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Les
videurs sauvent la face

Des onze
videurs de boîtes de nuit qui comparaissaient à Lyon pour
discrimination
raciale à la suite d'une opération de testing
menée par l'hebdo Lyon Capitale
et SOS Racisme, seuls trois ont été
légèrement condamnés.
La cour
d'appel de Lyon a condamné ce mercredi trois videurs de
discothèques de la
ville à des amendes pour discrimination raciale, mais en a
relaxé huit autres
qui comparaissaient pour les mêmes faits. Lors de l'audience du
14 décembre,
l'avocat général avait requis deux mois de prison avec
sursis et 500 euros
d'amende à l'encontre des onze prévenus, tous
relaxés en première instance.
Succès
du couple "d'aspect
européen"
En mars
2000, l'hebdomadaire Lyon Capitale et
l'association SOS Racisme avaient réalisé une
enquête pour tester 18 boîtes de
nuit lyonnaises. Sous le contrôle d'un huissier, un premier
couple
"d'aspect maghrébin" s'était présenté
à l'entrée de chaque
établissement. Dans les 11 boîtes où le couple
avait été refusé, un second
couple, vêtu de manière similaire mais "d'aspect
européen", avait
tenté sa chance quelques minutes plus tard, avec succès
cette fois. Poursuivis
à l'initiative de SOS Racisme, les videurs avaient
expliqué que le premier couple
n'avait pas insisté pour entrer, que le second avait
été confondu avec des
habitués ou encore que des clients étaient sortis
entre-temps.
<>Dans son
arrêt, la cour d'appel relève
"que la méthode utilisée dans cette opération de
testing à l'initiative du
magazine Lyon Capitale a failli, sur plusieurs points, aux exigences de
rigueur
et d'impartialité". Tout en estimant que la preuve de la
discrimination
raciale n'avait pas été apportée pour huit des
videurs, la cour a considéré que
la "mauvaise foi" des trois autres était établie. Ils ont
été
condamnés à 1500 euros d'amende, dont 1000 avec sursis,
et 1000 euros de
dommages et intérêts à SOS Racisme. "Il faut que
les boîtes de nuit de la
région sachent que cela nous donne la pêche. On va
relancer les opérations de
testing dès les prochaines semaines", a prévenu Thibault
Duez, président de SOS
Racisme Rhône, à la sortie de
l'audience.
Eric Lecluyse
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