L'Assemblée
générale crée un nouveau Conseil des droits de
l'homme

<>
15 mars
2006 – L'Assemblée
générale a voté aujourd'hui, à la
majorité de 170 voix
« pour », une résolution en faveur de la
création d'un nouveau Conseil des
droits de l'homme, qui remplacera la Commission jugée
discréditée et inadaptée.
Quatre pays, dont les Etats-Unis, ont voté « contre
» et trois pays se sont
abstenus.
« Nous avons atteint un moment décisif,
tant pour la promotion et la protection des droits de l'homme que pour
un
multilatéralisme efficace et la réaffirmation de la place
des Nations Unies »,
a déclaré Jan Eliasson, président de
l'Assemblée générale, à l'ouverture de la
séance plénière.
Demandé
par les Etats-Unis, le vote des
Etats Membres a conduit au résultat suivant : 170 voix «
pour », 4 voix «
contre » - Etats-Unis, Îles Marshall, Israël et Palau
- et 3 abstentions -
Belarus, Iran et Venezuela.
Le
président de l'Assemblée aurait
préféré l'adoption du texte par consensus.
Sept pays
n'ont pas pu voter, leur droit
de vote étant suspendu en raison de retards dans les paiements
des
contributions dues à l'ONU - Côte d'Ivoire, Dominique,
Erythrée,
Papouasie-Nouvelle-Guinée, République dominicaine,
Seychelles, Tchad.
Le
résultat du vote a été marqué par des
acclamations et des applaudissements des Etats Membres.
Parmi les
principaux points du texte
(A/60/L.48), Jan Eliasson a souligné «
l'universalité, l'impartialité,
l'objectivité, l'absence de sélectivité et le
dialogue » comme les principes
fondamentaux du nouveau Conseil (sur le projet (dépêche du 23.02.06).
Le texte
remplace l'ancienne Commission
des droits de l'homme par un nouveau Conseil, organe subsidiaire de
l'Assemblée
générale, de rang institutionnel supérieur dans la
hiérarchie des Nations
Unies.
Le nouveau
Conseil sera composé de 47
membres, élus à la majorité absolue par
l'Assemblée générale, pour un mandat de
trois ans, non renouvelable après deux mandats
consécutifs.
L'élection
des membres aura lieu le 9
mai prochain et la première réunion du Conseil se tiendra
le 19 juin.
Le Conseil
tiendra des réunions plus
fréquentes que l'actuelle Commission, tout au long de
l'année, et pourra
convoquer des sessions extraordinaires.
Il
introduit le principe d'un examen
périodique universel, garantissant l'examen de tous les Etats
Membres et
empêchant la politique de « deux poids deux mesures »
et la sélectivité.
L'élection
des membres du Conseil suivra
une représentation géographique équitable.
Les
membres ne pourront pas être élus
immédiatement après deux mandats consécutifs, ce
qui garantira une rotation.
Ils
devront par ailleurs être élus à la
majorité absolue des Etats Membres de l'Assemblée
générale. Chaque candidat
fera l'objet d'un vote individuel [et non au sein d'un groupe], et
devra
recevoir au moins 96 voix, à bulletin secret.
Les Etats
Membres de l'Assemblée
devront, dans le choix de leurs candidats, « prendre en compte
leur
contribution à la promotion des droits de l'homme et leurs
engagements dans ce
domaine avant l'élection ».
A cet
égard, l'Assemblée générale
pourra, à la majorité des deux tiers, suspendre un membre
élu au Conseil s'il
commet des « violations graves et systématiques »
des droits de l'homme.
Enfin,
chaque membre du Conseil fera
l'objet d'un examen de son action dans le domaine des droits de l'homme
au
cours de son mandat.
Cuba et le
Venezuela ont présenté des
explications préalablement au vote.
Pour leur
part, les Etats-Unis ont
rappelé, lors de leur explication postérieurement au
vote, qu'ils ne pouvaient
voter en faveur d'un texte estimé insuffisant.
Les
Américains ont notamment critiqué le
fait que l'accès au Conseil ne sera pas formellement interdit
aux pays auteurs
de violations des droits de l'homme, mais que les Etats Membres devront
«
prendre en compte » leur action dans ce domaine.
Le
représentant des Etats-Unis, John
Bolton, a néanmoins indiqué que son pays «
coopérera avec les autres membres et
travailleront à réviser ses structures », estimant
que le véritable test serait
de savoir si le nouveau Conseil prendra effectivement des mesures pour
les
violations des droits de l'homme.
Au cours
de la séance, Jan Eliasson
avait souligné qu'il était temps de clore les
négociations sur cette question,
qui ont pris cinq mois de travail, et de passer aux autres
réformes envisagées
lors du sommet
mondial de septembre, notamment dans le domaine du
développement économique
et de la lutte contre la pauvreté.
«
Tout échec dans ce domaine sera mesuré
en vies perdues », a-t-il prévenu.