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Disparition du photographe noir Gordon Parks

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Le photographe et cinéaste Gordon Parks, figure emblématique de la Renaissance noire américaine, est mort mardi à New York à l'âge de 93 ans.

Dans l'Amérique de l'après-guerre, Gordon Parks devint le premier photographe noir à travailler pour le prestigieux magazine Life. C'est sa lentille qui a immortalisé la ségrégation raciale et le combat pour les droits civiques. Loin de se cantonner à la photo engagée, le photographe a aussi abondamment croqué le glamour de la haute société et de la mode pour le magazine.

L'homme fut aussi poète, musicien et cinéaste. Il réalisa notamment en 1971 le film Shaft, devenu depuis un classique. 

Le mythe du self-made man incarné Né dans la pauvreté en 1912 au Kansas, il était le cadet de 15 enfants. Totalement autodidacte, il s'aventura dans tous les domaines de la création artistique, y compris la musique, et composa notamment pour Duke Ellington et des oeuvres de ballet. 

Pour la petite histoire, il racontait s'être inspiré d'un tableau du peintre Norman Rockwell pour l'une de ses plus célèbres photos, American Gothic (1942), où l'on voit une femme noire tenant un balai et une serpillière sous le drapeau américain. Ses oeuvres ont fait le tour du monde.

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Décès du photographe et cinéaste afro-américain Gordon Parks

Cette figure emblématique de la Renaissance noire américaine a brisé les barrières raciales.

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Par Michael Jay Friedman
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Gordon Parks, artiste afro-américain de génie dont le talent s'est manifesté surtout dans l'univers de la photographie et du cinéma, mais aussi en musique et en littérature, s'est éteint le 7 mars à New York à l'âge de 93 ans.

Né en 1912, quinzième enfant d'un métayer du Kansas, le jeune Gordon Parks s'aventure dans tous les domaines et poursuit des activités fort variées : joueur de piano, basketteur semi-professionnel, garçon de café...

Inspiré par un documentaire photographique qu'il voit dans une revue, il achète son premier appareil photographique dans un mont-de-piété de Seattle. Sans avoir reçu la moindre formation technique, il manifeste un talent inné pour cet art qui deviendra son gagne-pain.

Résolu à dépeindre la précarité qui affecte les catégories défavorisées de la société américaine, dont beaucoup d'Afro-Américains, Gordon Parks accepte en 1942 un poste au sein de l'Administration fédérale de la sécurité agricole, où il documente les conditions de vie des populations démunies du pays. Lors de l'entrée des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale, il devient photographe au sein du Bureau de l'information militaire.

C'est durant son service à l'Administration fédérale de la sécurité agricole que Gordon Parks réalise la célèbre photographie « American Gothic » montrant une femme noire tenant un balai dans une main et une serpillière dans l'autre devant un drapeau américain, dans un genre inspiré du tableau éponyme, également emblématique, du peintre Grant Wood (1930) qui présente un fermier, une fourche à la main, et sa femme, devant une maison de style gothique.

A la fin de la guerre, Gordon Parks devient le premier Afro-Américain à être embauché par l'hebdomadaire Life, alors le magazine de photojournalisme le plus prestigieux du pays. Il y développe un portfolio très divers. Certes, on lui confie des thèmes spécifiquement afro-américains, mais il décroche aussi un poste convoité de correspondant à Paris et on lui demande en outre de couvrir des artistes en vue tels les compositeurs Samuel Barber et Aaron Copeland et la chanteuse-actrice Barbara Streisand.

Les photographies de Gordon Parks avaient le pouvoir d'éveiller les instincts humanitaires et de susciter des réactions intenses. En 1961, ses photos d'un garçon malade dans une favela brésilienne incitent les lecteurs de « Life » à envoyer des contributions totalisant 30.000 dollars. Le magazine fait venir le garçon aux États-Unis aux fins de soins médicaux et achète un logement à sa famille.

Gordon Parks s'affirme dans le même temps comme un innovateur et expérimentateur en technique photographique, notamment dans les expositions multiples et la peinture sur photographie.

En 1963, il publie « The Learning Tree » (Les Sentiers de la violence), roman semi-autobiographique que le quotidien « New York Times » juge « bien tourné, touchant et dramatique ». En 1968, il signe avec la société cinématographique Warner Brothers-Studio Arts un contrat pour quatre films qui fait de lui le premier scénariste et metteur en scène noir d'un grand studio d'Hollywood. Sa première œuvre, une adaptation faite en 1969 du roman susmentionné, a été préservée par le Registre cinématographique national et qualifiée de « culturellement significative » par la Bibliothèque du Congrès.

Son deuxième film, Shaft (1971), inaugure le genre dit de la « blaxploitation » (juxtaposition de « black », ou noir, et d'« exploitation »). Ces films qui poussent généralement à outrance les thèmes de la sexualité et de la violence ont souvent subi les foudres de la critique mais ont connu un succès considérable en salle devant un public largement afro-américain, jusqu'à leur déclin vers la fin des années 1970.

L'énergie créatrice de Gordon Parks dépasse en fait de loin l'univers de la pellicule. Il est l'auteur d'un second roman ainsi que de mémoires en quatre volumes. Après avoir composé la musique pour « The Learning Tree », il compose et chorégraphe en partie un ballet fondé sur la vie de Martin Luther King et écrit plusieurs morceaux orchestraux, notamment pour Duke Ellington.

Bien qu'il n'ait jamais terminé ses études secondaires, Gordon Parks a reçu plus de 40 diplômes universitaires honorifiques. En 1988, le président Ronald Reagan lui a décerné la Médaille nationale des arts.

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