Permis de
colonisation

En ces moments où la question
"NOIRE" occupe les
esprits dans la France métropolitaine,où "l’invariable
passivité" des
Noirs pour reprendre l’auteur médisant et raciste de
"Négrologie"
Stephen Smith se transforme en une "activité constante" qui
déplaira
sûrement au tartignolle auteur et prend à contre-pied
toute la classe politique
française habituée à la génuflexion de la
dite population, il me semble
important de porter le regard sur les agissements de la France dans ce
qu’elle
considère être son "terrain d’expérimentation" des
basses besognes et
de la poursuite de sa politique de colonisation.
Hubert Védrine (1), ancien ministre
français des affaires
étrangères dévoilait déjà les
intentions de la France pour l’Afrique dans ce
qu’il est convenu d’appeler « Colonisation
new-look » en affirmant,
je cite "Il faudrait actualiser, rendre légitimes les formes
modernes de
protection ou de tutelle sous mandat du conseil de
sécurité réformé".
Comment percevoir cette déclaration de Hubert
Védrine si ce
n’est comme une demande adressée à l’ONU pour obtention
d’un permis
d’instauration licite et solennelle de la colonisation et tous les
agissements
de la France aujourd’hui en Afrique (où peut-elle si ce n’est
l’Afrique, faire
ses actes de barbarie aujourd’hui ?) et particulièrement en
ce qui
concerne la question ivoirienne abondent dans ce sens. Sinon, pour qui
la
France demande t- elle donc ce permis de colonisation ? Quand on
voit la
gesticulation autour de la question de l’apologie de l’esclavage (du
crime) et
les louanges de la colonisation, on sait bien qui est visé par
la France dans
son ultime tentative de rester un empire et d’exploiter les populations
conformément au souhait de De Gaulle. Derniers soubresauts d’un
système aux
abois ?
Dans son immense empire composite dont
les caractéristiques
sont le pillage systématique des matières
premières favorisé par des
"valets dignitaires" à sa solde,des dictatures nocives et
asphyxiantes dressées pour exterminer toutes les
velléités qui s’insurgent
contre cet état d’entropie dans lequel l’Afrique plonge
"grâce" aux
loyaux et salutaires services de la France (mère patrie), la
Côte d’ivoire
aujourd’hui, par la résistance qu’elle oppose à
l’oppresseur, fait office de
"mouton noir" et il faut la punir quitte à la calomnier comme il
est
de bon ton lorsque l’on est pas d’accord avec Paris ce, par tous les
moyens. On
se souvient d’un film "la légion saute sur Kolwezi" qui
glorifiait
les faits d’armes de la France dans l’ex-zaïre, pourtant !!!
Ne parlons
pas de ELF et autres...
Pourtant et pourtant !!le Cameroun, palme
d’or du pays
le plus corrompu de la planète, le Togo, champion du monde de
vitesse en
révision de constitution (moins de 5 heures) dans l’ultime but
d’installer le
fils de l’ami personnel de Chirac,le Gabon où le sénile
et non moins tartuffe
BONGO règne depuis des lustres et si par la grâce des
dieux, la prostate ne
vient pas l’y déloger, il passera toute sa vie au pouvoir au
grand dam des
gabonais et au grand plaisir de la mère patrie etc. Ces pays
sont de "bons
élèves" de la France si ce n’est de Chirac pour
paraphraser l’incompétent
BIYA dont la prévarication est le symbole de sa gouvernance et
dont la phrase à
l’endroit de François Mitterrand rend compte des rapports qui
lient la France à
ces pays. Curieux non ? Le pays de Ernest de Renan pourtant prompt
à
donner des cartons rouges, est curieusement muet et aveugle face
à des actes
aussi graves qu’elle sait pourtant si bien dénoncer et pour
cause, « le
pays des droits de l’homme ».
Pourquoi crier au scandale si les
intérêts français sont
bien gardés par des exemples, des modèles, des symboles
d’une colonisation
positive et réussie que sont les dirigeants des pays
cités. « Grâce »
à l’omerta qu’elle a réussi a instauré dans ces
pays, le pays de Victor Hugo
continue ainsi l’économie de traite et la colonisation, qui sont
les socles de
son royaume et le fondement de ses rapports avec les Africains noirs.
D’ailleurs René Maran (2) dans sa préface de
« BATOUALA » dira
« Civilisation, civilisation, orgueil des Européens
et leur charnier
d’innocents, tu bâtis ton royaume sur des cadavres. Tu es la
force qui prime le
droit, tu n’es pas un flambeau mais un incendie »
Sous sa cape de l’amie de l’Afrique,
la France continue sa
politique de colonisation au nom de la coopération. C’est ainsi
que par des
pseudo organisations humanitaires et des ONG (Organisations non
gouvernementales) idoines, elle introduit des armes dans le but de
déstabiliser
tout gouvernement qui oserait ne pas se montrer capable de
préserver les
intérêts de la France pourtant dans des pays dits
indépendants et libres, des
concepts chers à la France, mais qu’elle bafoue et refuse aux
peuples
Africains.
L’actualité nous montre que cette citation de
Védrine, qui
n’est autre qu’une demande d’installation, de reconduction de la
colonisation
dans les territoires des pays francophones noirs est à prendre
au sérieux par
les Africains. Et le cas de la côte d’ivoire est
révélateur des intentions que
nourrit la France pour l’Afrique : s’installer par tous les moyens
et piller
davantage celle-ci en maintenant son standing de "grande puissance"
dans l’échiquier mondial et contenir l’Afrique dans le rang de
continent
misérable.
Les tueries des populations d’Abidjan,
la destruction de
l’aviation militaire ivoirienne pour avoir protesté contre les
affres d’une
présence aussi encombrante qu’impérialiste, en passant
par le génocide
rwandais, les coups d’état au CONGO -Brazzaville et les tueries,
le pillage du
bois au Cameroun avec toute la noria des grumiers qui défilent
dans les routes
de Douala et autres villes etc. La liste ne pourrait être
exhaustive.
A souhait et pour des raisons qui restent
encore obscures
pour ceux qui ne se sont pas penchés suffisamment sur la
question ivoirienne et
découvrir des accords diaboliques et meurtriers que la France a
imposé à toutes
ses anciennes colonies (lire les servitudes du pacte colonial de
Koulibaly
MAMADOU) , elle se veut la tutrice de l’Afrique et lorsqu’elle est en
proie à
ses « humeurs voire ses pulsions », elle est
toujours la seule et la
même à saisir le conseil de sécurité pour
demander des sanctions contre la Côte
d’ivoire et de l’Afrique si ce n’est demander des
« aides » qu’elle
s’approprient tout ceci au nom de la coopération, lesquelles
aides et
coopération dénoncées par les Africains
eux-mêmes. Qui a donc décrété
l’incapacité de l’Afrique à se prendre en main et
nommé la France comme
tutrice ? Cette démarche paternaliste n’est autre qu’une
recherche en
bonne et due forme d’un mandat, d’un permis de l’ONU pour coloniser
sous le
sceau d’un document officiel.
Une autre étrangéité tout de
même, comment continue t-on à
« donner » de l’argent à des gens qui ne
savent pas le gérer ?
Même un profane sait qu’il n’est pas intéressant
d’investir dans un projet qui
n’est pas rentable et comment se fait-il donc que l’Afrique, berceau de
l’entropie, de la paresse, de tous les maux comme aiment à la
gausser la France
et autres Occidentaux continue par un étrange
« élan de
philanthropie » à
« préoccuper » tant, ces mêmes gens
qui la
glosent ? Pourquoi la France ne quitte t-elle pas l’Afrique tant
celle-ci
n’est que tristesse, misère et pauvreté ? Et les
Africains ne veulent plus
de cette aide, mais comment cette demande que dire cette exigence
n’est-elle
pas entendue à l’Elysée ?
Mamadou KOULIBALY (3) « Mais la France
doit également
avoir à l’esprit qu’avec la prise de conscience du peuple de
Côte d’Ivoire, et
sa maturité politique de 2005, débarrassée des
complexes du colonisé des années
60, aucune démarche de passage en force, même par voie
diplomatique, ne peut
constituer une solution durable à la complexe situation qui est
le résultat de
la volonté de Paris de mettre au pas la Côte d’Ivoire. La
jeunesse de Côte
d’Ivoire est à l’image de celle du Togo, du Bénin, du
Mali, du Burkina, du Sénégal,
du Gabon, du Cameroun, du Congo et de tous les pays colonisés en
Afrique par la
France. Les aspirations de ces jeunes sont les mêmes, et le
grondement est
identique d’un bout à l’autre de l’Afrique. Jouer à la
sourde oreille, ou vivre
dans la chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler
comme dans les années
60, est pour la France et pour nos dirigeants africains actuels, un
risque
considérable dont les conséquences sont aujourd’hui
difficiles à
mesurer. »
Face au coup d’état que la France planifiait
pour déposer
GBAGBO, les ivoiriens descendus dans la rue pour manifester leurs
désaccords,
comme à son habitude furent par les medias français,
dépeints comme des voyous,
des gangsters, des bandits de grand chemin qui veulent casser du
« Français »
alors que comme tout peuple et le peuple français en premier,
aspire à la
liberté et à son autonomie. Au nom de quel critère
les Africains seraient moins
épris des valeurs de liberté que les
Français ? Les revendications des
jeunes Arabes et Noirs qualifiées
« d’émeutes » par les médias
français montrent une fois de plus le degré de
considération et de louvoiement
de la France dès lors qu’il s’agit des
« Noirs ».
Cet anachronisme dans la vision et ces élans
de prédation
qui continuent d’habiter la France risquent fort de trouver davantage
de
contrariétés, malgré les menaces non
voilées du président Chirac qui annonçait
au mois de janvier dernier que la France riposterait désormais
avec l’arme
nucléaire contre quiconque s’en prendrait aussi à ses
sources d’approvisionnement
en plus de la menace terroriste. Les sources d’approvisionnement de la
France
étant en grande partie en Afrique donc acquises par la
criminalité et les
massacres, on comprend bien qui le président de la France visait
dans sa
volonté de riposte. Seulement, cher Président sachez que
les populations ne
sont plus dupes et la soif de liberté et la détermination
qui habitent les
Africains aujourd’hui ne sont plus à prendre avec
condescendance.
MBOA
1- citation de Hubert
Védrine lue dans « Négrophobie »
page 33
2-citation
de René
Maran lue également dans
« Négrophobie » page 36
3-lire
« les
servitudes du pacte colonial » 2 édition de Mamadou
Koulibaly