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L'outre-mer approuve à 64 % la discrimination positive

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Ils jugent que la France est "accueillante", mais aussi - dans une moindre mesure - "raciste" et "en déclin". Ils estiment majoritairement que le repli communautaire est "un danger", mais plébiscitent la création du Conseil représentatif des associations noires (CRAN). Et ils se déclarent favorables à 64 % à l'instauration de "quotas pour faciliter l'accès des minorités visibles à certaines professions et mandats politiques". Tels sont les principaux enseignements d'un sondage réalisé par le CSA pour l'association Cifordom, entre le 13 et le 24 janvier, auprès d'un échantillon de 497 personnes vivant en métropole et originaires d'outre-mer.

Les résultats de cette enquête, que Le Monde présente en exclusivité, traduisent la complexité des relations que les personnes originaires des DOM entretiennent avec la société française. Se sentant aussi attachés à la France qu'à leur département d'origine, ils souffrent des discriminations et regrettent le manque d'attention des élus métropolitains à leurs "spécificités". Selon le directeur de CSA-Opinions, Stéphane Rozès, cette population "demeure dans une matrice républicaine", mais est "travaillée par des phénomènes d'inégalités sociales et de discriminations ethniques". D'où sa "tentation d'aller chercher dans le repli communautaire ou la référence au passé" de nouveaux outils pour remédier à leur situation.

Invités à "citer des personnalités originaires d'outre-mer", les domiens résidant en métropole évoquent, dans 81 % des cas, le nom d'un sportif. 51 % citent un artiste. Seules 42 % des personnes interrogées donnent le nom d'une personnalité politique. Dans cette catégorie, c'est la députée (app. PS) de Guyane Christiane Taubira qui se détache nettement.

Alors que Mme Taubira s'interroge sur la pertinence d'une nouvelle candidature à l'élection présidentielle, 57 % souhaitent lui voir jouer "un rôle plus important dans la politique française". Seuls 28 % des sondés pensent toutefois que, "aujourd'hui, en France métropolitaine, une personne noire puisse être élue" à la présidence de la République.