LIBERTE D’EXPRESSION à la
« FRENCH TOUCH »

C’est le
professeur Théophile OBENGA qui, taraudé par une
interrogation dont l’issue me
semblait incertaine, me disait de me souvenir du caractère
contingent des
choses et des principes de cette société. Enfin j’ai fini
par comprendre le
fonctionnement de cette société qui ne voit le monde que
par le prisme de son
nombril. La Contingence, ce concept qui colle bien à la
liberté d’expression
chère à Max GALLO, érigé de fait en avocat
de Philippe VAL cet illustre lugubre
islamophobe, qui a pourtant des amis et lu des auteurs arabes
islamiques selon
ses propres dires. Chaque Français "blanc" n’a t-il pas son ami
nègre ? Pourtant on connaît le panache avec lequel le
FN cravache.
Plus versatile que moi,
je meurs !
Après avoir dit
à Davos combien son Pays est ouvert à toutes les
entreprises et sociétés étrangères, le
ministre français de l’économie Thierry
BRETON, comme le président de ARCELOR (société de
sidérurgie), Guy DOLLE,
n’ont-ils pas qualifié de « hostile »
l’Offre Publique d’Achat de
MITTAL, sous le prétexte que la culture indienne de son
dirigeant était un
handicap à cette opération ? Pourtant lorsque les
sociétés françaises
lancent des OPA sur des sociétés dont la culture n’est
pas européenne, cet
argument n’est plus valable. Souvenons-nous aussi que lorsque la fille
du
dirigeant de MITTAL se mariait à Versailles et que Papa versait
la bagatelle
somme de 50 millions d’euros, sa culture s’acclimatait pour le mieux
aux murs
de Versailles. Fermons cet aparté et continuons notre propos.
L’affaire des caricatures
du prophète des musulmans aujourd’hui,
comme hier ce que journalistes, politiques et une grande partie de la
population se sont accordés à désigner sous le nom
très accablant d’
« Emeutes des banlieues », sans oublier le
Dieudonnisme (1), toute
cette combinaison d’événements s’apparente à un
« schisme
républicain » dont le vecteur commun est : Le
caricatural culturel.
La culture
« franco-française » de la liberté
d’expression que Max GALLO comme s’il n’en était
réellement pas convaincu,
martèle dans tous les plateaux de télévision est
un concentré de contingence et
de versatilité bref un ésotérisme pour seuls
initiés.
Comment pourrais-je
expliquer à ma jeune fille de huit ans cette
notion de liberté d’expression aussi variante
qu’élastique qui, comme un
caméléon prend la couleur et la saveur de l’outrage et de
l’outrance dès lors
que l’on "ose" d’une part, critiquer un colon juif et d’une
succulence jouissive quand on calomnie mieux, on "caricature" des
valeurs qui ne sont pas les "nôtres" d’autre part : l’accent
des
Noirs, les us et coutumes des Arabes et des Noirs,l’islam etc.
L’humoriste
Dieudonné MBALA MBALA n’en déplaise aux uns et aux
autres, dans l’exercice de ses fonctions, a fait une caricature. Que
diable !
La déferlante, la bronca, la machination républicaine qui
s’est mise en marche
pour sa destruction est sans pareille. Où est donc le
sacro-saint principe de
liberté d’expression ? « Liberté
d’expression dans la caricature,
infamie dans l’humour » pourrait-on dire.
Comment lui faire
comprendre l’obstination, le refus de
compréhension des lyncheurs d’hier, aujourd’hui sous le coup des
lapidations
des autres, d’assumer les principes dont ils se targuent être les
dépositaires ? Pourquoi semble t-il si difficile aux uns de
comprendre
qu’au nom de la chère liberté, les autres peuples ont le
droit aussi de
défendre leurs valeurs lorsqu’elles sont bafouées ?
Descartes disait
« le bon sens est la chose du monde la mieux
partagée ». Et au nom de
ses valeurs, la France n’a-t- elle pas violenté des peuples sous
prétexte
qu’elle veut faire partager son « bon
sens » ? Esclavage,
déprédations multiples, exterminations, génocide,
colonisations sont-ce pas là
des exemples des conséquences de cette défense des
valeurs de liberté si chères
à la France ?
Quelle hypocrisie ! La
France, ce faisant l’Occident, vient
encore de donner une preuve de son manque de maturité qu’elle
cache sous des
grands principes de liberté d’expression et autres concepts
pompeux pour sa
bonne conscience, mais qu’elle est incapable d’assumer. Oui !
cette
incapacité à respecter sur son propre sol, les valeurs
qu’elle prétend incarner
et qu’elle va imposer de force à d’autres.
Si la liberté
d’expression n’est pas donc un vain mot dans cette
société dont l’hypocrisie et les contradictions sont les
caractéristiques
essentielles, pourquoi toute cette bronca orchestrée des sommets
de la
république jusqu’aux plateaux de télévision sur
Dieudonné MBALA MBALA.
Philippe Val comme tous les
adeptes du flou, de la mauvaise foi
et du mensonge nous en donne une explication fort intéressante
et
révélatrice ; ce n’est pas pareil, ce que
Dieudonné a fait est odieux,
abominable bref inqualifiable, d’ailleurs nul comparable à ce
qui se passe. On
croirait entendre Jacob NEUSNER lorsqu’il affirmait " L’holocauste mal
unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un
statut à part,
il leur donne un droit sur les autres" (2)
Pourtant l’humoriste n’a
fait qu’un sketch pour susciter lui
aussi le débat sur une question bien précise. L’exception
confirmant la règle,
Dieudonné a "osé" questionner l’exception,que dis-je le
sacré et il a
reçu un traitement lui aussi exceptionnel. Pour cela il est
banni, honni,
calomnié, proscrit dans la "république médiatique"
de France. Cette
censure, cette vindicte médiatico-républicaine dont
l’humoriste fait l’objet
nous enseigne davantage sur ce qu’est la liberté d’expression
à la française,
"French Touch" oblige et se résumerait à la formule
suivante :
Liberté d’expression = Caricature sur tout - humour sur les
juifs. Max GALLO
dira sûrement de cette formule qu’elle n’est pas une
« capitulation
rampante ».
De quelle belle
manière le « Temps » nous fournit des
ingrédients lorsque l’on s’y attend le moins. De ces caricatures
importées du
Danemark, nous pouvons en faire une double lecture : Provocation
gratuite
et Volonté de division. L’importation de ces caricatures ne
vient en fait que
donner l’occasion à tous ceux qui ne savaient comment s’attaquer
à l’islam de
peur de drainer l’opprobre avec soi, de tirer à boules rouges
sur une religion
qui pose visiblement problème dans un sol judéo
chrétien. Les assimilations
diverses aux événements qui se passent au Moyen-Orient et
aux attentats
perpétrés ci et là constituent une belle alchimie
pour les esprits friands des
clichés et raccourcis. Pur effet de prétérition,
gardons nous de dire du mal de
cette religion, mais faisons des assimilations.
Nous pouvons aussi dire
à juste titre d’ailleurs et fort du
principe de la liberté de pensée et d’expression que la
religion chrétienne et
l’esclavage, l’extermination des indiens et ... sont intimement
liés, et
d’ailleurs de nombreux textes l’affirment sans détours. Aussi
que l’holocauste
n’a pas non plus été une invention des musulmans encore
moins des islamistes
fondamentaux. Tous les clichés qui nous sont servis sur
l’assimilation des
musulmans et de leur religion dans les événements
tragiques que connaît le
monde n’obéissent qu’à la seule logique de provocation
pour justifier une
accusation.
La seconde grille de
lecture que l’on pourrait avoir ne serait
plus que la résultante de la première c’est-à-dire
qu’après avoir montré du
doigt « l’ivraie » , il va falloir l’extraire du
"bon
grain". Lorsque l’on veut tuer son chien ne l’accuse t-on pas de
rage ? Quand il a fallu pourchasser les juifs (rappelons-le ce
n’étaient
ni les islamistes fondamentaux encore moins les musulmans qui en ont eu
l’initiative) ne les a-t-on pas affublés de tous les maux et
mots ?
Un proverbe de chez moi dit
ceci « lorsque tu me pointes
avec ton index, saches que les autres doigts de ta propre main te
pointent
toi-même » comprenne qui voudra.
Le respect des croyances
des autres même pour un non adepte des
religions comme moi, m’autorise à ne pas y accorder une
importance mais non de
les "insulter" et c’est là l’expression de ma liberté.
MBOA
1-Dieudonnisme : Courant de
pensée politico journalistique qui consiste à sortir d’un
sujet précis pour
s’attaquer à la personne de l’humoriste. Très
prisé par des personnes qui n’ont
en vérité rien à dire et qui, au lieu de se taire
débitent des inepties pour se
faire applaudir. Très courtisé à la
télévision française et aussi très vendeur
pour écrivains et politiques à la traîne.
2- Jacob Neusner "A Holocaust
primer" Page 178