Ils
se levèrent contre la servitude

Fernand Nouvet
Le chevalier
de Saint-Georges
Joseph de
Bologne est né en 1745 en Guadeloupe où la famille de
son père est installée depuis un siècle. Sa
mère est un esclave d’origine sénégalaise.
Son père lui fait poursuivre ses études à Bordeaux
et l’y rejoint en 1755. En
1761, il est officier de la garde du roi. Ami des principaux
compositeurs de
l’époque, il suit une carrière musicale de premier ordre.
Mais malgré sa
réputation, qui lui permet de diriger le théâtre
privé de la marquise de
Montesson, il est bloqué dans son ascension. Saint-Georges noue
des contacts
avec les cercles abolitionnistes, puis participe à la
création de la Société
des Amis des Noirs. Quand éclate la Révolution
française, il s’engage dans la
garde nationale. En septembre 1791, Saint-Georges défend la
Révolution avec un
corps de troupes composé d’hommes de couleur qu’il dirige.
Après une
incarcération en novembre 1793, il est libéré en
octobre 1794. Il part à Saint-Domingue
guerroyer contre les Britanniques avant de revenir à Paris
où il décède le 10
juin 1799.
L’abbé
Grégoire
Élu
député du clergé aux états
généraux de 1789 et par la suite
nommé évêque constitutionnel de Blois, c’est sur sa
proposition que la royauté
est abolie par la Convention. Ses combats portent sur tous les
fronts : la
reconnaissance des droits des juifs, l’égalité des droits
des hommes de
couleur, l’universalité de la langue française sur le
territoire national et le
développement de l’instruction publique. Il a créé
le Conservatoire national
des arts et métiers. L’Empire le voit, au Sénat, comme un
opposant qui le 2
avril 1814 dépose un projet de déchéance de
Napoléon. En décembre 1989, pour la
clôture des manifestations du Bicentenaire de la
Révolution, l’abbé Henri
Grégoire est entré au Panthéon.
Le
commissaire Sonthonax
Léger
Félicité Sonthonax est né en 1763 à
Oyonnax. Il se lie avec
la Société des Amis des Noirs. Après la
reconnaissance, le 28 mars 1792, par
l’Assemblée nationale de l’égalité des droits pour
tous les hommes libres de
couleur, des commissaires civils sont envoyés dans les
îles faire appliquer la
loi. Sonthonax part à à Saint-Domingue avec deux autres
commissaires. Le 29
août 1793, de sa propre autorité, Sonthonax proclame
l’abolition. Avec l’aide
de Toussaint-Louverture, il parvient, à stabiliser la vie
politique. Le coup
d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) met fin à sa
mission.. Il est arrêté,
envoyé en exil à La Rochelle, incarcéré en
janvier 1801 à la Conciergerie, exilé
en 1803 à Orléans puis à Fontainebleau avant de
revenir dans la capitale. Il
meurt en 1813 à Oyonnax.
Toussaint-
Louverture
De son vrai
nom François-Dominique Breda, il est né le 24 mai 1743
sur l’habitation Breda à Haïti. Fort d’une aptitude
à analyser rapidement une
situation, ses compagnons de servitude lui ont donné le nom de
Louverture à
cause de sa vivacité et de son intelligence. À
trente-trois ans, il est
affranchi. Et quand éclate la rébellion des esclaves
conduite par Bouckman,
dont il fut un des lieutenants, il a quarante-huit ans. Toussaint
Louverture
est devenu, dès 1794, le chef de l’armée noire. Il
apporta son appui aux
commissaires civils délégués par
l’Assemblée nationale dont l’autorité était
menacée par les Blancs qui voulaient livrer le pays aux Anglais.
Il fut fait
général de brigade, puis commandant en chef par la
Convention et le Directoire
et chassa les Anglais de l’île dont il assura avec succès
le gouvernement
général. Arrêté sur ordre de Bonaparte le 7
juin 1802, il est déporté et
emprisonné au fort de Joux en Franche-Comté où il
meurt le 7 avril 1803.
Louis
Delgrès
Né
à Saint-Pierre de la Martinique le 2 avril 1766, Louis
Delgrès
entre dans l’armée des républicains en Martinique et
devient capitaine en 1793.
Après la prise de la Martinique par les Anglais, il est fait
prisonnier puis
libéré. En Bretagne, il participe à la formation
du bataillon des Antilles. De
retour en Guadeloupe, il s’opposera par les armes au
rétablissement de
l’esclavage par Bonaparte, alors qu’il commandait la garnison de
Basse-Terre.
En 1802, après une farouche résistance au Fort de
Matouba, où il s’était retiré
avec les derniers combattants de la liberté, il se fait sauter
avec
l’avant-garde des troupes du général Richepance,
envoyé par le premier consul,
plutôt que de subir à nouveau la servitude.La
mulâtresse Solitude
C’est la plus
connue des combattantes de la liberté pendant
l’épopée Delgrès. Enceinte et sur le point
d’accoucher au moment de sa capture
par les troupes du général Richepance, celui-ci attendra
l’accouchement de la
mulâtresse avant de donner l’ordre de la mettre à mort.
Solitude a réellement
existé. Mais ce que l’on sait d’elle relève
principalement de la légende. Elle
est née aux environs de 1772, du viol de sa mère par un
marin sur le bateau
négrier qui l’emmenait en Guadeloupe. Elle a vécu les
huit premières années de
sa vie avec sa mère qui s’était enfuie de sa plantation.
À son adolescence,
elle choisit de lutter contre l’esclavage, Après avoir
marronné, elle prend le
nom de Solitude.
Victor
Schoelcher
En 1830, lors
d’un voyage en Amérique où son père, riche
fabricant
de céramique, l’avait envoyé pour trouver des nouveaux
contrats Victor
Schoelcher prit conscience des horreurs de l’esclavage.
Révolté, il entreprit
de voyager et de visiter d’autres parties du monde pour comprendre la
façon de
vivre des autres. Tout naturellement il commença aussi à
écrire. En 1848,
Victor Schoelcher impose l’idée pour laquelle il se battait
depuis :
abolir l’esclavage. Député puis sénateur de la
Martinique, ce républicain a dû,
sous le Second Empire, vivre en proscrit. Ce n’est qu’à la chute
de Napoléon
III qu’il quitte l’Angleterre, tout comme Victor Hugo, pour rentrer en
France,
où il milite pour l’abolition de la peine de mort. Victor
Schoelcher est mort
le 25 décembre 1893.
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