LE
CRAN VEUT
FOLKLORISER LE 10 MAI : LES VRAIES ASSOCIATIONS MILITANTES NOIRES
OPPOSENT UN
FRONT DU REFUS

Afrikara
Un 10 mai
festif ? Ce jour de commémoration arraché au
prix de 10 ans d’efforts
associatifs, de lutte et de bagarre parlementaires, de
négociation et de
va-et-vient politiques serait-il réductible à une Pride,
une fête de l’hilarité
? C’est ce qui ressort des informations que les associations et
militants de la
cause noire ont pu obtenir de sources fiables. Et qui est
derrière cette
infamie sans nom ? Le Cran, l’auto-désigné Conseil
représentatif des
associations noires de France, constitué d’anonymes et
d’inconnus de tous ceux
qui depuis 20 ans poussent à la reconnaissance de la cause des
Mélanodermes en
France.
Ce Cran qui fait écran, constitué dans la pure tradition
corrupto-électorale
françafricaine, et qui s’attribue des projets culturels qui
existaient avant
que certains de ses membres n’apprennent en lisant les journaux qu’ils
étaient
affreusement noirs, discriminés et que cela pouvait finalement
servir comme une
chaussure ou un diplôme pour travailler, s’apprête à
égayer la place de la
Bastille par une commémoration festive. Un concert dont
l’artiste phare invité
serait … Patrick Bruel selon les informations autorisées.
Interrogés par Afrikara.com, les responsables associatifs les
plus
représentatifs de la lutte contre les discriminations et les
différentes formes
de négrophobies, le Coffad et le MNH se sont indignées de
cette dérive, de
cette insulte à la mémoire de nos ancêtres
déportés, esclavisés, et enfin
raillés par leurs descendants s’offrant en spectacle pour toute
forme de
travail de mémoire…
«Un coup de cran d’arrêt à la mémoire de nos
ancêtres et de nos revendications»
Mme Joby Valente présidente du MNH et vice présidente du
Coffad, ancienne
membre fondatrice du Capdiv, ancêtre du Cran qu’elle avait
quitté de facto,
s’est opposée avec véhémence à «une
fête de la musique bis», envisageant cette
initiative du cran comme «un coup de cran d’arrêt à
la mémoire de nos ancêtres
et de nos revendications».
Constatant et déplorant que le Cran -appelé krank [malade
en allemand] par des
esprits pinailleurs- tente de «rendre ce qui est inacceptable
acceptable par le
rire», la militante anti-raciste a affirmé que
«l’importante somme allouée au
Cran pour le 10 mai pourrait être répartie entre
associations ayant des projets
intéressants et sérieux». En fait de somme, des
fuites parlent d’un pactole
allant de 300 000 euros jusqu’à son double.
Le président du Coffad, M. Fassassi, vétéran des
procès anti-racistes et des
mobilisations de tous les Afrodescendants, s’est déclaré
sur la même longueur
d’onde que Mme Joby Valente. Il a martelé «qu’en aucun cas
le 10 mai ne pouvait
être une manifestation festive », mais «une
journée de mémoire, de souvenir, de
recueillement, dans un esprit de solidarité, de réflexion
et d’action». Se
voulant plus précis, M. Assani Fassassi a
révélé avoir signifié personnellement
son désaccord sur le projet d’une manifestation festive au
président consort du
Cran qui l’a appelé à cet effet, M. Lozes, puis au
secrétaire générale de cette
association M. Pambou.
Le Coffad a sa propre proposition de programme pour le 10 mai,
l’association a
réservé depuis plusieurs mois la Place de la Nation et la
Bourse du travail
pour les rencontres et échanges constructifs entre acteurs de la
mémoire
négrière et grand public.
L’indignation monte et se trouve bientôt à son paroxysme,
l’animateur
radio-télé emblématique de la cause noire en
France, Claudy Siar a pris
position dans le sens d’une commémoration digne, d’autres
associations font
entendre leur désaccord total.
Parmi elles, l’agence de veille le Collectif Alerte2Neg qui a fait un
exposé
des motifs sans concession contre le Cran écran, cran
d’arrêt, cran sans cran.
« Nous pensons en particulier à ce projet ubuesque dans
lequel le CRAN, le 10
Mai prochain, avec le soutien scandaleux des pouvoirs publics, de
personnalités
du show-biz et d’associations dites antiracistes, entend profiter de
l’abolition de l’esclavage, sur un ton festif, pour aussi bien
célébrer la
fraternité et les victoires des abolitionnistes que la
libération des Noirs,
sur fond de musique techno parade, chars arc-en ciel, ambiance «
touche pas à
mon pote » et cotillons . Rien que ça ! »
Interpellant directement les noceurs du 10 mai, le Collectif
prévient « Nous ne
pouvons admettre que, à travers votre grotesque «
commémoration » de la
Bastille, vous vous permettiez d’aborder notre Histoire sous un angle
folklorique et vulgaire, et ce en ayant recours à d’illustres
anonymes
regroupés dans un groupuscule ne disposant d’aucune assise
populaire, ce qui
démo ntre tout le dédain que vous inspire cet hommage aux
victimes d’un Crime
contre l’Humanité unique dans les annales de l’Histoire.
».[Cf Lettre ouverte
au Cran et aux profanateurs associés de la mémoire des
victimes de la traite
négrière transatlantique]
L’imitation est la première forme d’intelligence dit-on. Il est
donc a priori
évident et visible que les manifestations des communautés
ayant eu une histoire
traumatique comparable à celle des Noirs se gardent bien d’en
faire des
commémorations paillettes : Juifs, Arméniens notamment.
Etait-ce si difficile
que cela d’observer ?
En tout état de cause le parti d’une commémoration
festive rencontre un front
de refus catégorique de la part des principales associations de
défense des
droits des Noirs et de la part des militants reconnus. Ces acteurs
alternatifs
devraient rapidement ficeler un programme en phase avec une optique de
commémoration dans la dignité, le respect des
ancêtres, des douleurs accumulées
et crimes, et des moyens de faire retrouver l’espoir.