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Les enfants de l’immigration


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Annick N’guessan

« A 5 ans même moins nous partons , à 10 ans même moins nous explorons , à 15 ans même moins nous tentons l’intégration ,conclusion exclusion ».Voici le destin des enfants de l’immigration.

Victimes, d’une réussite scolaire inexistante entre 18 et 19 ans, pouvons nous penser à une réelle intégration au sein du pays d’accueil ? Ma réflexion sur cet échec scolaire et le mythe de l’égalité des chances m’emmène à penser à une néo-inégalité véhiculée à travers les différentes institutions de l’occident.

Chaque jour qui se présente ces enfants baignent dans un dilemme, qui résume le choix cornélien issu de l’immigration. Assimilation et intégration se bousculent. Les enfants des immigrés doivent se forger une carapace sociale. Ils doivent apprendre à vivre avec l’essentiel et se priver du reste. Un reste que d’autres exhibent, parfois sans pudeur devant leurs yeux. Ils vivent dans des familles tourmentées par des problèmes de chômage ou des situations précaires. Parqués dans des quartiers ghéttoisés, ces enfants étrangers abandonnés arrivent sur le territoire français en situation illégale et connaissent de façon plus aigue encore la condition « d’homme sans importance »dans une société fortement urbanisée. Ils en subissent des conséquences néfastes sur leur santé et sur leur scolarité. Victimes d’inégalités et de violences nos « adultes en devenir » doivent apprendre à vivre avec leurs handicaps dans un monde handicapant. Ainsi par un cercle infernal, ils plongent dans une société ou ils doivent se réinventer une identité, une attitude .Il devient donc difficile aux parents, d’un coté, d’assurer une bonne éducation à leurs progénitures et ,de l’autre, chercher à « être » en se battant pour leur légitimité. Par conséquent, les jeunes nagent facilement dans la délinquance et se mettent à considérer comme « leurs » des attitudes « hors normes », qui selon eux font d’eux des hommes à part entière. Ce manque de repère social fait que nos « innocents » tentent de s’identifier à leurs idoles, stars de cinéma, sportifs, chanteurs… « Je veux devenir rappeur comme Akhenaton » (du groupe I’AM). Ils doivent se tenir, s’accommoder, se conformer à la tendance .Car, en s’identifiant, ils acquièrent le repère qui fait d’eux des agents sociaux dans leur totalité. Quel doit être le comportement à adopter par les parents face à un bouleversement aussi rapide des mentalités et des tendances ?

 

Annick N’guessan