Nicolas
Sarkozy prépare le terrain avant son voyage aux Antilles


PARIS (AP) -- Nicolas Sarkozy démine le terrain avant son
déplacement de la fin
de semaine en Martinique et en Guadeloupe. Dans une "lettre aux
Antillais" publiée lundi par le quotidien "France-Antilles", le
ministre de l'Intérieur fait son mea culpa après la
polémique sur la
colonisation.
L'émotion créée en Martinique et en Guadeloupe par
la loi du 23 février 2005
sur le "rôle positif" de la colonisation avait conduit M. Sarkozy
à
reporter le 7 décembre dernier le voyage qu'il devait effectuer
aux Antilles.
Cette tournée aux allures de campagne présidentielle aura
finalement lieu de
mercredi à vendredi. Entre-temps, Jacques Chirac a fait abroger
le deuxième
alinéa de l'article 4 de la loi, à l'origine de la
polémique.
Le ministre de
l'Intérieur salue dans sa lettre aux Antillais la
décision de
Jacques Chirac, non sans affirmer qu'il avait "été l'un
des premiers à
considérer que l'article 4 de cette loi posait problème".
"Il fallait trouver les gestes de l'apaisement et d'un nouveau
départ", écrit-il. "Votre message a été
entendu et les conséquences
politiques en ont été tirées", ajoute M. Sarkozy,
déplorant les
"incompréhensions" et les "erreurs d'appréciation" qui
ont
tendu les relations entre les Antilles et la métropole.
Nicolas Sarkozy affirme
avoir fait lui-même un "cheminement personnel sur
cette question sensible qu'(il) abordait, jusqu'à ce jour, avec
le regard sans
doute trop lointain de ceux qui pensent que le passé est
passé".
"Aujourd'hui, je cerne
mieux la profondeur de la blessure qui s'est
révélée; je perçois avec acuité le
lien qui a pu être fait entre le
colonialisme et l'esclavage", confie le ministre de l'Intérieur.
Dans une tribune publiée le 11 décembre par "Le Journal
du dimanche",
M. Sarkozy avait déploré la "tendance
irrépressible à la repentance
systématique" au sein de l'Etat. "Finira-t-on, un jour prochain,
par
s'excuser d'être Français?", s'était
interrogé le ministre de l'Intérieur.
Dans "France-Antilles",
M. Sarkozy dit son "plaisir"
d'aller aux Antilles "pour travailler avec tous les élus" et
rencontrer les Antillais. "Je sais quels sont vos problèmes au
quotidien.
Je mesure l'ampleur de vos attentes, notamment en matière de
sécurité",
souligne le ministre de l'Intérieur, qui entend aborder les
sujets de la lutte
contre l'immigration, la délinquance et les trafics de drogue.
Le numéro deux
du gouvernement entend aussi "tracer des perspectives
nouvelles et crédibles" pour le développement
économique des Antilles, qui
sont "une chance pour la France".
"Je viens à
votre rencontre tel que je suis, c'est-à-dire en homme
décidé,
mais à l'écoute, en homme déterminé mais
ouvert au dialogue. Je viens mettre en
oeuvre des moyens et des idées afin qu'ensemble, dans la
sérénité, nous
travaillions concrètement à l'avenir des Antilles",
conclut M. Sarkozy. AP
AP | 06.03.06 | 14:42