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Dictionnaire
de l'Académie Française,
6ème edition (1835)

COLONIE. s. f. Il se
dit proprement d'Une réunion d'hommes
sortis
d'un
pays pour aller en habiter un autre; et, par extension, de La
population
qui s'est formée et qui se perpétue dans le
lieu de leur
établissement.
Envoyer une colonie. Établir, fonder une
colonie. Les
Romains
envoyaient des colonies de vétérans dans les
villes qu'ils
avaient
conquises. Une colonie de Phocéens vint fonder
Marseille. Les
colonies
françaises sont régies par des règlements
particuliers. La
colonie
prospéra. Une colonie florissante. Les colonies se
détachèrent
de leur métropole. Les colonies se
soulevèrent.
Il se dit aussi d'Un lieu, d'un pays habité par une colonie.
Marseille était une colonie des Phocéens. Cologne
était une colonie
romaine. Les colonies d'Amérique. Les colonies espagnoles. La
Martinique est une colonie française. Le gouverneur d'une
colonie.
Il se dit absolument Des colonies des Antilles françaises. Il
est
mort dans les colonies, aux colonies.
COLONISATION. s. f. Action de coloniser, ou Le résultat de cette
action.
Dictionnaire Littré 1872:
COLONIE
(ko-lo-nie) s. f.
1°
Établissement fondé par une nation dans un pays
étranger. Envoyer une
colonie.
Leurs terres où ils fondent une colonie, BOSSUET, Hist. I, 8.
Les Grecs qui font sur cette côte des colonies, FÉN.
Tél. XI.
2°
Possession d'une nation européenne dans une autre partie du
monde.
Absolument, les colonies, se dit pour les Antilles françaises.
Il est
mort aux colonies.
3°
Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en
peupler un autre.
Le lieu où ils se sont transportés.
Les gens d'un même pays habitant une localité
étrangère.
Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines
localités les
résidents qui ne sont pas originaires de cette localité.
4°
Colonies agricoles, établissements agricoles institués
à l'effet
d'offrir du travail aux indigents et aux jeunes détenus, et
d'augmenter les produits du sol en l'améliorant.
Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats
comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.
XIVe s.
Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est
gaigniée et
aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter, BERCHEURE,
f° 10, verso.
Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit
esté
fondée et peuplée de Romains, ID. f° 2.
Le latin colonia, de colonus (voy. COLON 1). On remarquera, dans
Bercheure, l'hésitation entre colonie et colongne ; colonie est
la
forme moderne, calquée sur la lettre latine ; colongne, cologne
est
la forme antique calquée sur l'accentuation latine,
colónia.
COLONISER. v. a. Former en colonie; établir une colonie, des
colonies
dans un pays. Coloniser un pays.
COLONISÉ, ÉE. participe
COLON.1
(ko-lon) s. m.
1°
Cultivateur d'une terre.
Colon partiaire, cultivateur qui partage avec le propriétaire
les
produits de la récolte.
L'esclave qui cultive doit être le colon partiaire du
maître,
MONTESQ. Esp. XIII, 3.
Spécialement, celui qui afferme une terre moyennant une part des
fruits, par opposition à celui qui paye en argent.
2°
Dans les derniers temps de l'empire romain et au moyen âge,
personne
de condition non libre, dépendante d'un maître et
attachée au sol.
Du VIIIe au Xe siècle, personne non libre, de condition
supérieure à
celle du serf. Les colons d'un fisc, d'une abbaye. On dit au
féminin,
une colone.
3°
Celui qui fait partie d'une colonie, ou qui en exploite le sol.
Celui qui habite les colonies, par opposition aux gens de la
métropole. Un riche colon. Les colons se sont opposés
autant qu'ils
ont pu à l'affranchissement des nègres.
Celui qui est né aux colonies d'une famille de colons, par
opposition
aux personnes venues d'Europe.
XIVe s.
Et les coulons, c'est les habitants de la ville, BERCHEURE, f° 33,
verso.
XVIe s.
Les colons ou conducteurs d'aucun heritage ne peuvent intervertir la
possession du proprietaire, Coust. génér. t. I, p. 109.
Le latin colonus, de colere, cultiver (voy. CULTURE).
1. COLON. Ajoutez : 4°
Laine de colon, sorte de laine.
Dans la subdivision d'Oran, on trouve une laine connue dans le
commerce sous le nom de colon, qui rivalise avec celle des Harrar ;
ce résultat est dû à des essais
d'amélioration tentés, il y a
quelques années, par des colons de la province et quelques
indigènes,
Journ. offic. 8 septembre 1872, p. 5908, 2e col.
Source
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