Vente d'enfant en Haïti
Par Kathleen
Desravines(Port-au-Prince)
La
situation des enfants demeure préoccupante à tous les
niveaux en Haiti. Il
importe de dégager de nouvelles perspectives en vue
d'améliorer les conditions
de vie des enfants et de changer leur avenir. La population
haïtienne est très
jeune, l'avenir de cette population dépend largement de ce qui
est fait et sera
fait pour elle. Les conditions de sous-développement trouvent
leur base dans
l'oubli de nos enfants par les institutions chargées de les
protéger.
Il existe une pratique de vente d'enfant en Haïti, il s'agit d'une
des
fillières dans le traffic des mineurs établies dans le
Tiers-Monde avec pour
objectif de fournir des cobayes pour les laboratoires, du sexe pour les
pédophiles et éventuellement de préparer des
prostitués adultes pour les boites
de nuits. En fait l'objectif fondamental de ce trafic est la
création d'une
banque d'organes à la disposition des patients des pays
développés. Il n'est
pas exclure également des cas où le motif d'adoption
véritable est l'arme
utilisée. Ainsi, de nombreux étrangers profitent de la
situation misérable des
quartiers populaires pour soi-disant adopter des enfants à des
fins abusifs.
Il y a quelques années, le journal Enquêtes d'Adyjeangardy
dans ces édititons
de 1987 avait dénoncé la série d'adoption des
enfants haïtiens sans contrôle
aucun de l'Etat, la loi sur l'adoption abrogée par un
décrêt publié en 1988 à
ce scandal soulevé par le journal "ENQUETES" n'a pas
empeché les
adoptions mitigées et les trafics d'enfants de se poursuivre en
Haïti, plaque
tournante de l'adoption facile et de la vente des enfants de 2 à
13 ans à des
particuliers ou à des organisations de bienfaisance.
L'article 2 de la loi 1974 sur l'adoption facilite uniquement
l'adoption par
les couples mariés et l'article 9 rend obligatoire consentement
des pères et
mères pour l'adoption. L'article 24 est aussi stipulé:
"La personne qui se propose d'adopter et le représentant
légal du mineur
accompagné de celui-ci, comparaitront devant le juge de paix du
domicile de
l'adoptant pour y passer sans frais aucun, acte de leur consentement
respectif.
Néanmoins, si l'adoptant est un étranger, cette
comparution se fera devant le
Juge de Paix du domicile de l'adopté".
L'enfant haïtien adopté par un étranger ne perd pas
pour autant sa nationalité
haïtienne d'après l'article 5 de la présente loi et
autres formalités de l'adoption,
l'institut Bien-Etre social et de Recherches exige de l'adoptant un
certain
nombre de conditions telles:
L'acte de naissance, l'acte de mariage, procuration
générale légalisée par le
consul Haïtien auprès du pays d'accueilm garanties
matérielles (lettres de
travail, attestation bancaire, titre de propriétés etc..)
évaluation du foyer,
autorisation compétente du pays de l'adoptant, certificat de
l'adoptant,
certificat de bonne vies et moeurs (caissiers judiciaires) certificat
médical,
évaluation psychologique et photos d'identités.
A la lumière de cette exigence, on peut se poser certaines
questions quant à la
connaissance ou à la validité des informations fournies
par l'adoptant. Le
Bien-Etre Social ou le tribunal sont-ils en mesure de les savoir? A
t-on le
droit d'adopter 28 enfants, 200; 300 d'un seul coup?
Dans ce traffic de chair on peut relever les
irrégularités suivantes:
-Les adoptants dans beaucoup de cas ne connaissent pas Haïti. Ils
se consentent
d'un intermédiaire aide d'un cabinet d'avocat, ils restent chez
eux et
attendent le ou les colis sans problèmes.
-N'ayant pas perdu sa nationalité d'origine, l'adopté
devrait être sous
contrôle du consulat du pays de l'adoptant afin de savoir si le
bien-être
cherché par l'adopté est effectif.
-Le tribunal ou l'institut du Bien-être social et de Recherches
n'est pas en
mesure de connaître véritablement le niveau de
moralité de l'adoptant.
-Comment se fait-il qu'un simple étranger puisse quitter le
territoire de la
République avec 8 enfants sans avoir à s'inquiéter
de l'immigration?
-Un adoptant est-il autorisé à adopter un enfant
haïtien sans connaître Haïti
ou sans avoir passé au moins un minimum de temps d'adaptation
dans le pays sous
contrôle de l'IBESR?
-Quel mécanisme de protection a- t-on élaboré pour
connaître le suivi de
l'adoption en dehors du territoire de la République?
Il ne faut pas oublier qu'en toute occasion c'est le bien-être de
l'enfant qui
doit guider l'acte de l'adoption, et comme il est est stipulé
dans l'article 8
de la loi sur l'adoption:" l 'adoption est un acte solennel entre une
personne et un enfant qui n'est pas biologiquement le sien mais un
rapport
juridique analogue à celui qui résulte de la
paternité et la filiation".
Kathleen
Desravines
Kathleen@haitiimpact.com
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