Un roman
qui défraie la chronique outre-mer
Henri
Hazaël-Massieux
Chabine Miroir, tel est
le nom de ce roman qui défraie la chronique dans les
départements d’outre-mer.
Il s’agit en théorie d’une fiction, écrite par Henri
Hazaël-Massieux, haut
fonctionnaire en retraite, qui décrit avec précision les
mœurs corrompues des
politiciens de l’outre-mer français, sous couvert d’une
« despote »
de la Caraïbe.
Quand on
connaît un tant soit peu la réalité politique de
ces lointaines régions, on est à peine
étonné de découvrir les charmes
sulfureux de Chabine Miroir. Il y a si peu de distance
entre la
réalité et la fiction…
Le cynisme, le
goût du pouvoir et de l’argent, la
prévarication, la corruption active, le chantage, le meurtre,
aucune qualité ne
manque l’héroïne du roman.
La
« morale » de la république
mondialisée finit
par triompher. Mais, en définitive, on n’est pas bien sûr
que le triomphe de
cette morale-là apporte un quelconque changement positif aux
malheureux
habitants de l’île mythique des Caraïbes où se
déroule l’intrigue.
Pour certains,
le personnage fictif de Chabine
Miroir évoquera des souvenirs
désagréables. Pour les autres, ils
découvriront Chabine et, dans son miroir, le reflet d'un
environnement
politico-économique où " l'outre-mer "
s'identifie à la métropole ;
en quelque sorte une intégration réussie mais pour le
pire.
Quant à
l’auteur, Henri Hazaël-Massieux, il soutient,
rigolard, que Chabine Miroir et les différents
personnages du roman
sont purement imaginaires et que ceux qui, par le plus grand hasard,
s’y
reconnaîtraient auraient une bien piètre opinion
d’eux-mêmes.
Chabine Miroir
est dans la pure tradition locale du
pamphlet populaire qui brocardait jadis aux îles, par la biguine
ou le calypso,
les vicissitudes de la vie publique avec une verve jubilante.
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« C'est
en effet son sexe qu'elle avait placé, avec un art
consommé de la mise ne scène,
au coeur de son discours et de ses actes. Il n'y eut pas d'arène
électorale qui
n'eut entendu ses allusions douteuses aux exceptionnelles
qualités de sa chaude
féminité, laquelle, selon ses dires, rendait les hommes
capables, avec elle,
des exploits amoureux les plus performants.
Chacun se
reconnaissait en effet dans Chabine. Au yeux des hommes de l'ile si
machos
pourtant par nature, mais aussi, il est vrai, frivoles et
irresponsables, elle
avait réussi à apparaître à la fois
comme le point d'ancrage, la mère à
laquelle on se réfère si souvent avec respect car on en
est issu, la femelle
goulue dont on a peur et qu'on désire en même temps, la
maîtresse dominatrice
et sure d'elle-même devant laquelle on s'incline, et enfin,
paradoxe des
paradoxes, le mâle idéalisé,
sorte de substitut
auquel, à bon droit, on confère naturellement ces
attributs qui sont le propre
du sexe masculin. »
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