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Le Carnaval antillais

Lorsque nous
nous attardons
sur l’origine du carnaval, nos recherches aboutissent
invariablement vers : « A l’origine le
carnaval n’était qu’une modeste fête populaire
célébrée par les catholiques
italiens avant l’austérité du carême. », mais est-ce vraiment la première
origine de
cette manifestation de masse ? Nous ne
le pensons pas, à cause des similitudes du carnaval d’avec les
fêtes
dionysiennes entre autres, les Lénées, qui se
déroulaient pendant le mois de
Gamélion (janvier à février) où les
participants se dirigeaient vers le sanctuaire
de Dionysos : le
Léanion, emmenées par le
dadouque (celui
qui tient la torche).
Nous nous questionnons et demandons : - ne
serait-il pas possible
que Vaval ne soit que la variante
modernisée du dadouque ? En effet, les carnavaliers le suivent tout
comme les populations antiques
précédaient le dadouque lors
des Lénées. Quoi qu’il en soit, on
retrouve certaines caractéristiques
entre les Lénées et les carnavals modernes :
« La
musique : les chants et les musiques
processionnelles
La danse : les danses rituelles des satyres et des ménades
Le vin : les rites se déroulaient au moment des vendanges.
Les
couleurs et les ombres des torches
Les déguisements
Le vin : le transfiguration extatique. »
Sans
oublier tout l’aspect orgiaque ou orgiastique lié à
cette fête, notamment pour ceux se déroulant aux
Amériques.
Toutes les conditions
étaient déjà réunies à
cette époque, et
nous supputons que c’est une tradition égyptienne (africaine) et
ce à cause de l’origine
du dieu (on lui a assigné une origine thrace, phrygienne ou
égyptienne comme
Hérodote) en l’honneur de qui s’est instaurées ces
réjouissances.
En effet, toutes ces
correspondances,
laissent croire que le carnaval est d'une tradition bien plus ancienne
que nous
ne le pensons, mise en sommeil à cause de la ferveur
chrétienne qui anima la
période obscure du moyen age où les
moines, prêtres et évêques firent
la
chasse aux croyances païennes, ainsi
qu’a
leurs zélateurs et adeptes.
S’il nous semble que
les
caractéristiques des Lénées soient plus
présentes dans le carnaval antillais et dans
ceux de l’Amérique du sud, c’est
sans doute à cause de l’éloignement de l’église et
de ses principes moraux.
Le Carnaval antillais
Sous l’effet de la
colonisation, il fut introduit aux Antilles par les colonisateurs. Il
est écrit qu’au
début que seul les colons s’y adonnaient, et par la suite les
esclaves,
apportant leurs apports culturels (tambours, masques, chants), ils y
adjoignirent
leurs propres mythes et croyances. Le carnaval fut
pour les nègres esclaves
un moment de
défoulement, de liberté, un exutoire aux frustrations que
leur condition ne
pouvait manquer de créer.
Aujourd’hui, se
perpétue une tradition de plus en plus
populaire mais de moins en spontanée, car prenant l’apparence
d’un gala ou la foule est spectatrice et
non
plus actrice comme par le passé, mais tout n’est pas perdu, la
résistance s’organise !
Tony
Mardaye

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Le point de vue de Maximini.com
sur le carnaval en Gwada:
La coutume du carnaval aux Antilles, fut introduite par les
Français
catholiques qui voulaient faire la fête avant les restrictions
qu'ils
s'imposaient pour le carême, mais très vite les Antillais
marquèrent de leur
empreinte ces festivités en créant des
déguisements originaux et des masques
rappelant leurs origines africaines et en noyant le tout dans les
rythmes du
tambour.
Après des éclipses, dues au cours souvent tragique de
l'histoire de
l'île, le carnaval renaît de ses cendres depuis quelques
décennies et mobilise
à nouveau la Guadeloupe pour une allégresse
générale et débordante entre
l'épiphanie et le Mercredi des Cendres. Grâce au dynamisme
des comités
récemment créés et au sens très
prononcé de la fête des Antillais, la
Guadeloupe peut être fière aujourd'hui de son carnaval.
En Guadeloupe le carnaval n'est pas un spectacle placé sous
vitrine
payante pour touristes, c'est une fête véritablement
populaire qui se vit et
qui se danse autant par les participants que par la foule des badauds
qui se
comptent par milliers. Aussi, laissez-vous envoûter par les
rythmes du
carnaval, déliez avec vos jambes et plongez dans la marée
humaine que le son du
groka fait onduler dans la ville, c'est certainement la seule
façon de vivre le
carnaval...
Les premiers cortèges défilent dans les rues des bourgs
dès les
premiers jours de janvier. Ce sont tout d'abord les enfants des
écoles que les
parents et les maîtresses griment et déguisent en fonction
de thèmes concertés
: petits diablotins, animaux, fleurs, papillons ou même, superman
ou zorro. Les
petits Guadeloupéens ne sont pas les derniers dans la danse pour
laquelle, aux
Antilles, chacun naît avec des dispositions naturelles.
A la sortie des bourgs et près des plages les gamins des
campagnes
barrent les routes secondaires chaque dimanche et réclament aux
automobilistes
le don traditionnelle pour le carnaval. C'est l'occasion de joyeuses
parties
entre copains à faire claquer des fouets et à se donner
des airs de bandits de
grand chemin.
Concours de musique, de chansons (dont les paroles sont souvent
à cette
occasion très crues), de biguines, et élections du couple
royal de l'année,
sont aussi au programme des festivités. Mais l'ambiance la plus
chaude est dans
la rue chaque dimanche, pendant les jours gras et le Mercredi des
Cendres pour
les défilés costumés de Pointe-à-Pitre et
de Basse-Terre.
Les groupes de "mass à goudron", "mass à cornes" se
suivent dans un interminable cortège sautillant. Des camions
décorés déversent
dans ce brouhaha la musique plus élaborée de steel-band,
de socca ou de
jump'up.
La place de la victoire, au centre de Pointe-à-Pitre, grand
rond-point
du défilé carnavalesque, est engloutie par une
étonnante vague humaine qui
gronde et ondule. Les curieux montent à l'assaut des branches de
ces arbres
impassibles, ils escaladent les réverbères : il faut
savoir donner du coude à
l'occasion afin d'entrevoir parmi les têtes les somptueux habits
de paillettes
colorées de la parade.
Et si les hommes s'affublent volontiers de costumes grotesques qui
déclenchent une hilarité facile sur une foule
conditionnée
("nègres-gros-sirop", travestis burlesques et faux couples de
mariés
mal assortis), les Guadeloupéennes, quant à elles, savent
mettre en valeur leur
élégance naturelle enjouant des épaules et des
jambes sous des draperies
satinées étincelantes. L'excitation donne faim et soif,
c'est pourquoi
l'euphorie gagne également les marchands de beignets, de
"snow-ball",
de sorbet coco et de boissons fraîches.
"Nou kay brulé Vaval !"
L'apothéose finale du carnaval se déroule le
Mercredi des Cendres, la
population s'habille exclusivement de noir et de blanc, et descend dans
les
rues en demi-deuil, en quelque sorte, pour l'enterrement de Vaval.
Vaval, un pantin de son sur lequel on colle un masque, est
condamné le
soir au bûcher à la fin de son parcours victorieux.
Torches en mains la foule
surexcitée la nuit par le spectacle du feu, danse et chante
autour de Vaval qui
crépite et se consume. Cette scène rappelle en tous
points certaines cérémonies
vaudous. Ce soir-là, Haïti n'est plus si loin... Vaval se
meurt, Vaval est
mort, vive Vaval.
Mais plus d'inquiétude à son sujet, Vaval renaîtra
de ses cendres
l'année suivante, plus victorieux encore, pour le plaisir des
yeux et pour un
défoulement général, bon enfant, attendu et
toujours salutaires dans un pays où
les gens ont le sang chaud et où les problèmes ne
manquent pas.
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Petit lexique du
carnaval
Les
Diables Rouges

Ils alimentent le mythe des esprits malicieux qui hantent le quotidien
des
populations caraïbes. Il est dit que ces mêmes esprits
profitent du Carnaval
pour prendre apparence humaine et profiter de la fête en
compagnie des simples
mortels... Les Diables Rouges aiment taquiner et s'amuser avec la
foule.
Habillé de satin rouge parsemé de morceaux de miroirs et
la tête cachée par un
masque surmonté de cornes, ce personnage central du carnaval se
déplace en
dansant avec force bruits de clochettes, en brandissant un trident
coloré.
Réminiscence de
l'Afrique noire animiste, Aimé Césaire en a
retrouvé les
racines au Sénégal lors de cérémonies
d'initiation. Les cornes de bovidés représentent
la richesse matérielle, quand aux petits miroirs du costume, ils
symbolisent la
richesse spirituelle et la connaissance. Ce qui était un Dieu en
Afrique est
devenu un diable aux Caraïbes. Le Dieu du Vaincu est devenu le
Diable du
vainqueur.
Les Guiablesses (les diablesses)

Habillées en noir et blanc, signe de deuil, les guiablesses vont
enterrer le
totem Vaval, le roi du carnaval, le dernier jour du carnaval.
Le Ka : Le son du tambour
Marianne la peau figue

Symbolise un personnage
faible dont on veut se moquer. Un personnage mou, sans
personnalité, sans consistance comme la "figue martiniquaise" :
la
banane dont on utilise les feuilles séchées pour
réaliser le costume.
Neg Gwo Siwo (nègres gros sirop)

Enchaînés
et enduits de mélasse de canne à sucre
mélangée à la suie, ces
personnages représentent une tranche de l'histoire des
Caraïbes, la plus
terrible : l'esclavage. Ils frayent un chemin au cortège du
Carnaval dans la
foule qui s'en écarte par peur de se salir et de s'y coller.
Les Touloulous

Le temps du Carnaval,
les femmes guyanaises deviennent des touloulous. Rien ne
transparaît dans leur deguisement, aucun centimètre de
peau. Elles portent des
robes par dessus des jupons, des chaussettes avec des chaussures
hautes, des
gants et des foulards, des loups et des fichus... Une part de
mystère s'empare
alors de ces femmes masquées : le mari, le voisin, le
collègue... ne doivent
pas les reconnaître afin de pas rompre le charme.
Le temps du Carnaval, l'ordre des choses est inversé, c'est le
Touloulou qui
invite l'homme à danser pour des corps à corps
endiablés.
Vaval

Le Roi de la Fête ! Il préside le cortège du
Carnaval. Tous les ans, il donne
le ton aux Festivités. Il ne cessera sa route que le Mercredi
des Cendres. Ce
même jour où sera prononcée son inhumation. Mort
par le feu, le Carnaval prend
fin jusqu'au Carnaval suivant.
Vidé

Marée humaine
défilant dans les rues, dansant, chantant à
tue-tête les refrains
du Carnaval. Cette foule est composée du cortège officiel
du Carnaval et du
public, l'accompagnant.
Les "vidés" répondent à un ordre précis :
Le "vidé" du dimanche : Pour la première sortie de Vaval,
Roi du
Carnaval, thèmes et tenues sont libres. Il se termine aux
aurores par un
"vidé-pyjamas". C'est l'exubérante parade des "mass"
(masques) et des chars qui circulent dans les rues. La foule des
danseurs suit
au rythme d'une puissante sono ou d'un orchestre. Le rhum coule
à flots.
Le lundi gras : le jour de la farce, des mariages burlesques, des
couples
curieusement assortis, parfois inversés.
Le mardi gras : les "mass à kon'n" (masques à cornes) ou
diables
rouges envahissent les rues.
Le mercredi gras : c'est le vidé du carnaval, Vaval est
inhumé en place
publique. Au cours d'une dernière nuit de folie, son effigie est
brûlée dans
une immense clameur de pleurs avec néanmoins la certitude de le
voir renaître
l'année suivante.
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