Amérindiens du
XIXe siècle,
Venezuela du XXIe siècle et « tribunal d’inquisition
» séculaire
des Etats-Unis
Aux
États-Unis, vers 1883, un groupe de
soi-disant philanthropes et humanistes de l’est du pays se sont
penchés sur les
« problèmes » de leurs voisins amérindiens.
Depuis plus d’un siècle, les
Amérindiens étaient constamment déportés
vers l’Ouest par leurs voisins blancs,
descendants des colonisateurs britanniques. Ces penseurs bienveillants
constatèrent rapidement que la civilisation amérindienne
se portait très bien :
pas de pauvreté, pas de dette, haut taux
d’alphabétisation, industries et
commerces florissants, etc. Cette société
possédait toutefois, selon eux, un
défaut fatal : les sauvages détenaient leur terres en
commun, ils n’avaient pas
cet égoïsme qui est à la base de la civilisation.
Bien que
« civilisé et
avancé en apparence », le peuple amérindien
était considéré comme
culturellement défavorisé et incapable de
reconnaître « ses besoins élémentaires
de consommer et de dépasser ses voisins,…» . Pour corriger
ce problème, un
projet de loi qui interdisait la propriété
foncière collective fut déposé. Il
en résulta par la suite une expropriation des Amérindiens
qui se dispersèrent
dans des zones urbaines où ils connurent la pauvreté et
la misère.
En 2006,
sous le faux prétexte de la défense
de la démocratie et de la stabilité politique, les
faucons états-uniens sont
toujours à l’œuvre pour éliminer les « pommes
pourries » afin qu’elles ne
contaminent pas le reste du panier. Hugo Chavez, président du Venezuela, réélu
démocratiquement par la population, est
devenu l’un de ces ennemis qui pourraient transmettre le «
défaut fatal » à
d’autres pays. Le gouvernement de Chavez a entrepris depuis quelques
années de
nombreuses réformes progressistes visant à
améliorer le niveau de vie de sa
population. En utilisant les profits de la vente du pétrole, on
a mis sur pied
un système de santé universel et gratuit, on a
créé plus de 1000 centres de
soins de santé dans les secteurs les plus pauvres, le taux de
chômage est en
baisse, le salaire minimum a été augmenté de 20%
à 30% chaque année depuis
2000, 1,4 millions de personnes ont bénéficié
d’une campagne d’alphabétisation, etc
. Ce processus a, en
retour, provoqué une
effervescence politique populaire dans certaines localités du
pays et donné
naissance à une multitude d’initiatives communautaires de
développement local .
Ces
réformes défient actuellement, avec
succès, la doctrine néolibérale que veut imposer
la Maison-Blanche à l’ensemble
du territoire des Amériques par l’instauration de la Zone de
libre-échange des
Amériques (ZLÉA). Les réussites sociales du Venezuela,
soulignées d’ailleurs par l’Unesco, inspirent de plus en plus
d’autres pays de
l’Amérique latine, dont en particulier la Bolivie.
Malheureusement, quand
l’économie de la plus grande puissance économique carbure
aux inégalités et à
l’exploitation d’une partie de la planète, toute
expérience radicale qui tend à
augmenter l’indépendance économique des pays
exploités et le niveau de vie des
personnes les plus démunies ne sera pas bien reçue par
les apôtres du
néolibéralisme.
Les
États-Unis redoublent d’efforts
actuellement pour tenter d’arrêter le « mal » qui
risquent de contaminer
d’autres pays. Au début de l’année 2006, Donald Rumsfeld
comparait Hugo Chavez à Hitler, tandis qu’un récent
rapport stratégique du
pentagone qualifiait le Venezuela de
« source
d’instabilité politique et économique ».2
Dernièrement, un communiqué de presse
de la défense américaine annonçait le
déploiement d’une flotte navale dans la
mer des Caraïbes pour un exercice militaire d’une ampleur
inhabituelle, deux
semaines après qu’un haut responsable de l’armée ait
déclaré à une audience du
sénat américain que le gouvernement
vénézuelien représentait une menace pour la
stabilité de la région à cause, entre autres, de
ses interventions sur la scène
internationale et de ses intentions d’acheter de l’équipement
militaire. Une
propagande médiatique anti-Chavez, en cours aux
États-Unis, diffuse un discours
remplis de faussetés. On présente Chavez comme un
dictateur contrôlant les
médias alors qu’en réalité, 95% de la presse
écrite, de la télé et de la radio
appartiennent à la droite hostile à Chavez et diffusent
quotidiennement leurs
attaques contre le gouvernement de Chavez.
Qu’on
soit pour ou contre Chavez, le modèle
bolivarien expérimenté au Venezuela
est, selon moi,
une richesse pour la "sociodiversité"
sur
Terre. Ce modèle pourrait inspirer d’autres initiatives
politiques et
économiques basées sur la solidarité, et ce dans
plusieurs autres pays à
l’extérieur de l’Amérique latine. Le projet
états-uniens de destruction de ce
modèle placera Chavez de plus en plus sur la défensive
et, face à la menace, ce
gouvernement pourrait alors devenir plus autoritaire. Une fois de plus,
Bush et
son équipe de colonisateurs viendront se positionner comme
champion de la
maladresse diplomatique.
Chomsky, Noam. L’an 501 : La
conquête continue, Les
Éditions Écosociété
et Éditions EPO,
Montréal/Bruxelles, 1995, 363 p.
Lamrani, Salim. Le Venezuela
dans la mire de Washington, Le Réseau Voltaire,
www.voltairenet.org/fr, 28
février 2006.
Lown, Zachary. Life in a strong hold of the «
Bolivarian Revolution », ZNET,
www.zmag.org/weluser.htm, 8 mars 2006.
Martin, Jorge. US launches major military exercises in
the Caribbean as a warning to Venezuela and Cuba,
ZNET, www.zmag.org/weluser.htm, 1avril 2006.
Edwards, David. Channel 4 Smears Chavez, ZNET,
www.zmag.org/weluser.htm, 10 avril 2006.