DEPENDANCES
& INDEPENDANTISME AU 20e SIECLE

CHRONOLOGIE
1898-1945 :
L’expansion coloniale états-unienne.
10
décembre 1898
Traité de Paris signé entre la Couronne espagnole et le
gouvernement des
Etats-Unis d’Amérique. Les Etats-Unis obtiennent la
souveraineté sur Porto-Rico
(ainsi que sur les Philippines) et occupent Cuba.
20 mai
1902
Proclamation de la République à Cuba.
Mai
1903
L’amendement Platt donne au gouvernement des Etats-Unis la base navale
de
Guantanamo et le « droit » d’intervenir à
Cuba.
31 mars
1905
Le président Roosevelt nomme un receveur des douanes
états-unien pour contrôler
les finances de la République dominicaine.
décembre
1914
Un détachement de militaires états-uniens se saisit des
réserves d’or de la
Banque nationale de la République d’Haïti et les rapatrie
à New York.
28
juillet 1915
Prenant prétexte des troubles politiques (dechoukaj du
président Vilbrun), le
gouvernement des Etats-Unis intervient militairement en Haïti.
16
septembre 1915
Le nouveau président de la République, Sudre
Dartiguenave, signe la convention
qui légalise l’occupation d’Haïti par l’armée
états-unienne.
Mai 1916
Intervention militaire états-unienne en République
dominicaine. L’occupation
dure jusqu’en 1924.
1917
Le
gouvernement des États-Unis achètent les Îles
Vierges de Saint-John,
Saint-Thomas et Sainte-Croix (dites « Antilles
danoises ») pour 25
millions de dollars.
8 mai
1918
La nouvelle constitution de la République d’Haïti abolit
l’interdiction faite
aux étrangers d’être propriétaires de terres. Cette
modification, faite sous
occupation militaire états-unienne, permet à des
sociétés, telle la S.H.A.D.A
(Société Haïtiano-américaine de
Développement Agricole), d’acquérir des
milliers d’hectares de terre et d’en expulser les paysans.
31
octobre 1919
Assassinat
de Charlemagne Peralte, un des chefs des Cacos, paysans du Nord et
du Nord-Est d’Haïti résistant à l’occupation
états-unienne.
Novembre
1929
L’occupant états-unien proclame la loi martiale en Haïti.
Août 1933
Accord
de désoccupation signé entre le gouvernement de la
République d’Haïti et
le gouvernement des Etats-Unis.
21 Août
1934
Fin de l’évacuation des troupes états-uniennes
d’Haïti, mais maintien d’un
conseiller financier auprès du gouvernement haïtien.
1946-1961 :
Vers de nouveaux statuts coloniaux
19 mars
1946
Les
colonies de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique – ainsi que,
dans
l’Océan Indien, la Réunion – « sont
érigées en départements
français » (art. 1er de la loi du 19 mars 1946).
3 mars
1952
Porto-Rico devient, par référendum, un « Etat
libre associé » aux
Etats-Unis d’Amérique.
Novembre
1952
Les
Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS)
pénètrent dans l'enceinte du
Conseil Général de la Guadeloupe et en expulsent les
élus. Le Conseil Général
est dissous.
Avril
1953
Cheddi Jagan (leader du People’s Progressive Party et militant pour
l’indépendance), profite de la nouvelle constitution, qui
confère plus
d’autonomie à la colonie, pour devenir Premier ministre de la
Guyana.
Octobre
1953
Le
gouvernement britannique suspend la Constitution de 1953 en Guyana et
envoie
des troupes « pour prévenir la subversion communiste
dans le gouvernement
et une crise dangereuse de l’ordre public et de la vie
économique ».
29
décembre 1954
Le Suriname, les trois Îles Sous le Vent d’Aruba, Bonaire et
Curaçao et les
trois Îles du Vent de Saba, Saint-Eustache et Saint-Martin (tiers
méridional de
l’île) obtiennent le statut d’Etat indépendant
associé au Royaume des Pays-Bas.
Les îles antillaises se regroupent au sein de la
Fédération des Antilles
néerlandaises.
24
septembre 1956
Le
People’s National Movement d’Eric Williams, partisan de
l’indépendance,
remporte les élections à Trinidad.
3 janvier
1958
Création de la Fédération des Indes Occidentales
qui regroupe l’ensemble des
colonies britanniques de la Caraïbe, exception faite des
Îles Vierges
britanniques, du Honduras britannique (Belize) et de la Guyane
britannique
(Guyana). Le Premier ministre de la Fédération est le
Barbadien Grantley Adams.
1er
janvier 1959
Entrée
des guérilleros du Mouvement du 26-juillet de Fidel Castro
à Santiago de
Cuba. Fin de la dictature de Batista.
15
octobre 1960
Ordonnance applicable dans les départements algériens,
guadeloupéens, guyanais
et martiniquais qui permet d’expulser vers la métropole
coloniale tout
fonctionnaire susceptible de « troubler l’ordre
public ». Parmi les
premières victimes de cette ordonnance : Albert
Béville, Edouard Glissant
et Marcel Manville.
22-23
avril 1961
Congrès
inaugural du Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie (FAGA) autour du
Guadeloupéen Albert Béville (Paul Niger), du Guyanais
Justin Catayée et des
Martiniquais Edouard Glissant et Marcel Manville
Juillet
1961
Décret de dissolution, signé par le général
De Gaulle du Front Antillo-Guyanais
pour l’Autonomie (FAGA) et saisie de la brochure « Les
Antilles et la
Guyane à l’heure de la décolonisation »
rédigée par Albert Béville.
Celui-ci est interdit de séjour dans les
« départements français
d’Outre-Mer ».
18
juillet 1961
La
Guyana obtient un statut d’autonomie interne. Réélection
de Cheddi Jagan
comme Premier ministre.
Septembre
1961
Expulsion vers la métropole (France) et assignation à
résidence d’Edouard
Glissant, alors professeur à la Guadeloupe.
19
septembre 1961
Référendum
à la Jamaïque. La thèse du retrait jamaïcain de
la Fédération, défendue
par le leader du Jamaica Labour Party, Alexander Bustamente, l’emporte.
La
Jamaïque quitte la Fédération ; son exemple est
suivi par Trinidad et
Tobago.
4
décembre 1961
Nouvelle victoire du P.N.M. d’Eric Williams aux élections
législatives à Trinidad.
1962-1989 :
Indépendances et mouvements indépendantistes
22 juin
1962
Le Boeing 707 d’Air France, qui transportait 112 personnes dont Albert
Béville,
Justin Catayée et Roger Tropos, s’écrase sur les hauteurs
de Deshaies
(Guadeloupe).
6 août
1962
Indépendance
de la Jamaïque.
31 août
1962
Indépendance de Trinidad et Tobago.
septembre
1962
Création de l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste
Martiniquaise
(OJAM).
23-24
décembre 1962
Le manifeste de l’OJAM est placardé sur les murs de
Fort-de-France.
1963
L’Association
Générale des Etudiants Guadeloupéens (AGEG) adopte
le mot d’ordre
d’indépendance nationale.
23 juin
1963
Création, à Paris, du Groupe d’Organisation Nationale de
la Guadeloupe (GONG)
qui a pour objectif « l’édification de la Guadeloupe
en un état
souverain ».
novembre
1963
Procès
des militants de l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste
Martiniquaise (OJAM) inculpés d’« atteinte à
l’intégrité du
territoire » devant la Cour de Sûreté de
l’Etat : 5 condamnations à
la prison ferme.
26 mars
1964
Suivant les vœux des gouvernements britannique et états-unien,
une nouvelle
constitution introduit une représentation proportionnelle dans
le système
électoral guyanais afin de faire échec au People’s
Progressive Party de Cheddi
Jagan.
Par cette manœuvre et du fait de multiples grèves – que la CIA
est suspectée de
financer – le P.P.P., bien que recueillant 45% des suffrages
exprimés (+ 3
points par rapport à 1961), se retrouve minoritaire face
à une coalition menée
par Forbes Burnham (People’s National Congress).
1964
L’archipel
des Bahamas obtient une autonomie interne.
26 Mai
1966
Indépendance de la Guyana.
30
novembre 1966
Indépendance de la Barbade suite à la victoire
électorale d’Errol Barrow
(Democratic Labour Party), partisan d’une indépendance
séparée, sur Grantley
Adams (Barbados Labour Party), favorable à une
indépendance dans le cadre d’une
Fédération de la Caraïbe orientale (Antigua et
Barbuda, Barbade, Dominique,
Grenade, Montserrat, Saint-Kitts et Nevis, Anguilla, Sainte-Lucie et
Saint-Vincent et les Grenadines).
1967
Antigua et Barbuda, Sainte-Lucie et la Grenade deviennent
« Etats
associés » au Royaume-Uni.
1967
L’Association Générale des Etudiants Martiniquais (AGEM)
opte pour le mot
d’ordre d’indépendance nationale.
1967
Lors de son premier congrès à Sinnamary (Guyane), l’Union
des Travailleurs
Guyanais (UTG) adopte le drapeau jaune et vert à étoile
rouge.
20-22
mars 1967
Emeutes dans la commune de Basse-Terre, à la Guadeloupe,
après l’agression
raciste d’un cordonnier noir par le chien d’un commerçant blanc,
partisan de
l’UNR de De Gaulle. Affrontements entre la population de Basse-Terre et
les
forces de l’ordre. Le 23 mars, une bombe explose, à la
Pointe-à-Pitre, devant
le magasin (portant même enseigne que celui de Basse-Terre) du
frère du
commerçant en question.
26-27 mai
1967
A la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), lors d’une manifestation
d’ouvriers du
bâtiment, ordre est donné aux CRS de tirer sur la foule.
Le lendemain, la
manifestation des lycéens en solidarité avec les ouvriers
est également
réprimée par les armes. De 80 à peut-être
plus d’une centaine de Guadeloupéens
sont assassinés par la police et l’armée
françaises. Des actes de torture sont
commis y compris sur des blessés raflés dans les
hôpitaux.
30 mai 1967
Anguilla fait sécession de Saint-Kitts et Nevis : expulsion
des policiers
kitticiens.
19
février – 1er mars 1968
Procès des militants et sympathisants du Groupe d’Organisation
Nationale de la
Guadeloupe (GONG) inculpés d’« atteinte à
l’intégrité du territoire
national » devant la Cour de Sûreté de
l’Etat : 6 condamnations à la
prison avec sursis.
3-17
avril 1968
Procès de militants politiques et d’émeutiers de mai 1967
devant le tribunal de
la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : 6 condamnations à
la prison ferme et 11
condamnations à la prison avec sursis.
19 Mars
1969
Opération Sheekskin : un régiment militaire
britannique débarque à
Anguilla pour y rétablir le gouvernorat.
1969
Saint-Vincent et les Grenadines devient Etat associé au
Royaume-Uni.
1973
Le 3e congrès de l’Union des travailleurs Guyanais (UTG) vote
une motion en
faveur de l’indépendance de la Guyane.
10
juillet 1973
Indépendance des Bahamas.
7
février
1974
Indépendance de la Grenade.
10
octobre 1974
Création du Mouvement Guyanais de Décolonisation
(MOGUYDE).
13
décembre 1974
« Complot de Noël » en Guyane : 13
militants du Mouvement
Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE) et de l’Union des
Travailleurs Guyanais
(UTG) sont emprisonnés. L’UTG déclenche la grève
générale.
25
novembre 1975
Indépendance
du Suriname.
30 août
1976
Constitution conférant une autonomie aux îles Turks et
Caïcos.
1978
Création de l’Union Populaire pour la Libération de la
Guadeloupe (UPLG).
3
novembre 1978
Indépendance de la Dominique.
22
février 1979
Indépendance de Sainte-Lucie.
13 mars
1979
Le New Jewel Movement de Maurice Bishop ; Kendrick Radix et Unison
Whiteman renverse le dictateur Eric Gairy et sa milice dite des
mangoustes. Le
Gouvernement Révolutionnaire Populaire de la Grenade, favorable
à l’exemple
castriste, institue la gratuité des soins médicaux et de
la scolarité.
27
octobre 1979
Indépendance de Saint-Vincent et les Grenadines.
1980
Le Groupe de Libération Armée (GLA) est à
l’origine, au cours de l’année, de
plusieurs attentats à la Guadeloupe.
19 décembre
1980
Anguilla devient un territoire associé au Royaume-Uni (Anguilla
Act).
3 janvier
1981
Attentat contre le palais de justice de Fort-de-France (Martinique).
5 janvier
1981
Attentat contre Chanel, à Paris, du Groupe de Libération
Armée (GLA).
1er
novembre 1981
Indépendance d’Antigua et Barbuda.
28 mai
1983
Seize attentats à la Guadeloupe, à la Martinique, en
Guyane et un à Paris sont
revendiqués par l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe
(ARC). La date choisie pour
les attentats renvoie au 28 mai 1802, jour de la défaite des
révolutionnaires
guadeloupéens face aux armées françaises venues
rétablir à la fois le contrôle
de la métropole et l’esclavage.
22 juin
1983
Quatre attentats à l’explosif, revendiqués par l’Alliance
Révolutionnaire
Caraïbe (ARC), éclatent à Paris contre trois agences
d’Air France et le musée
des arts africains et océaniques.
12
octobre 1983
Maurice Bishop, Premier ministre de la Grenade, est
évincé du New Jewel
Movement par la faction menée par Bernard Coard. Il est
placé en résidence
surveillée, sans moyen de communication avec l’extérieur.
19
octobre 1983
Une manifestation de 30 000 Grenadiens libère Maurice Bishop de
sa détention
surveillée. Le général Hudson Austin fait
intervenir ses blindés dans les rues
de Saint-George’s et ordonne l’assassinat de Maurice Bishop, d’Unison
Whiteman
et de leurs plus fidèles compagnons.
19
octobre 1983
Indépendance de Saint-Kitts-et-Nevis.
25
octobre 1983
Le président Ronald Reagan ordonne l’invasion de l’île de
la Grenade afin de la
« nettoyer » de toute présence cubaine et
de protéger les
ressortissants états-uniens. L’opération Urgent Fury,
condamnée à l’époque par
l’ONU, renverse le gouvernement révolutionnaire pour placer
Herbert Blaize à la
tête du pays. La Grenade demeure sous occupation militaire
états-unienne
jusqu’en juin 1985.
14
novembre 1983
Six attentats à la bombe sont commis à la Guadeloupe et
revendiqués par
l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). Vingt-trois
personnes sont blessées
au cours de l’attentat contre la préfecture de Basse-Terre.
3 mai
1984
Le conseil des ministres du gouvernement français décide
la dissolution de
l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).
Février
1985
A la Guadeloupe, Luc Reinette, chef présumé de l’Alliance
Révolutionnaire
caraïbe (ARC), est condamné à 19 ans de prison pour
« violence et
attentats ».
13 mars
1985
Un
attentat fait trois morts à la Guadeloupe.
16 juin
1985
Quatre indépendantistes, dont Luc Reinette, Henri Amédien
et Henri Bernard,
s’évadent de la prison de Basse-Terre (Guadeloupe).
22-28
juillet 1985
Emeutes à la Guadeloupe pour la libération de Georges
Faisans, condamné à trois
ans de prison après avoir blessé, avec un coup de sabre,
un enseignant français
qui avait administré un coup de pied au postérieur d’un
élève guadeloupéen.
1er
janvier 1986
Aruba quitte la Fédération des Antilles
Néerlandaises et devient « Etat
indépendant associé » au Royaume des Pays-Bas.
21
juillet 1987
Fin du
« marronnage moderne » de Luc Reinette, Henri
Amédien et Henri
Bernard qui sont remis aux autorités françaises par le
gouvernement de
Saint-Vincent et les Grenadines.
25-30
novembre 1987
L’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) commet vingt et un
attentats à la
Guadeloupe.
Avril
1989
Arrestation de vingt-cinq militants de l’Alliance
Révolutionnaire Caraïbe
(ARC).
23 mai
1989
Amnistie des nationalistes guadeloupéens dont Luc Reinette,
condamné quelques
semaines plus tôt à 33 ans de prison.