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 Danone pourrit le climat social en Guadeloupe

collectifdom

1°) Depuis le 20 juin 2005, la production de yaourts DANONE est bloquée en Guadeloupe parce qu’une entreprise la SGPY DANONE, ne respectait pas le droit du travail et rémunérait ses chauffeurs-livreurs-vendeurs uniquement par commissions. Les carences de cette société sont d’ailleurs constatées par l’inspection du travail.

Cette entreprise, sommée de respecter ses obligations légales, multiplie les manœuvres dilatoires comme le vendredi 10 février lorsqu’elle a refusé une nouvelle fois de se rendre à une réunion de négociation avec l’UGTG, organisée par l’inspection du travail et le Conseil Général.

Pour ne pas avoir à négocier, la SGPY DANONE a cru devoir importer des yaourts de la métropole alors même que 31 familles de grévistes sont dans la détresse la plus grande. Ces importations pourraient poser des problèmes de santé publique. Car si des unités de production locale existent, c’est bien parce que l’importation de produits aussi fragiles comporte des risques.

Le blocage de la situation est préjudiciable au climat économique de la Guadeloupe et tend inutilement les rapports sociaux. D’autres secteurs risquent de subir des dommages collatéraux.

DANONE qui a concédé des licences de production en Guadeloupe doit intervenir et imposer à la SGPY DANONE d’ouvrir des négociations de bonne foi. Il en va de la réputation de cette marque. Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais préviendra le Groupe DANONE qu’à défaut de tout geste significatif, il demandera un boycott total de tous les produits DANONE sur l’ensemble de l’hexagone, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion.  

Le Collectifdom demande aussi à Lilian THURAM, le footballeur guadeloupéen, qui s’est récemment prêté à une vaste campagne publicitaire de DANONE, destinée à redorer son image auprès des Antillais altérée par l’affaire de la Guadeloupe, de se mettre en conformité avec ses déclarations publiques de défense des originaires d’outre-mer, de dénoncer les contrats publicitaires qui le lient à DANONE et de prendre position publiquement.

Explications :

Les chauffeurs de la SGPY DANONE (Société Guadeloupéenne de Production de Yaourts), rémunérés excusivement selon un pourcentage sur les ventes réalisées alors même que les camions qu’ils conduisent appartiennent à la société, auraient dû avoir le statut de salariés, suivant le code du travail et la convention collective nationale « Industrie laitière » (N° 3124), convention étendue à tous les employeurs de France depuis 1977.

L’entreprise qui a accepté par la mobilisation du syndicat UGTG (Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens) que les chauffeurs bénéficient du statut de salariés refuse en revanche d’en tirer toutes les conséquences.

L’inspection du travail le 24 octobre 2005 exige que la SGPY DANONE

refasse « les fiches de paie de ses salariés, à partir de septembre 2000, en faisant apparaître de manière expresse : le temps de travail réellement accompli et les avantages accordés en matière de rémunération de la pause, par leur durée et leur taux de prise en charge. »

L’inspection du travail dénonce : « Il est peu contestable que dans le paiement de leurs heures supplémentaires, les salariés ont subi depuis septembre 2000, un préjudice directement rattachable à la minoration du coefficient horaire qui leur a été appliqué. »

La régularisation des fiches de paie va donc provoquer des rappels de salaires depuis septembre 2000. Or la SGPY DANONE propose un forfait ridicule pour solde de tout compte alors qu’il s’agit de rattraper les retards de salaires légalement dus.

De tels procédés dans l’hexagone aurait immédiatement conduit le chef d’entreprise à rendre des comptes à l’administration, outre les indemnités aux salariés, à payer des amendes et peut-être à subir des procédures pénales.

Depuis juin 2005, la situation est bloquée. Pire vers la mi-février 2006, la SGPY DANONE importe des yaourts de métropole qui, après une escale en Martinique sont le 17 février, sous bonne escorte des forces de l’ordre, sont livrés dans les supermarchés de la Guadeloupe. Cela soulève deux questions :

- La société est productrice de yaourts et pas importatrice. Or selon une jurisprudence constante, l’Etat accorde son concours dès lors que la grève avec blocage empêche le fonctionnement de l’entreprise. Pourquoi avoir accordé une protection massive à une importation qui n’entre pas dans l’activité de l’entreprise ?

- Cette importation pourrait poser des problèmes de santé publique. En effet, le yaourt a une durée de conservation maximale de 10 jours et doit être conservé à + 4°. Or le dépôt de DANONE à Jaula au Lamentin qui ne fonctionne pas depuis 7 mois, « n’est pas désinfecté et les conditions d’hygiène ne sont pas aux normes sanitaires. La chaîne du froid est rompue et la température est supérieure à 15° », selon l’UGTG. Il est

clair qu’en cas de problème, la responsabilité des gérants du supermarché, de la société importatrice, et des pouvoirs publics pourrait être mise en cause.

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais milite afin qu’il n’y ait pas d’application du droit à deux vitesses entre l’hexagone et l’outre-mer.

2°) Nous vous invitons à prendre connaissance des remarques de Claude GELBRAS, militant infatigable pour l'application des Zones Franches Globales en Outre-Mer sur notre site: www.collectifdom.com

 Patrick KARAM