Rassemblement
le 29 mars au Ministère de l'Outre-Mer
Communiqué
du collectif Ile de France des Indigènes de la République
Quand la
mort d’un poulet vous inquiète, celle d’un réunionnais
vous indiffère…
Ces dernières semaines la grippe aviaire qui a tué
quelques poulets
français et un chat allemand, a occupé tous les esprits,
toutes les énergies et
a régulièrement fait la une des plus grands quotidiens de
France
métropolitaine. Pendant ce même temps, la maladie du
Chikungunya touche plus
d’un tiers de la population réunionnaise et tue hommes, femmes
et enfants.
Deux
poids, deux mesures : la vie d’un indigène vaudrait-elle
moins que
celle d’un poulet de Bresse ?
Comme aux
temps des colonies, c’est un traitement d’exception qui a
été une
fois de plus réservé aux réunionnais.
La Recherche française se désintéresse
complètement d’une maladie pourtant
connue depuis plus d’un demi siècle, qui n’est pas
« rentable » car
elle ne touche pas les métropolitains.
Les
ministères (outre mer et santé) ont méprisé
les cris d’alerte depuis plus
de deux ans: le nombre des équipes d’agents de lutte
anti-vectorielle est passé
de 170 en 1985 à 40 en 2004 (départs en retraite non
remplacés), alors même
qu’une épidémie de la maladie de la dengue s'est
déjà produite en 1994. Il
semblerait que ces ministères aient préféré
attendre tranquillement le
transfert des services de prophylaxie au département
prévu par la loi de
décentralisation, plutôt que de réagir. Là
où l’Etat aurait réagit rapidement
en France, il laisse la population réunionnaise aux seules mains
des
collectivités territoriales dépassées par
l’épidémie et qui manquent de moyens.
Depuis le
début l’Etat ment et manipule les médias : que ce
soit sur le
nombre de cas, le nombre de mort et sur la gravité de la
maladie. Cette
mascarade aurait-elle pu se jouer si le tiers de la population de la
métropole
était malade ?
Face
à la gestion coloniale de l’épidémie du
Chikungunya mobilisons nous !
MERCREDI 29 MARS à 18h
Devant le
ministère de l’Outre-mer (ou des colonies !)
57, boulevard des Invalides, Paris (7ème), M° Duroc
Pour demander :
- la gratuité des moyens de protection pour tous
- l’arrêt de la démoustication sauvage, chimique et
polluante, qui amène à un
désastre écologique
- un véritable état des lieux depuis le début de
l’épidémie : transparence
des chiffres et de l’information.
- le contrôle et la prise en charge par la population locale (et
non par les
militaires français) de la gestion de l’épidémie.
Par le biais par exemple de
comité populaires de distribution des moyens de protection et de
prévention
etc.
Collectif
Île de France
des Indigènes de la République