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Propositions de SOS Racisme sur l’immigration

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Alors que le Ministre de l’Intérieur fait part aujourd’hui de ses propositions en matière d’immigration, SOS Racisme souhaite également présenter ses propres réflexions sur le sujet. Ainsi, l’association démontre une fois de plus qu’il est possible d’aborder la politique d’immigration de la France sans que celle-ci ne se base que sur des suspicions sur mariages mixtes, sur les demandeurs d’asile, sur l’attractivité supposée de l’AME, et sur une politique qui ne vise qu’à réduire les droits de séjours des étrangers. Pour nous, la grandeur et la fierté d’un pays est d’attirer et d’accueillir, et certainement pas de se construire des nouvelles lignes Maginot, juridiquement et physiquement. Nous souhaitons que la politique d’immigration mise en place en France considère l’immigration comme un apport en termes de richesses, de dynamisme, d’ouverture sur l’autre et non comme une invasion à stopper par tous les moyens.

I. Vive l’immigration ! Clarifier la politique des flux migratoires de la France 
1. Relance de l’immigration économique 

- Déterminer les besoins d’immigration, en considérant ces derniers sous les angles économiques, d’apport culturel et de la solidarité envers les pays pourvoyeurs d’immigration

- Méthode : organisation de conférences régionales associant les partenaires publics, syndicaux et patronaux puis organisation d’une conférence annuelle nationale en présence des représentants des pays pourvoyeurs d’immigration. Cette conférence annuelle déterminera, après une réelle concertation, les besoins d’immigration et, dans une optique de solidarité, une orientation par pays ou par zone géographique de ces besoins.

 2. Les étudiants étrangers
 
Il faut rompre avec l’actuelle logique malthusienne et utilitariste de l’accueil des étudiants étrangers et considérer que l’accueil des étudiants étrangers participe d’une aide au développement des pays en difficulté ainsi que de la formation d’une élite francophile et francophone.
 

3. Le regroupement familial

Face aux attaques dont le regroupement familial fait preuve, la France doit réaffirmer que le regroupement familial constitue une filière d’immigration qui échappe à toute logique quantitative. Le regroupement familial est une immigration de droit, qui correspond à la reconnaissance du droit de vivre en famille.

II. Le séjour des étrangers

1. La refonte des titres de séjour

L’actuelle situation en termes de durée de titres de séjour est insatisfaisante car beaucoup trop précarisante pour permettre une stabilisation effective des immigrés vivant sur le territoire. Bien loin de renforcer cette précarité, il faut s’orienter dans une refonte de la durée des titres de séjour qui permette aux immigrés d’entrevoir leur avenir avec sérénité. Nous proposons à cet effet une nouvelle structure des titres de séjour :

- Un titre de séjour médical de un an renouvelable avec la publication d’une liste réaliste des maladies graves, à rebours de la logique de restriction de cette liste qui prévaut depuis plusieurs années.

- Un titre de séjour étudiant de 5 ans renouvelable (avec comme seule formalité durant ces 5 années de pouvoir justifier d’une inscription universitaire chaque année)

- Un titre de séjour retraité de 5 ans renouvelable. Ce titre permettra aux travailleurs retraités de conserver leurs droits sociaux, sans condition de durée de séjour sur le territoire français. Objectif : permettre aux retraités de faire des allers-retours entre leur pays d’origine et la France avec l’assurance de pouvoir se soigner en Franc, avec une prise en charge de la sécurité sociale auprès de laquelle ils ont cotisé toute leur vie !

- Un titre de séjour de 10ans qui serait accordé aux catégories suivantes :

- Les immigrés économiques

- Les conjoints de Français, indépendamment de leur statut légal antérieur au mariage

- Les personnes régularisées pour raisons de vie privée et familiale et à l’occasion de vagues de régularisations ponctuelles

<>2. Les mariages mixtes : halte à la suspicion

En plus d’accorder un titre de séjour de 10 ans, mettre un terme à la suspicion qui entoure les mariages mixtes, c’est aussi stopper avec des pratiques administratives abusives. C’est pourquoi, dans le cadre des enquêtes diligentées suite à la saisine du Procureur par un maire soupçonnant un mariage blanc, nous demandons l’interdiction de l’arrestation de personnes clandestines à l’occasion de convocations lancées par la Police dans le cadre d’une enquête visant à établir la sincérité du projet de mariage.

3. L’asile dans la patrie des droits de l’Homme

L’asile, tout comme le regroupement familial, doit échapper à toute volonté de quantification et de plafonds. Il est une procédure qui doit faire honneur à la France et non une procédure vouée aux gémonies et à la suspicion systématique. Pour mettre un terme à la menace de disparition du droit d’asile en France, nous proposons de :

- Modifier le régime de la preuve devant l’O.F.P.R.A. 

A partir du moment où le demandeur établit les faits d’une manière précise et concordante qui permettent de présumer l’existence de persécutions ou la crainte de les subir, il incombe à l’O.F.P.R.A. de prouver que ces éléments ne sont pas de nature à justifier la protection du demandeur.

- Allonger de 21 jours à un mois le délai de dépôt du dossier d’asile à l’O.F.P.R.A. 

Le délai de 21 jours imposé au demandeur d’asile pour faire parvenir son dossier à l’O.F.P.R.A. est trop court. Ce délai n’est en effet pas suffisant pour permettre aux demandeurs d’asile politique de préparer sérieusement leur dossier et de se faire parvenir des éléments de preuve à partir de leur pays d’origine. Il convient de rétablir le délai d’un mois.

- Garantir le caractère suspensif des recours contre toutes les décisions de l’O.F.P.R.A., y compris celles de non admission au titre de l’asile aux frontières ou de rejet dans le cadre de la « procédure prioritaire ». 

- Accorder l’aide juridictionnelle aux demandeurs devant la commission des recours des réfugiés, compte tenu de la complexité de plus en plus croissante de la procédure devant la Commission des Recours des Réfugiés (respect des délais de recours et de communication de pièces, exposé des moyens contentieux, etc.).

Le demandeur d’asile qui, devant cette juridiction, abat sa dernière carte mérite qu’on lui donne les moyens de « transformer son essai ».

- Suspendre le traitement de la demande d’asile d’un mineur jusqu’à sa majorité

- Suppression de la liste des pays sûrs

4. Accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, après un délai de 5 ans de résidence sur le territoire national

5. Opérer une vague exceptionnelle de régularisations

Il faut là aussi rompre avec cette logique consistant à faire du chiffre d’expulsés. Il est fondamental de montrer des signes de volontarisme politique sur le sujet de l’immigration et de dire la vérité : contrairement à un discours populiste de plus en plus établi, les immigrés clandestins n’ont, par définition, droit à à peu près rien ! Pour vivre, ils doivent travailler (certains paient d’ailleurs leurs impôts…) et remplissent de façon évidente un besoin économique, mais dans des conditions d’exploitation inadmissibles. Nous proposons, pour mettre un terme à de telles situations, qu’une vague de régularisation exceptionnelle permette à tout clandestin présent sur le territoire national depuis au moins 3 ans d’entrer dans la légalité et la dignité. Une carte de séjour de 10 ans doit être remise à tous ceux qui bénéficieraient de ces régularisations.

III. Immigration et co-développement : sortir d’un débat franco-français 

1. Les étudiants étrangers, une chance pour la France, une chance pour leur pays

Contre le pillage des cerveaux, il nous faut réfléchir aux causes qui poussent les étudiants venus faire leurs études en France à entrer dans la clandestinité : problèmes politiques, économiques, sociaux. Pour y remédier (en partie, car ça renvoie de façon bien plus globale au problème du développement), nous proposons :

- En amont : des parrainages avec des entreprises ou des administrations locales garantissant un emploi au terme des études

- Pendant : un forum pour l’emploi des cadres en Afrique

- En aval : la délivrance d’une carte de circulation de 5 ans donnant droit de cumuler, chaque année, une présence de 6 mois en France, avec le droit de travailler

Ces mesures permettraient aux étudiants de réussir leur insertion économique et sociale dans leur pays d’origine et de participer ainsi de l’enclenchement d’un cercle vertueux de développement. Par ailleurs, ce système permettrait de na pas rompre le lien avec la France qui, tout en ayant participé à leur formation pourra bénéficier de leurs compétences et des liens avec les pays d’origine. 

2. Les commerçants, les chercheurs et les universitaires :

Nous préconisons le même système que pour les étudiants : carte de circulation pendant 5 ans, renouvelable.

3. Créer une banque du co-développement

Mission : financer les projets de co-développement et assurer le transfert de fonds des migrants.


Contact presse :

Marilou JAMPOLSKY
Responsable de la Presse
et de la Communication
SOS Racisme
51 avenue de Flandre 75019 Paris
Tél : 01 40 35 36 55
Port : 06 61 51 62 78
Fax : 01 40 35 74 10
www.sos-racisme.org