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Plaidoirie
sur le nombre des victimes africaines de l’esclavagisme atlantique

COUTTE
Alain
Monsieur
le Président,
Mesdames et Messieurs,
1- Considérant
que pour « l’esclavagisme Atlantique », trois pays se
détachèrent nettement dans le peloton de tête du
marathon à la « suprématie »,
en totalisant 89,9 % des expéditions :
-
L’Angleterre : 41,3 %,
- Le
Portugal : 29,3%
- La
France : 19,2 %.
Considérant
que les autres pays n’avaient qu’une participation toute relative :
-
Hollande : 5,7%
-
Amérique : 3,2%
-
Danemark : 1,2%
[L’Espagne
ne figurant pas dans ces statistiques pour la simple et bonne raison
que « Sa Majesté (pas) Très Catholique » -
dont les colonies américaines
consommaient pourtant beaucoup d’esclaves -, préférait
concéder le monopole du
commerce à d’autres (qui seraient tenus pour responsables,
plusieurs siècles
après), plutôt qu’à ses sujets. Grâce
à ces « privilèges » (ou contrats), les
Génois, Portugais, Hollandais, Français, Anglais et les
Basques, effectuèrent
le « sale boulot » de transporter les esclaves vers les
colonies espagnoles.]
2-
Considérant que le Brésil est le pays qui a reçu
le plus grand nombre d’Africains
pendant l’esclavagisme atlantique avec environ 3,6 millions d'esclaves
qui y
débarquèrent pour servir de main-d'œuvre dans les
plantations entre le XV° et
le XIX° siècle (source : l’historien Taunay).
3-
Considérant que la France [qui n’est pas le « doux pays de
mon enfance »,
même si mes « frères et sœurs
sénégalais(es) » apprenaient avec moi que leurs
ancêtres étaient des Gaulois !…] a effectué 4 220
expéditions avec une moyenne
de 300 esclaves, soit 1 266 000 esclaves chargés sur des
caravelles battant
pavillon français [pour lesquels les négociants
touchaient une subvention
du roi par esclave, en sus de leurs considérables profits (sic
!)]
4-
Considérant que durant la traversée, le taux
de mortalité des
esclaves était compris entre 10 % et 40 %.
5-
Considérant que le taux de mortalité, avant
embarquement, était
extrêmement élevé.
Sachant
que de très nombreux Africains étaient tués dans
les guerres ethniques
pour fournir ces esclaves commandés par les négriers
(avec des armes que ces
derniers leur fournissaient), que d’autres mourraient
d’épuisement lors de
marches forcées, ou encore préféraient se faire
tuer ou se suicider plutôt que
de devenir esclave.
Sachant
qu’il y avait entre 5 à 9 victimes africaines pour
expédier un
esclave vers le « Nouveau Monde » [tel qui avait
commencé, il ne s’est hélas
jamais arrêté d’envahir !…].
En
conclusion, je vous livre, ci-dessous, le résultat de mes
travaux dans ce
domaine et la fourchette des Africains qui furent victimes de
l’esclavagisme
Atlantique international en m’appuyant sur deux exemples concrets :
A-
D’une part, sur les données du Brésil
Sachant
que 3,6 millions d’esclaves débarquèrent au
Brésil (cf. point 2
ci-dessus), ce qui avec une fourchette de décès lors
du voyage compris entre
10 et 40% (cf. point 4), nous amène à un premier
chiffre corrigé compris
entre 4 et 6 millions d’esclaves expédiés depuis
les différents pays
d’Afrique vers le Brésil.
Sachant
qu’il y a eu entre 5 à 9 victimes pour chaque esclave
expédié
(cf. point 5), les nouveaux chiffres corrigés correspondent
à une fourchette
variant entre 20 et 54 millions de victimes africaines, pour
créer la
Samba au Brésil.
Sachant
que ce commerce vers le Brésil était essentiellement
entre les mains
des Portugais qui détenaient 29,3% de l’esclavagisme atlantique
(cf. point 1),
la fourchette totale des victimes africaines de « l’esclavagisme
Atlantique »
est comprise entre 68,26 et 184,30 millions d’Africains, soit
un chiffre
correspondant entre une et trois fois la population française
actuelle !
2-
D’autre part, sur les données officielles et connues de la France
Sachant
que la France a effectué 4 220 « expéditions
» avec une moyenne de 300
esclaves par navire, soit 1,266 millions d’esclaves (cf. point
3).
Sachant
que je ne tiendrai pas compte dans ce cas des décès en
mer, puisqu’il
s’agit du nombre d’esclaves « expédiés »
d’Afrique sur des caravelles battant
pavillon français (d’autres « caravelles », volantes
cette fois-ci, furent
ensuite utilisées, quelques siècles après, pour
les expulser de France en
remerciement…).
Sachant
qu’il y a eu entre 5 à 9 victimes pour chaque esclave
expédié
(cf. point 5), les nouveaux chiffres corrigés correspondent
à une fourchette
variant entre 6,33 et 11,394 millions de victimes africaines
pour le compte
des « négriers » français (parmi lesquels
figurait en bonne place Voltaire qui
avait fait d’excellents placements financiers).
Sachant
que la France représentait 19,2% de l’esclavagisme
international, la
fourchette des victimes africaines de « l’esclavagisme Atlantique
» est
comprise entre 32,969 et 59,344 millions d’Africains,
correspondant, au
mieux, à la population française de l’époque !
[Que dirions-nous si des
martiens venaient exterminer la France pour ramener 5 millions
d’esclaves
français pour cultiver leurs patates sur leur planète ?]
En
prenant les fourchettes des deux exemples ci-dessus, j’en déduis
que
l’esclavagisme Atlantique a fait entre 33 et 184 millions de
« victimes »
[1], sans parler des familles déracinées qui pourraient
humainement être
considérées comme des « victimes », tout
comme l’ont fait certains après la
seconde guerre mondiale.
Afin
de vous permettre de vous déculpabiliser d’une telle horreur, je
rajouterai, dans un souci d’honnêteté éthique :
- les
17 millions [2] de victimes africaines de l’esclavagisme oriental
(source
: l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, dans son livre Les
Traites
négrières. Essai d'histoire globale) ;
- les
14 millions [2] de victimes africaines de l’esclavagisme
intrer-africain
(source : Ibidem) ;
- les 10
millions d’esclaves congolais décimés par les Belges
- alors
que le Congo était la propriété personnelle du roi
Léopold II entre 1895 et
1908 -, et que l’esclavagisme était déjà aboli
!
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Les chiffres
impressionnants qui précèdent (nous n’en sommes plus
à « 6
millions » près), vous permettront de (ne pas) relativiser
d’autres horreurs
et/ou génocides, en vous faisant « toucher du doigt
» comment on peut
atteindre, en toute bonne ou mauvaise ( ?) foi des chiffres qui
dépassent
l’entendement avec toutes sortes de vraies-fausses « cohenneries
», toutes plus
fantaisistes les unes que les autres. Dans un souci
d’apaisement et afin de ne pas susciter de polémiques, je ne
vous
ai pas apporté les centaines de « témoignages sur
l’honneur » des victimes
rescapées qui confirment mes chiffres, ni ceux de leurs
bourreaux qui, EUX, ne
furent jamais torturés pour signer de « vrais-faux »
aveux…
Si
l’on considère que tous les êtres humains sont «
égaux en droit » et, s’il
existe une « parité internationale » au niveau de
l’humanité dans les
génocides, tout chiffre inférieur à 33 millions,
en ce qui concerne les
victimes africaines de l’esclavagisme atlantique, devrait
désormais être
considéré - au même titre que la Loi «
satanico-bolchevique » et ses « versets
» correspondants -, comme relevant du négationnisme,
passible de lourdes peines
de prison !
Cependant,
dans un souci de réconciliation internationale, il serait
peut-être
préférable de ne point se livrer à des calculs
d’apothicaire et à de la
surenchère dans la souffrance, car les statistiques offrent une
particularité,
c’est qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut, « car
l’histoire est
le seul livre qui se lit à l’endroit et/ou à l’envers
!»* [*phrase déposée à
l’INPI par Alain Coutte].
Je ne
saurai donc que vous suggérer d’abroger plus simplement toutes
ces « Lois
staliniennes » qui sont autant d’entraves à la
liberté de recherche, car
l’histoire n’est jamais figée et n’est pas un instrument «
politique » et/ou «
juridique », destiné à servir les
intérêts de « lobbies qui n’existent pas ».
En
effet, la mort et la déportation portées à une
telle dimension de l’horreur
ne pourront jamais rendre compte des souffrances endurées par
les Africains, et
de tant d’autres (Amérindiens,…), réduits en esclavage.
A
mes « frères » et « sœurs » africain(e)s
et descendants d’esclaves,
Certains
citent des chiffres fantaisistes qui relèvent plus du fantasme
des
films de fiction, de Walt Disney ou encore de « mauvais »
contes pour enfants,
sans pour autant en amener une preuve quelconque, ni les étayer
comme je viens
de le faire, et n’accepte aucun débat sur le sujet, car «
ce qui a eu lieu
n’est pas discutable ! » [Autrement dit, « vous devez nous
croire et fermer
votre gueule »].
Je ne
peux que suggérer à l’ensemble des peuples africains de
ne point
s’abaisser à une telle comptabilité macabre qui
définirait « le prix des
victimes » [ce qui correspondrait à quelques dizaines de
trilliards de dollars,
si l’on se base sur le barème de référence du prix
de chacune de « certaines »
victimes qui valent plus chères que d’autres…], car les morts
n’en ont pas,
paix à toutes leurs âmes.
Bien
au contraire, il y a lieu de rester plus dignes dans la souffrance -
tout
en demandant cependant une reconnaissance internationale de ce
génocide qui ne
porte pas de nom -, que ceux qui en ont fait :
-
« le plus puissant bouclier » contre toute critique
à l’égard de leurs
exactions actuelles contre un peuple qui n’a jamais demandé
à être envahi,
colonisé et réduit en esclavage ;
- un
formidable outil de propagande, mais aussi de chantage auprès
des
gouvernements internationaux pour justifier la création de leur
Etat et obtenir
des réparations et des subventions que personne d’autre dans
l’histoire de
l’humanité n’a reçu à ce jour [grâce
à VOS impôts, ceux de vos aïeux et de vos
descendants pour les générations à venir… «
Amèn(e) » (l’oseille) !] ;
-
l’une des industries les plus rentables sur le plan international qui
s’est
emparé de la mémoire des victimes en ayant
escroqué en toute légalité 1
milliard de dollars, nets d’impôts, aux banquiers suisses,
ce qui est
considéré, dans les annales du grand banditisme, comme le
« plus grand casse du
20° siècle ».
Toutes
ces sommes n’ont naturellement jamais été
reversées à leurs
bénéficiaires directs.
Elles
ont servi d’autres intérêts qui n’avaient plus rien
à voir avec un
quelconque génocide.
La
reconnaissance du génocide de l’esclavagisme atlantique et plus
globalement
de l’esclavagisme africain se traduirait alors, comme c’est le cas pour
d’autres… :
- par
une journée internationale de commémoration,
définie par les Nations
unies ;
- le
financement par l’ensemble des pays négriers (y compris les pays
arabes,
avec un prélèvement sur leurs exportations de
pétrole) d’une « Fondation
Internationale pour la Mémoire » (à ne pas
confondre avec le FMI qui dicte les
règles de conduite aux pays dits « émergents
», pour mieux leur enfoncer la
tête sous l’eau). Cette Fondation aurait son siège dans le
pays qui a le plus
souffert de l’esclavagisme et des agences dans tous les pays
concernés, chargés
de collecter les informations. Ses salariés seraient
exclusivement des
Africains ou métisses descendants d’esclaves ;
- la
mise en place de monuments commémoratifs dans tous les lieux
responsables
de l’esclavagisme (Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Lisbonne, Madrid,…),
ainsi
que dans les pays de chargement et de déchargement des esclaves,
afin
que l’expression « Jamais, plus jamais » puisse enfin
devenir, grâce à
VOUS et « parce que vous le valez bien » [à ne pas
confondre avec la publicité
de « parce que vous ne valez rien »], une
réalité et non pas des mots distillés
par des « pseudo philosophes » sur les médias
poubelles « politiquement corrects
».
A l’ensemble des universalistes,
Il faut
débarrasser définitivement l’humanité de ce
fléau qu’est l’esclavagisme
qui sévit encore aujourd’hui dans certains pays.
Je
pense en particulier à celui qui se fait appeler « la
seule démocratie au
Moyen-orient » qui fait venir - grâce à la mafia
bolchevique [cela sert encore
d’avoir organisé la révolution russe de 1918 à
partir de New-York et d’avoir eu
le contrôle, à 80%, des institutions
soviétiques] -, par «
charter » entier, des centaines de jeunes femmes slaves pour en
faire des
esclaves sexuelles dans les bordels en « terre sainte et (non)
promise » et/ou
sont revendues sur le marché international aux successeurs de
« Meyer Lanski
& Co ».
Je
profite de cette opportunité pour exprimer à chacun(e)
d’entre vous tous mes
meilleurs vœux de liberté, bonheur et de santé pour cette
nouvelle année 2006
qui nous promet bien des surprises…
[1] la
marge d’erreur très importante tient au fait que nous manquons
d’éléments statistiques précis, compte tenu de
l’époque à laquelle se sont
déroulés les événements, notamment en ce
qui concerne :
- les
chiffres des victimes pour capturer des esclaves ;
- le
nombre d’esclaves décédés entre leur capture et
leur embarquement ;
- le
nombre réel des décés durant leur transport, en
dehors de quelques
chiffres issus de manifestes des navires fort peu nombreux et peu
significatifs.
Je
rappellerai simplement que lors des attaques du 11 septembre 2001, sur
une
surface réduite et avec les moyens technologiques à notre
disposition au 21°
siècle, nous sommes passés de 6.000 à 3.000 morts
en trois ans, soit une
fourchette de 1 à 2.
Il
n’est donc pas étonnant que la fourchette, en ce qui concerne
l’esclavagisme, soit comprise entre 1 à 5,5, compte tenu de la
période
lointaine à laquelle elle s’est déroulée, tout
comme elle aurait pu être de 1 à
3 durant la seconde guerre mondiale…
[2]
Ces chiffres n’intègrent probablement pas les pertes en vies
humaines pour
capturer des esclaves. Si tel est le cas, le nombre de victimes est
à
multiplier par un coefficient compris entre 5 et 9.
Tout
comme le taux de rentabilité de 6% cité par «
l’historien » Olivier
Pétré-Grenouilleau qui est ridiculement faible et me
laisse croire qu’il est en
dehors des réalités [comme nombre de chercheurs qui n’ont
pas un pied dans la
vie économique des entreprises], lorsqu’on sait que tout
investissement «
industriel ou commercial » dans les colonies devait être rentabilisé
en
MAXIMUM cinq ans, soit un taux de rentabilité de 20%/an minimum
(Lesieur,
Maurel & Prom, SCOA, CFAO, SCAC/SOCOPAO,…). Le taux de 6% est
probablement
un « artifice comptable » dans lequel les «
provisions » étaient énormes. On
sait par exemple que les sièges sociaux facturaient à
leurs filiales des «
frais de siège » exorbitants qui n’avaient rien à
voir avec la réalité et que
les « holdings » effectuaient des « provisions
» massives avec la complicité
des fonctionnaires du Centre des Impôts qui ne les ont JAMAIS
redressé pour les
réintégrer dans les profits.
Il
faut savoir que Pinault (Groupe PPR) n’a racheté le groupe CFAO
- premier
groupe de commerce international français, solidement
implanté encore
aujourd’hui en Afrique -, pourtant 5 fois plus important que sa
société, parce
qu’il savait, du président de la CFAO lui-même (du reste,
immédiatement viré
après l’OPA pour avoir communiqué des informations
confidentielles) qu’il
allait mettre la main sur un « butin » de plusieurs
dizaines de milliards de
Francs de provisions constituées au fil du temps par des
gestionnaires prudents
qui allait lui permettre, grâce à ce « cash »,
de racheter ensuite le
Printemps, la Redoute et la FNAC (alors que le groupe SCOA - qui avait
les
mêmes activités africaines que la CFAO -, a disparu en
l’espace de trois ans,
comme je l’avais prédit en son temps, avant d’en
démissionner, pour ensuite
diriger quelques années après la Division Négoce
International Afrique/DOM-TOM
de la CFAO, ce dernier groupe affichait de solides profits après
provisions) .
Afin
de démontrer que les chiffres d’Olivier
Pétré-Grenouilleau sont dictés par
d’autres considérations que celles d’un historien
méthodique, il a nié le «
génocide » de l’esclavagisme, ce qui en fait un «
négationniste » et non pas un
« révisionniste » (deux termes bien
distincts, à mes yeux, en ce qui
concerne la recherche historique, car tout chercheur et/ou historien
est par
définition un « révisionniste », dans un sens
ou dans l’autre). Or, le
dictionnaire « Le petit Robert » nous donne la
définition suivante du génocide
: « Destruction méthodique d'un groupe ethnique ».
Tel a bel et bien été le cas
en « puisant » des esclaves dans les différents
groupes ethniques africains
(dont certains ont quasiment disparu) comme on « puise » du
charbon ou du
pétrole jusqu’à extinction du minerai dans la mine ou le
puit. Du reste, les
esclaves étaient qualifiés de « bois
d’ébène », démontrant s’il le fallait que
c’était une ressource qu’il fallait « puiser », pour
ne pa s dire « épuiser »
jusqu’au dernier.
Si
l’esclavagisme africain n’a pas été un génocide,
alors il n’y a jamais eu
de génocide dans l’histoire de l’humanité !
En
conséquence de quoi, le livre « Les Traites
négrières » d’Olivier
Pétré-Grenouilleau doit être
considéré comme étant un pamphlet
négationniste et
retiré purement et simplement de la vente, car il enduit en
erreur les Français
en donnant une vision très partielle des chiffres réels
qui engendre la
création de mythes qui, comme nous le savons, sont difficiles
à faire tomber
par la suite.
* Alain
Coutte a deux fils qui, par leur mère, sont des descendants
d’esclaves
africains
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