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Conférence
de presse de Dieudonné : L’intervention de Dieudo en
intégralité

Vœux à la
presse
Passons
maintenant si vous le voulez bien, à mes vœux politiques pour
l’année 2006,
année importante s’il en est puisque année
pré-électorale, annonçant les
élections présidentielles et législatives de 2007.
J’ai,
vous le savez, pris la décision d’être candidat à
l’élection présidentielle.
C’est une
décision mûrement réfléchie qui s’inscrit
dans la durée, puisque j’envisage à
l’issue de ces élections de créer une formation
politique, et à travers elle
d’être présent aux élections législatives,
et ce dans toutes les
circonscriptions.
Ma
candidature sera avant tout une candidature de combat contre le
néolibéralisme
ou néoconservatisme, dont les ravages se font sentir tant sur le
plan national
qu’international.
Ils sont
l’extrême droite du XXIe siècle.
Parmi
toutes les expériences, toutes les alternatives qui, de part le
monde, tentent
de s’opposer au néoconservatisme conquérant, il en est
une qui a retenu tout
particulièrement mon attention, c’est celle de la
République Bolivarienne du
Venezuela et de son président, Hugo Chavez.
Le
projet
de république sociale universaliste et de démocratie
participative du Président
Chavez, représente un immense espoir pour tous les peuples, et
j’entends placer
ma candidature sous son égide.
Dans
cette campagne, Dieudo rimera avec Hugo.
J’ai
parlé de la menace néoconservatrice, cette
idéologie néolibérale et belliciste,
antisociale et réactionnaire.
Qui
ne
voit qu’en France, ce courant de pensée est en train
d’émerger, et de prendre
progressivement le pouvoir ?
D’ores
et
déjà, les médias lui font les yeux doux. Son
principal représentant, le sieur
Sarkozy, petit caniche de monsieur Bush, dit
« Bubush », bénéficie
d’une incroyable et permanente campagne de promotion.
Il
ne
fait pourtant pas mystère de son projet : importer en
France le modèle
américain et démanteler ce qu’il reste de la
République.
Monsieur
Sarkozy, « Bubush », prône le
démantèlement de l’état, le règne
absolu du libéralisme, le communautarisme, la révision du
code du travail, la
remise en cause des acquis sociaux, la modification de la loi de 1905
sur la
laïcité...
Bubush
est en France le représentant d’intérêts qui ne
sont pas les nôtres, il est
l’homme de l’Axe du Bien.
Le
parti
socialiste s’aligne progressivement sur cette ligne. Sa principale
préoccupation est aujourd’hui de faire en sorte que cela ne se
voie pas. Ou pas
trop.
Strauss
Kahn est-il différent de Sarkozy ? Kouchner ?
Hollande, Royal ?
Le parti
socialiste s’est, sur le fond, déjà aligné sur le
néolibéralisme, et le
communautarisme. C’est le véritable contenu du mot
« réformisme »
dont ils se gargarisent dorénavant. C’est un parti de menteurs
et de traîtres,
de sarkozystes honteux. Ils me haïssent parce que je les
démasque.
Nous
assistons d’ailleurs actuellement à une indécente danse
du ventre des
présidentiables, ou prétendus tels, devant les lobbies de
l’Axe du bien. C’est
à qui sera le plus néoconservateur.
C’est
ainsi que Sarkozy, « Bubush », n’a rien
trouvé de mieux que de nommer
le citoyen israélien Arno Klarsfeld comme chargé de
mission, concernant le
rapport entre « la loi, l’histoire et la
mémoire » ! Ceci
probablement pour le récompenser d’avoir choisi de faire son
service militaire
chez les gardes frontières Israéliens, dont même le
quotidien Haaretz dénonce
la férocité !
Pas
en
reste, Hollande demandait l’autre jour en substance la
« désarabisation » du Quai d’Orsay !
Qui dit mieux ?
Je
ne
serai probablement pas invité au prochain dîner du CRIF,
cette organisation
sioniste d’extrême droite, qui convoque chaque année nos
dirigeants pour leur
communiquer leur feuille de route, si j’ose dire, et c’est regrettable
car cela
vaudra sûrement le coup d’œil !
Tous
ces
gens mesdames et messieurs ont renoncé à la
République et tourné le dos au
peuple pour se mettre au service des puissants...
Et
bien
j’entends faire le contraire : tourner le dos aux puissants et
à leurs
prébendes pour rétablir -ou peut-être
établir- la République, et la mettre au
service des citoyens français, de toutes origines et de toutes
religions.
Je
veux
remettre l’état au service des citoyens, et lutter contre la
paupérisation de
la société française, ravagée par le
néolibéralisme. Je veux mettre en place un
véritable plan Marshall pour les classes populaires, en
matière d’éducation, d’abord,
mais aussi en matière d’emploi, de salaires, de santé, de
culture et de
conscientisation politique.
Là où ils
veulent des consommateurs dociles, je veux des citoyens rebelles.
Pour
la
première fois, à l’occasion du référendum
sur la « constitution pour une
Europe libérale et américaine », les citoyens,
et notamment les citoyens
de gauche, se sont révoltés contre les zélateurs
du néoconservatisme. Ils ont
clairement proclamé leur volonté de réhabilitation
du pouvoir politique face au
pouvoir marchand.
A
l’occasion de la révolte des banlieues, c’est ce même
rejet du néolibéralisme
qui s’est exprimé. On m’objectera le nihilisme des
émeutiers, leur manque de
conscience politique, ou même leur appétit pour la
consommation. Et
alors ? Leur colère n’en est pas moins le
révélateur de l’incapacité du
néolibéralisme à garantir leur dignité,
à leur proposer un cadre permettant la
réussite scolaire, des emplois et des salaires décents.
La
société marchande n’a que faire des aspirations
citoyennes de ces jeunes. Mieux,
elle les redoute.
Tel est
d’ailleurs le sens de l’invraisemblable loi contre le foulard, qui, au
nom de
la lutte contre « l’obscurantisme », ne trouve
rien de mieux que
d’exclure des jeunes filles de l’école !
Telle
est
aussi la fonction ambiguë de ses pseudos associations antiracistes
d’émanation
PS, dont la fonction semble avoir été depuis 20 ans de
maintenir ces jeunes
dans l’hostilité à la république, pour mieux leur
vendre le néolibéralisme et
favoriser les tensions communautaires dont ils sont aujourd’hui les
victimes
sociales.
Tous
ces
hommes et ces femmes, aspirent consciemment ou non à une
véritable
citoyenneté,
et c’est le véritable sens de leur révolte, quelle qu’en
soit la forme.
C’est à
eux que ma candidature s’adresse. Je leur propose qu’ensemble nous
édifions une
République Nouvelle, qui donne sens et crédibilité
au triptyque Liberté,
Égalité, Fraternité.
Dans le
reste du monde aussi, le néo conservatisme poursuit et amplifie
son entreprise
de destruction et d’aliénation.
Par la
guerre, bien sur, qui sévit en Irak ou en Palestine et qui
menace désormais
l’Iran, la Syrie, ou même, qui sait, le Venezuela.
On
observera d’ailleurs qu’il utilise partout la même arme pour
discréditer ses
adversaires et justifier ses exactions : l’accusation
d’antisémitisme.
Le
président Chavez est le dernier à en avoir fait les
frais, à travers un article
du journal « Libération » de monsieur de
Rothschild, qui a
délibérément travesti les propos du
président vénézuélien.
Disons
le
tout net, cette accusation relève de l’arnaque absolue, et n’a
d’autre objet
que de masquer les visées hégémonistes de l’Axe du
Bien.
La
propagande qui sévit actuellement autour de l’Iran, s’inscrit
dans cette
logique, et je dois dire ma tristesse de voir les médias de la
République se
faire le relais sans la moindre réserve de cette propagande de
guerre.
Certes,
les autorités iraniennes sont, comme tout le « monde
arabe », très
hostiles à l’état d’Israël et à sa politique
coloniale et raciste. Cela ne
signifie nullement qu’elles soient
« antisémites » et l’état
israélien est en tout état de cause le plus mal
placé pour donner des leçons
matière de racisme ou de droits de l’homme.
L’Iran
est signataire du traité de non prolifération
nucléaire, lequel traité lui
confère explicitement le droit à l’enrichissement de
l’uranium à des fins
civiles. Or la propagande médiatique laisse entendre que l’Iran
ne respecterait
pas ce traité. La vérité c’est que ce sont les
Etats-Unis et, hélas, le
triumvirat européen, qui ne respectent pas ce traité,
puisqu’ils refusent à
l’Iran un droit conféré par le traité !!
Et par
quel miracle parvient-on à parler de non prolifération
nucléaire au
Moyen-Orient sans jamais évoquer l’arsenal nucléaire et
biologique
Israélien ?
N’aurait-on
pas plus de chance, et accessoirement plus de
crédibilité, pour obtenir de
l’Iran qu’il renonce à tout projet nucléaire militaire,
en admettant qu’il en
ait un, si on exigeait la même chose de l’état
israélien ?
Ce
deux
poids deux mesures entre Israël et ses voisins est insupportable
et explique
largement les graves tensions dans la région.
Pour
sortir définitivement de la crise, je préconise la
création d’un état
palestinien unique, multiconfessionnel, qui vivra en paix avec ses
voisins.
Le
maintien
du statu quo et la poursuite de la colonisation ne peuvent conduire
qu’à la
poursuite de la guerre et à terme, à l’embrasement de la
région.
Les
Palestiniens, les arabes, les musulmans, n’ont pas à faire les
frais de
l’illuminisme des
néoconservateurs.
Dans
cette campagne, je m’opposerai de toutes mes forces à toute
nouvelle guerre
dans la région, et plus généralement à
toute guerre ou menace de guerre de
l’axe du Bien.
D’ores et
déjà, je demande le départ immédiat et sans
condition des forces d’occupation
en Irak et la fin des sanctions économiques contre tous les pays
qui en
subissent.
Les
sanctions économiques, qui frappent les peuples au premier chef,
comme à Cuba,
relèvent de la barbarie et doivent disparaître de
l’arsenal du Conseil de
sécurité de l’ONU.
Je
souhaite que la France, comme elle l’a fait à l’occasion de
l’agression contre
l’Irak, se désolidarise des visées bellicistes et
criminelles de l’Axe du Bien
et qu’elle les dénonce clairement.
La
République Française doit rejoindre le camp des nations
résistantes au nouvel
ordre mondial néoconservateur et travailler à
l’avènement de relations
internationales repensées, fondées sur le respect mutuel,
le dialogue et la
coopération.
La France
doit être le Venezuela de l’Europe et promouvoir un
véritable dialogue et une
véritable coopération avec le Sud, avec l’Afrique.
Evoquer
l’Afrique m’offre la transition idéale vers le dernier point que
je souhaitais
évoquer devant vous, à savoir ce que d’aucuns,
paraphrasant Marx, appellent
« la question noire ».
La
volonté de plus en plus affirmée de la population noire
d’accéder à une pleine
citoyenneté, d’en finir avec les clichés
négrophobes et de voir enfin les
crimes contre l’humanité que constituent l’esclavage et la
Traite, bénéficier
d’un travail historique et d’une information digne de ce nom, semble
poser
problème à certains.
Il
faudrait songer à une loi « antitrust »
pour la mémoire !
Plus
sérieusement, je constate que la loi dite
« Taubira », loin de
favoriser un vrai travail sur le sujet, a surtout tenu lieu de
verroterie et a
obtenu l’effet inverse de celui qui était
recherché : elle a fait
diversion.
Si la
« question noire » est revenue sur le devant de
la scène, les noirs
le savent bien, c’est parce qu’un certain humoriste a refusé de
voir l’histoire
des noirs traitée avec mépris, et a entrepris de
dénoncer le monopole de la
mémoire revendiqué par certains.
La loi
sur la « colonisation positive » a
créé une légitime émotion. Elle a
mis en évidence le fait que ce n’est pas au parlement de dire
l’histoire, et ce
qui est vrai pour une période de l’histoire l’est pour toutes
les autres.
C’est la
raison pour laquelle j’ai, dans un esprit républicain et au
risque de heurter
certains de mes amis, proposé l’abrogation de toutes ces lois
qui entendent
graver l’histoire dans le marbre et interdire le débat, au
premier rang
desquels trône la loi Gayssot, modèle de totalitarisme.
Les noirs
n’ont en effet rien à craindre du débat, bien au
contraire.
Le débat,
c’est la liberté, et la liberté sert la
vérité.
Permettre
le débat, exiger le débat, c’est à coup sûr
donner à court terme aux crimes de
l’esclavage et de la traite des noirs la place qu’elle mérite,
c’est à dire à
mon avis la première, avec les génocides
amérindiens.
Je
préconise donc l’adoption par l’assemblée d’une loi
« Mbala » qui
dénonce la déportation, l’esclavage, la traite des
humains et l’épuration
ethnique comme crimes contre l’humanité, sans
référence à des évènements
historiques précis.
Il
appartiendra aux historiens, en toute liberté, d’établir
quels faits relèvent
de ces qualifications.
Pour ce
faire, s’agissant de la traite des noirs, je souhaite que la France
prenne une
initiative décisive.
Je
demande la création d’une commission franco-africaine
d’historiens, incluant des
historiens antillais, chargés d’établir le coût
humain, économique et culturel
de la traite atlantique, mais aussi de mettre en évidence les
racines
philosophiques, religieuses ou politiques de ces crimes.
Je
souhaite que la France, en tant que membre permanent du Conseil de
Sécurité,
présente ce rapport à l’ONU, et s’appuie sur lui pour
demander la mise en œuvre
de moyens à la hauteur du préjudice subi, dans le cadre
d’un plan mondial pour
l’Afrique, qui devra s’appuyer sur les peuples africains.
Je n’ai
aucun doute sur le fait qu’une telle démarche, s’inscrivant dans
un esprit de
réconciliation, participerait de la grandeur de la France, non
plus au passé,
mais au présent.
Merci de
votre attention.
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