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Le
Manifeste de l’O.J.A.M
Placardé
en Martinique les 23 et 24 décembre 1962
En décembre
1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE,
tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce
sacrifice montra à la
jeunesse de notre pays la voie de l’émancipation, de la
fierté, de la dignité.
Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les
ténèbres de l’histoire,
offre une résistance de plus en plus grande à
l’oppression coloniale. Mais le
colonialisme français, suivant ses intérêts,
accentue chaque jour son potentiel
répressif, voulant ainsi maintenir notre peuple sous le joug
colonial.
Aujourd’hui l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la
Martinique
déclare:
Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de
département français,
comme l’était l’Algérie, parce que dominée par la
France, sur le plan
économique, social, culturel et politique. Ce qui se traduit
par:
1) Une
économie uniquement agricole, à caractère
féodal.
2) La
prépondérance d’une minorité béké,
liée au colonialisme français, monopolisant
la terre, les usines, le commerce et les banques.
3) Un
déficit permanent de la balance commerciale.
4) Un
revenu individuel moyen les plus bas du monde.
5) Le
chomâge et la misère.
6) L’insuffisance
d’écoles, de bibliothèques, de stades, d’installations
sportives.
7) La
déformation de l’histoire martiniquaise à des fins
assimilationnistes.
8) L’étouffement
de tout effort pour développer une culture martiniquaise
populaire et
authentique.- L’aggravation de la répression (Décembre
59, Mars 61),
l’augmentation des forces policières, le renforcement constant
de l’appareil
administratif français, et l’immigration de plus en plus
considérable de civils
et militaires français.
9) La
révocation de fonctionnaires martiniquais ayant
résisté aux arbitraires
tentatives d’exil.
10) Les
condamnations de patriotes martiniquais.
Condamne
définitivement le statut de département français
comme contraire aux intérêts
du peuple et de la jeunesse de la Martinique, et rendant impossible
tout
développement.
Proclame la
nécessité de la collectivisation des terres et
des usines. – le droit de notre peuple d’exploiter ses richesses et ses
ressources et d’industrialiser le pays. – le droit de tous au travail
et à un
salaire décent. – La nécessité inéluctable
de l’entrée de la Martinique dans le
vaste mouvement de décolonisation totale.
En conséquence
l’O.J.A.M. (l’Organisation de la Jeunesse
Anticolonialiste de la Martinique) affirme que le malaise
économique et social
qui sévit à la Martinique ne pourra disparaître que
grâce à un programme
martiniquais au profit des martiniquais.
Proclame le droit des
martiniquais de diriger leurs propres affaires.
Demande aux
Guadeloupéens, aux Guyanais de conjuguer plus que
jamais leurs
efforts dans libération de leur pays pour un avenir commun.
Soutien que la
Martinique fait partie du monde antillais.
Appelle les jeunes de
la Martinique, quelles que soient leurs croyances
et
leurs convictions, à s’unir pour l’écrasement
définitif du colonialisme dans la
lutte de libération de la Martinique.
LA
MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS !
Les 18
auteurs du Manifeste de l’O.J.A.M, intitulé “La Martinique aux
martiniquais”.
Rodolphe
Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé
Florent, Marc Pulvar, Joseph
“Kokho” René-Corail, Léon Sainte-Rose, Charles Davidas,
Roger Riam, Victor
Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamotte, Guy
Dufond, Guy
Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis-Augustin et Roland
Lordinot.
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L'Affaire
l'O.J.A.M
Gesner MENCE

Gesner
MENCE relate des évènements qui, pendant 143 jours
traumatisèrent la
Martinique: 13 jeunes traînés dans la boue,
forcés deprendre l'avion,
menottes aux poignets, sans pouvoir dire adieu à leur parents et
amis, arrachés
à leur terre et à l'affection des leurs, humiliés,
calomniés, soupçonnés
d'avoir ourdi un complot contre l'Etat, d'avoir foulé aux
pieds les droits
régaliens de la France dans ce "département",
accusés de vouloir que
ce "peuple face peuple", et pour couronner le tout, un procès
interminable s'appuyant sur un dossier étonnamment vide...
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LES ÉTUDIANTS MARTINIQUAIS EN
FRANCE
Histoire de leur organisation et de leurs luttes
Tome 1: Des origines à l’affaire de l’OJAM

Julien
Valère LOZA
Éditions 2 M
Présentation
LES ÉTUDIANTS MARTINTQUAIS EN FRANCE ont joué
un rôle important, dans
l’évolution de la pensée politique en Martinique ; ils
ont été souvent en
première ligne de l’action militante.
Nombre de personnalités de la vie économique, politique,
culturelle, de
la société civile en général, d’aujourd’hui
comme d’hier, ont adhéré et milité
au sein des associations étudiantes martiniquaises.
Il manquait un livre pour nous éclairer sur l’histoire de ces
organisations étudiantes : “Légitime Défense”,
“L’Étudiant Noir”, l’AEM,
1’AGÉGAB, 1’AEAGT, 1’AMÉGAS, 1’AGEM, etc...
C’est chose faite avec cet ouvrage
riche et documenté, qui permet de
comprendre COMMENT les étudiants martiniquais en France se sont
organisés,
POURQUOI et quels ont été leurs grands moments de lutte.
Un outil indispensable pour saisir les raisons pour
lesquelles beaucoup
d’intellectuels martiniquais revendiquent haut et fort leur titre
“d’ancien de
l’AGEM”.
Prix :
16,00 euros
Biographie
Julien Valère LOZA est né le 22 mai 1948 au
François, Martinique. Il
est Professeur Certifié de Sciences Économiques et
Sociales au Lycée de cette
commune.
Diplômé d’Études Supérieures de Sciences
Politiques, Diplômé de
l’institut d’Études Internationales, Diplômé
d’Études Approfondies d’Histoire,
Militant actif de 1'AGEM de 1970 à 1978, il n’a pas cessé
de s’impliquer dans
la lutte pour la justice sociale et la défense de la cause
martiniquaise.
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