Maître Jacques Vergès :
"Le TPI est une institution illégale
Khalil Mazraawi/AFP
Entretien
réalisé par Silvia Cattori
avec Maître Jacques Vergès.
Paris, 14 mars 2006.
A l’heure où
tant de gens peinent à comprendre le silence de leurs
autorités face aux
victimes qui, en Irak, en Afghanistan, en Palestine, mais aussi chez
nous, sont
laissées sans protection, nous croyons que des voix comme celle
de Maître
Vergès sont importantes.
Silvia Cattori
- Vous connaissiez
M. Milosevic. Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de son
décès ?
Jacques
Vergès : Je
suis son avocat, un parmi d’autres. Qu’ai-je ressenti ? J’ai
ressenti de
l’indignation parce que, manifestement, c’est une mort que l’on a
voulue. De ce
point de vue, c’est un assassinat. M. Milosevic était
très malade. On lui
a imposé des séances harassantes qui se terminaient
après l’heure de la
promenade journalière, qui consistait à faire les cent
pas, dans la cour de la
prison. Au début de cette année il a été
très malade ; il a demandé à se
faire soigner en Russie. Nous ne sommes plus au temps de la guerre
froide. Les
Russes avaient promis de le garder entre les mains de la justice, de ne
pas lui
permettre de s’évader. Le Tribunal Pénal International a
refusé qu’il se fasse
soigner en Russie. A cet homme qui avait besoin de soins urgents, on
les lui a
refusés, avec au bout sa mort. Aujourd’hui, l’autopsie dit qu’il
est mort d’un
infarctus, que c’est une mort naturelle. Ce n’est pas vrai. Des morts
naturelles peuvent être provoquées. Pendant la guerre
d’Algérie, j’ai été
désigné par les nièces d’un Monsieur qui venait
d’être arrêté. Je leur ai dit
que j’allais intervenir auprès des autorités pour qu’il
ne soit pas torturé et
elles ont dit « mais il ne s’agit pas de tortures, il s’agit
de sa vie, il
est diabétique et a besoin d’une piqûre d’insuline tous
les jours, sans quoi il
meurt ». Il serait mort de mort naturelle. Dans le cas de
M. Milosevic, même si l’on ne trouve pas de trace de poison,
il est mort
d’une mort naturelle, mais d’une mort naturelle provoquée. On me
dit :
mais pourquoi ceci ? Parce que, premièrement,
c’était un homme qui était
courageux, qui se défendait seul devant le tribunal, et on
voulait le briser,
au risque de le tuer. Eh bien, on l’a tué. C’est pourquoi je dis
que ce
tribunal est un tribunal d’assassins.
S.C.- En n’accordant pas au
prévenu le respect auquel tout
prisonnier a droit, fut-il un criminel, Mme Carla
del Ponte a-t-elle donc
failli ?
Jacques
Vergès : Oui,
on a refusé à M. Milosevic le respect que l’on doit
à tout prisonnier. En
France, nous avons un ancien ministre, M. Papon, qui a
été condamné pour
crimes contre l’humanité. Il s’est senti malade. Des
médecins ont fait leur
constat, et on l’a mis en liberté. Il a été
traité humainement.
S.C.- N’avez-vous aucune
considération pour le TPI ?
Jacques
Vergès : Le
Tribunal Pénal International est une institution illégale
qui a été décidée par
le Conseil de Sécurité qui n’a aucun pouvoir judiciaire.
On ne peut pas
déléguer un pouvoir que l’on n’a pas. Seule
l’Assemblée pouvait décider cela.
Deuxièmement, ce tribunal n’a pas de loi. En France ou en
Suisse, quand vous
allez devant un tribunal, il y a un code de procédure que l’on
applique. Pour
le TPI, il n’y a pas de code de procédure. Le TPI change la
procédure selon les
besoins qu’il éprouve. La procédure, en ce qui concerne
M. Milosevic, a
été changée vingt-deux fois. Troisièmement,
ce tribunal s’occupe de faits
antérieurs à sa création, ce qui est
illégal. Cela s’appelle « la
rétroactivité de la loi pénale »,
procédé qui est parfaitement contraire à
toutes les règles démocratiques. Ce tribunal admet que
des témoins puissent
témoigner masqués. Quel débat contradictoire
est-il encore
possible ? ! Ce tribunal dit que, dans certains cas, la
rumeur
publique suffira comme preuve. Or, nous savons à quel point la
rumeur publique
est lourde d’erreurs et de manipulations. Enfin, pour couronner le
tout, le
tribunal accepte des dons : 14 % du budget du TPI provient de
dons. Par
exemple, M. Soros, qui est un
adversaire de la
Serbie, contribue aux payements du salaire des juges. Que diriez-vous
si vous
deviez comparaitre devant un tribunal
payé par une
chaîne hôtelière ou par une chaîne
d’épicerie ?
S.C.- N’y a-t-il plus de
légalité internationale ? Quelle
confiance, par conséquent, les faibles peuvent-ils encore avoir
en la
justice ?
Jacques Vergès : Ecoutez, la
légalité
internationale ? Vous avez entendu parler de Guantanamo. Quelle
légalité ! ? Vous avez encore appris quelque
chose qui est pire que
Guantanamo : que des services secrets américains auraient,
en Europe, des
prisons où on envoie des gens pour y être torturés
sans que cela se sache. On a
avancé les noms de pays comme la Pologne et la Roumanie.
S.C.- Comment cela se fait-il
que la France ou l’Europe ne tapent
pas du poing sur la table face à la gravité des
violations auxquelles le monde
assiste ?
Jacques
Vergès :
Là-dessus, le souhait que j’aurais est que des pays comme la
France s’y
opposent mais, malheureusement, ce n’est pas le cas.
Déjà, de sa part, s’être
opposé à la guerre contre l’Irak, je considère que
c’est une grande chose,
c’est inespéré. Les Etats- Unis détiennent des
gens à Guantanamo en-dehors de
toute légalité. Ces détenus ne dépendent
même pas de la loi américaine. On a vu
également, à la prison d’Abou Graib,
comment la
torture n’était plus un instrument d’interrogatoire mais un
instrument
d’abaissement de la dignité humaine. En Algérie, quand
les Français
torturaient, ce qui était ignoble, c’était, disaient-ils,
pour avoir des
renseignements. Mais quand, comme cela s’est vu, une jeune
Américaine rit en traînant
par une laisse un homme nu agonisant, ce
n’est pas pour chercher des documents, c’est pour l’assimiler à
une bête. Là,
nous assistons à une époque d’ensauvagement de
l’humanité.
S.C.- En ne condamnant pas
les Etats-Unis et la Grande Bretagne,
durant les années où ces pays ont bombardé en
Irak, en violation du droit, la
zone appelée « No fly
zone », l’ONU
ne s’est-elle pas
rendue complice des préparatifs de cette guerre ?
Jacques
Vergès : Bien
sûr. Aucune instance n’a vraiment condamné les mauvais
traitements de ces
prisonniers. Toutefois, la guerre contre l’Irak, l’ONU ne l’a pas
votée. Les
Américains ont engagé cette guerre sur un mensonge. Tout
le monde savait très
bien que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive. Et
la
guerre a quand même été menée sous ce faux
prétexte. Et personne ne condamne
les agresseurs. D’autre part, il y a eu l’embargo, entre les deux
guerres ; embargo qui a causé la mort de cinq cent mille
enfants. C’est
l’OMS qui le dit. Quand on demande à Mme Albright ce
qu’elle en pense,
elle dit « C’est le prix de la
démocratie ». Est-ce qu’un régime,
quel qu’il soit, mérite le sacrifice de cinq cent mille
enfants ? Les
criminels contre l’humanité, c’est parmi les grandes puissances
occidentales
qu’on les trouve.
S.C- Les gens se souviennent
de la période où les médias vous ont qualifié de
« nazi », de
« terroriste », pour avoir défendu Barbie
et
Carlos. Cela ne vous dérange-t-il pas quand on vous traîne
dans la boue ?
Jacques
Vergès : Non.
S.C.- Et quand on vous traite
« d’antisémite » cela
vous laisse-t-il indifférent ?
Jacques
Vergès :
Ecoutez, du moment que cela n’est pas vrai, cela me laisse
indifférent.
S.C.- Mais la rumeur peut
détruire des carrières !
Jacques
Vergès : Je vis dans un pays qui s’appelle la France. Il
existe une
tradition en France : le Français a une tendance à
se sentir seul contre
l’establishment. Il est pour d’Artagnan, pour Mandrin. Un jour, je
sortais de
la cour d’Assise d’Aix. Je traversais le petit marché qui se
tient aux abords
du Palais de justice. Un confrère m’a dit : « Tu
vois, quand les gens
te reconnaissent cela ne m’étonne pas ; ce qui
m’étonne c’est la manière
dont ils te saluent ; ce n’est pas un notable qu’ils saluent,
c’est un
complice. Alors, Maître, on continue »
S.C.- A part vous, il y a des
nombreuses personnes qui sont
accusées « d’antisémitisme »,
d’être « anti-juives », qui
est un délit qui pèse plus lourd que si l’on est
accusés de
« racisme », d’être
« anti-arabes » !
Jacques
Vergès :
Actuellement, on ne me traite plus d’antisémite. Ma plaidoirie a
été publiée et
diffusée à la télévision ; on a bien
vu que je n’avais pas tenu de
discours « antisémite ». Le
problème des médias, vous le
connaissez : les médias
hurlent avec les loups. Ils considèrent que c’est leur fonction.
Je disais, au
moment du procès Barbie, à un journaliste de
télévision : le service que
vous pourriez me rendre c’est de publier ma photo tous les jours dans
votre
journal en disant « cet homme est un salaud ».
Les Français ne sont
pas assez bêtes et ils décrypteront votre message et se
diront : si on
l’insulte tant c’est que c’est un type bien.
S.C.- Vous croyez vraiment
que les gens soumis au matraquage
médiatique savent faire la part des choses ?
Jacques
Vergès : A la
longue, oui.
S.C.- Vous avez connu des
personnalités comme Tarek Aziz que
beaucoup respectaient. Elles sont aujourd’hui traitées comme des
chiens,
livrées à la torture. Comment vivez-vous, en votre for
intérieur, cette
violence des Etats faite au nom « des droits humains et de
la
démocratie » qui a déjà fait tant de
victimes, causé tant de
souffrances ?
Jacques
Vergès : Comme
la grande imposture. Nous vivons une période de sauvagerie et
d’imposture.
Saddam Hussein était l’allié de l’Occident puis, un jour,
on a pensé qu’il
était trop fort et on a décidé de l’abattre. Et
ensuite on l’a abattu sur des
mensonges. On le reconnaît aujourd’hui. Et puis on nous dit que
l’on se bat
pour les droits de l’homme mais on n’a jamais autant humilié et
bafoué les
hommes que dans les prisons américaines, en Irak et à
Guantanamo. On est allé
en Afghanistan pour vaincre les Talibans et le résultat est que
la production
d’opium a été multipliée par dix. On menace
l’Iran, en disant que l’Iran ne
doit pas avoir la bombe atomique. Il ne doit même pas être
soupçonné d’avoir
les moyens de faire la bombe nucléaire. Alors que l’Iran a deux
voisins qui
l’ont déjà : le Pakistan d’un côté et
Israël de l’autre. Pourquoi ces deux
pays ont-ils droit à la bombe et l’Iran non ? Ne cherchez
pas de réponses.
Ce sont des décisions des puissants du moment.
S.C.- Imaginez-vous que l’on
puisse modifier le cours des
choses ?
Jacques
Vergès : En
1941, en Europe,
on pouvait prévoir que les choses changeraient si Hitler faisait
une folie. La
folie, il l’a commise : il a attaqué l’Union
soviétique et il a été
vaincu. Je pense que tout cela va se terminer par une folie et,
malheureusement, un grand massacre. A ce moment là, il sera mis
fin à cet état
d’hypnose dans lequel vit le monde. On sait très bien, par
exemple, que, si les
Etats-Unis attaquent l’Iran, nous assisterons à une
confrontation extrêmement
grave dans tout le Moyen-Orient. Avec même des
conséquences dans les pays
occidentaux, avec le cours du pétrole. C’est pour cela du reste
qu’ils hésitent
tellement !
S.C.- Donc ces guerres
« dites préventives », voulues
même par des personnalités qui se disent humanitaires,
comme Pascal Bruckner et
Bernard Kouchner, par exemple, ne mènent pas vers le meilleur
des mondes !
Jacques
Vergès : Non.
Vous n’avez qu’à voir, actuellement, cette prétendue
« guerre contre le
terrorisme ». Qu’est-ce que c’est que le
« terrorisme » ?
Ce n’est pas une entité. J’ai fait la guerre dans l’armée
française
libre ; j’étais artilleur. L’artillerie n’était pas
une entité. Il n’y
avait pas une artillerie contre une infanterie. Il y avait une
artillerie allemande
et une artillerie française. Les
« terroristes » sont différents
entre eux. Les gens de l’IRA et les gens
d’Al Quaida ne sont pas les mêmes.
Les gens de l’ETA et les Corses ne sont pas
les mêmes. Mais, au nom du
« terrorisme », on justifie tout.
S.C.- Pour les peuples sous
occupation ou agressés, n’y a-t-il
pas un droit international à se défendre ?
Jacques
Vergès : Cela
s’appelle la résistance. Le mot terrorisme a été
utilisé pour la première fois,
en France, par les Allemands, pendant l’occupation.
S.C.- Comment expliquer,
dès lors, que le Parlement européen ait
inscrit - avec l’accord de tous les partis, de l’extrême gauche
à la droite -
le mouvement du Hamas sur la liste des « organisations
terroristes »
à la demande d’Israël et des Etats-Unis ?
Jacques
Vergès : Parce
que, à mon avis, on vit sur une équivoque. Quand on
examine les crimes de
l’Allemagne nazie, je disais, au cours du procès Barbie :
« avant de
le juger, essayez de balayez devant votre porte ». La
Gestapo a commis
moins de crimes en France que la France n’en a commis en
Algérie. Ou bien que
les Russes n’en ont commis en Afghanistan, ou que les Américains
n’en ont
commis au Vietnam. Et on me répond « non, nous sommes
une
démocratie ». Mais une démocratie est capable
de crimes. Il y a cette équivoque :
la démocratie ne serait pas capable de crimes ! Au
contraire. Près de la
Nouvelle Zélande, vous avez une île qui est plus grande
que la Suisse, la
Tasmanie ; il n’y a plus de Tasmanie. La dernière
tasmanienne est morte en
1977, détruite par les colons anglais. Prenez les Peaux Rouges,
les Incas, les
Aztèques, tous ont été détruits ;
c’étaient des civilisations
florissantes. Donc, les démocraties sont capables de crimes
aussi bien que les
dictatures. Avec des circonstances aggravantes dans le cas des
démocraties :
c’est que l’opinion est avertie. On me dit « mais il y a la
liberté de la
presse ». Mais alors, cela aggrave la responsabilité
de l’opinion.
S.C.- Je crois que l’opinion
n’est pas avertie !
Jacques
Vergès :
Pendant la guerre d’Algérie, la torture, nous la
dénoncions. A Abou Graib, tout le
monde est censé savoir ce qui s’est passé,
les photos sont passées sur les télévisions.
S.C.- L’opinion a
été pré-conditionnée :
ne lui a-t-on pas présenté la guerre comme
« un moindre mal » ?
Jacques
Vergès : Mais
l’histoire « du moindre » mal n’excuse pas cette
inhumanité gratuite,
et l’opinion le sait, et l’opinion démocratique n’a pas
réagi.
S.C.- Auriez-vous pu
imaginer, il y a quinze ans, que les choses
se passeraient de la sorte ?
Jacques
Vergès : Oui,
à partir de la chute du mur et de la chute de l’URSS, où
les Etats-Unis se
retrouvaient être les seul maîtres, avec, à leur
tête, des dirigeants incultes.
Ce n’est pas étonnant que les dirigeants allemands et
français aient été contre
la guerre en Irak. La France et l’Allemagne ne sont pas des îles.
Chirac a une
expérience du monde arabe. Il était officier en
Algérie, il sait ce que c’est
qu’une guerre de libération. Les Américains ne savent
pas. L’Amérique est une
île. La couche éclairée de la côte Ouest et
Est, peut-être, le savent. Mais
l’Amérique profonde, du Nebraska à l’Arkansas, l’ignore.
Je disais à des
Serbes, à Belgrade : comment voulez-vous expliquer à
un type de l’Arkansas
que le Kossovo est le berceau de votre
nation ?
Eux, ils n’ont pas de nations. Ils n’ont pas d’histoire.
S.C.- Voulez-vous dire que
les barbares sont de retour ?
Jacques
Vergès : Oui,
bien sûr. Je pense que jamais l’humanité n’a vécu
une époque aussi sauvage
qu’aujourd’hui. En Europe,
il y avait certaines règles ; aujourd’hui on ne les
respecte plus.
S.C.- Qui peut faire
contrepoids à l’unique superpuissance
américaine ?
Jacques
Vergès : Au
point de vue militaire, personne. Mais au point de vue
économique, beaucoup de
pays le peuvent. La guerre n’est plus seulement militaire aujourd’hui,
elle est
hors normes. Il suffit que deux tours s’effondrent à New York,
sous les coups
d’une organisation qui n’a pas de territoire, pour que les compagnies
d’aviation américaines déposent leur bilan. Il suffit
qu’il y ait des manœuvres
chinoises sur le détroit de Formose pour que la bourse de Taipei
s’effondre. A
la fin, mêmes soumis, la télévision, les journaux,
devront dire certaines
choses. L’opinion est très lente à changer de point de
vue, mais elle se
réveillera. Un jour, elle changera de point de vue.
Silvia Cattori :
Qui sont
les propriétaires des démocraties occidentales
aujourd’hui ? Qui commande
réellement ? Vers qui les peuples opprimés
peuvent-ils encore se
tourner ?
Jacques
Vergès : Dans
nos démocraties, ce sont les dirigeants des grandes
sociétés. L’exemple est
typique : quand les biscuiteries « LU »
licencient leur
personnel, les grévistes s’adressent à M. Jospin,
qui était alors le
premier ministre, et celui-ci leur répond « Que
puis-je
faire » ? Effectivement, il ne pouvait rien faire dans
le système
actuel.
S.C.- Donc les gens ne
peuvent plus rien y changer ?
Jacques
Vergès : Si,
mais pour changer il faudra vraiment de grands bouleversements.
S.C.- Actuellement, le
rapporteur spécial du Conseil de l’Europe, le
procureur suisse Dick Marti, chargé
de faire la
lumière sur l’existence des « prisons
volantes » de la CIA, se débat
avec les gouvernements qui sont réticents à lui fournir
les informations.
Pensez-vous qu’il va pouvoir arriver au bout de son enquête ?
Jacques
Vergès : S’il
le veut, il peut y arriver. Quand on s’acharne, la vérité
finit toujours par
éclater : il y a toujours des témoins. Il
réussira à condition qu’il
accepte d’être isolé et d’être insulté. Je
lui souhaite beaucoup de chance.
source