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Nicolas
Sarkozy entame sa tournée antillaise


AP |
09.03.06 | 00:59

POINTE-A-PITRE (AP) -- Nicolas
Sarkozy a entamé mercredi
soir en Guadeloupe une tournée antillaise de 48 heures pleine
d'arrière-pensées
électorales à 13 mois de l'échéance de
2007.
Arrivé peu après 19h à Pointe-à-Pitre, le
ministre de l'Intérieur a été
accueilli dans une belle bousculade par l'ex-présidente du
conseil régional
Lucette Michaux-Chevry et environ 200 militants UMP qui scandaient des
"Vive Sarko" et "Sarkozy président" au son des tam-tam et
des cornes de brume.
Ce voyage aux Antilles était initialement programmé en
décembre dernier. Il
avait été reporté au dernier moment en raison des
manifestations prévues à
Fort-de-France contre la loi du 23 février 2005 sur le
"rôle positif"
de la colonisation.
La déclaration du ministre de l'Intérieur sur la
"racaille" des
banlieues avant les violences urbaines de l'automne dernier avait aussi
provoqué des réactions indignées aux Antilles.
Suprême affront pour M. Sarkozy, le poète Aimé
Césaire, ancien maire de
Fort-de-France et grand homme de la Martinique, avait refusé de
le recevoir.
Trois mois plus tard, le ministre de l'Intérieur devrait
être accueilli dans un
climat un peu moins hostile. Entre-temps, Jacques Chirac a fait abroger
le
deuxième alinéa de l'article 4 de la loi, à
l'origine de la polémique.
Nicolas Sarkozy s'attend toutefois à un voyage "difficile",
surtout
en Martinique, où il sera vendredi le premier ministre de
l'Intérieur à se
rendre depuis Gaston Defferre en 1983. Des petits partis divers gauche
y ont
appelé à manifester contre sa venue.
Désireux de préparer le terrain, Nicolas Sarkozy a
adressé avant son départ de
Paris une lettre aux Antillais, publié lundi par le quotidien
"France-Antilles".
Le ministre de l'Intérieur y salue la décision de Jacques
Chirac "Il
fallait trouver les gestes de l'apaisement et d'un nouveau
départ",
écrit-il, déplorant les "incompréhensions" et les
"erreurs
d'appréciation" qui ont tendu les relations entre les Antilles
et la
métropole.
Il affirme avoir fait lui-même un "cheminement personnel sur
cette
question sensible". "Aujourd'hui, je cerne mieux la profondeur de la
blessure qui s'est révélée; je perçois avec
acuité le lien qui a pu être fait
entre le colonialisme et l'esclavage", confie le ministre de
l'Intérieur.
M. Sarkozy débutera sa journée guadeloupéenne par
une rencontre avec la famille
du gendarme Raphaël Clin, décédé le 12
février après avoir été percuté par
une
moto sur l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin. Selon
sa veuve, qui a porté
plainte pour homicide involontaire, son décès s'est
accompagné d'injures
racistes. Le procureur de Basse-Terre a confirmé mardi les
faits.
Dans l'avion qui l'emmenait mercredi à Pointe-à-Pitre, le
ministre de
l'Intérieur s'est refusé à parler d'un climat de
"racisme anti-blanc"
à Saint-Martin, attribuant l'accident à la drogue et
à l'alcool.
A la Guadeloupe jeudi comme en Martinique vendredi, le ministre de
l'Intérieur
multipliera les rencontres avec les élus, les forces de l'ordre
et les acteurs
sociaux-économiques. Il entend aborder avec eux les sujets de la
lutte contre
l'immigration clandestine, la délinquance et les trafics de
drogue, mais aussi
"tracer des perspectives nouvelles et crédibles" pour le
développement économique des Antilles. Des
réunions publiques sont par ailleurs
prévues jeudi soir en Guadeloupe et vendredi soir à la
Martinique.
Aucun entretien avec Aimé Césaire ne figurait en revanche
au programme de la
visite, même si l'entourage de M. Sarkozy assurait mercredi que
la rencontre
aurait lieu. Le poète, qui a accueilli récemment le
socialiste Laurent Fabius
et le président de l'UDF François Bayrou, laissait planer
le suspense.
"C'est qui ce jeune homme? Pourquoi veut-il me rencontrer? Je ne le
connais pas", a-t-il déclaré dimanche à Radio
Caraïbes international.
A un peu plus d'un an de l'échéance, les
présidentiables se précipitent aux
Antilles. Nicolas Sarkozy y précèdera Dominique de
Villepin, qui pourrait s'y
rendre au printemps. AP
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