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Restituons
nos ancêtres dans leur
humanité et leur dignité…

A propos du 10 mai, quelle ne fut pas notre
surprise en lisant les déclarations dans la presse nationale et
internationale
de quelques « bien-pensants » de notre communauté.
Ceux-là même qui se donnent pour
but de la défendre ou de la promouvoir.
Et à les lire, nous avons la désagréable
impression qu’ils donnent raison à Alexis de Toqueville
lorsqu’il écrivait au
19 e siècle : « Le nègre fait mille efforts
inutiles pour s’introduire dans
une société qui le repousse, il se plie aux goûts
de ses oppresseurs, adopte
leurs opinions et aspire en les imitant à se confondre avec eux.»
Que ces
nègres fassent, on les regarde et on rie.
Quoi qu’il en soit, ces gens voyaient pour
le 10 mai : « une
grande action culturelle et pédagogique pour fêter
l’abolition et pour informer
le grand public… puis… »
Les mots font sens, il faut se garder de les
employer à tort et à travers. Le terme fête renvoie
entre autres à : bal, agapes,
réjouissance, bamboche, bamboula,
nouba, amusement, bringue, débauche, etc.
Ce n’est pas de cela dont il s’agit, messieurs !
La fête est exclue le 10 mai, la
commémoration est de mise. Il s’agit de se souvenir d’une
infamie, d’un drame
où nos ancêtres furent pris dans les lacs des
négriers, dans les rets d’êtres
abjects et dont nous portons encore aujourd’hui les séquelles et
affichons
encore les traumatismes.
Ils justifièrent le crime, en se fondant sur la
malédiction d’un intempérant biblique, pour nous
exhéréder de l’humanité.
Il nous semble inepte et insane de fêter les
bourreaux, si ces messieurs veulent le faire qu’ils le fassent un autre
jour.
Pour nous, le 10 mai est un jour du souvenir, un jour de recueillement,
un jour
de deuil dédié à la
mémoire de nos
ancêtres esclaves.
Le noir et le blanc sont de tenue pour le deuil,
le rouge pour la colère, car le crime est toujours sans coupable.
Tony
Mardaye
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