien possible.
Migrants contre le sida
propose un numéro d’appel
aux malades immigrés (AFP)
Mieux vaut tard que
jamais : le Conseil d’administration de Sida Info reçoit
les initiateurs de Sida Info Immigré
Interpellé par les
médias, M. Ferrarini invitera enfin Migrants contre le sida
à une réunion du Conseil d’administration de Sida Info
Service le 26 mai 1999 pour entendre nos revendications et nos besoins.
C’est dans la foulée de cet échange que naîtra la
ligne téléphonique en langues étrangères
proposé par Sida Info Service.
Sida Info Service ouvre une
permanence d’écoute en
langues étrangères
Une fois sa ligne mise en
place, Sida Info Service raccroche sur ses partenaires
Mais, une fois le service
mis en place, la direction de Sida Info Service a raccroché.
Elle nous a écarté de toute participation ou droit de
regard dans la gestion et le développement de ce service, alors
que nous réclamions la participation des personnes
concernées à la gestion et à l’évaluation
de la ligne téléphonique (4).
Paris, le 31 janvier 2006
Contact presse : 08 70 44 53 68
Lire
notre dossier de presse : L’histoire
et l’oubli de la mise en place de la ligne en langues
étrangères chez Sida Info Service
(1) Lire Suspension
du service réponse en langues étrangères de Sida
Info Service.
(2) Lire L’Office
des migrations internationales : amie ou ennemie.
(3) Migrants contre le sida est le collectif
dont le travail est à l’origine de l’émission Survivre au
sida et du Comité des familles pour survivre au sida
(4) Un compte rendu interne à Sida
Info Service qui retrace l’historique de la ligne en langues
étrangères ne fait d’ailleurs aucune mention des
réunions avec Migrants contre le sida.
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