Les
routes de l’esclavages : un
héritage non soldé

par
Aigle
Royal
"Lorsqu’ils
(les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de
Guinée et abordèrent à
Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver
des rues bien aménagées
bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux
rangées d’arbres :
ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de
champs
magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes
éclatants dont ils
avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au
sud, dans le Royaume du Congo,
une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands
Etats bien
ordonnés et cela dans les moindres détails, des
souverains puissants, des
industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des
os ! Et toute
semblable était la condition des pays à la côte
orientale, la Mozambique, par
exemple". C’est ainsi que l’ethnologue allemand Léo
Frobénius (1873-1938),
qui a entrepris près d’une douzaine d’expéditions en
Afrique noire (Cf.
Histoire de la civilisation africaine - Léo Frobénius -
traduit par Back et
Ermont, Gallimard, Paris 1938) décrit l’Afrique telle qu’elle
fut découverte
par les européens au XV siècle. Et ce n’est pas le seul
témoignage occidental.
Nos
livres d’histoire
sont emplis de mensonges. Ils ne racontent pas l’histoire telle qu’elle
s’est
déroulée mais telle que ceux qui nous dirigent voudraient
qu’elle soit connue
de tous. On dénigre et on qualifie de révisionniste toute
tentative d’enrichir
les comptes rendus historiques en présentant une vision
élargie des faits. Mais
en ce qui concerne la Traite des Noirs, l’ampleur du crime est telle
que même
les mensonges ne suffisent plus. Alors, on utilise une méthode
plus
expéditive : on la passe sous silence. Elle ne devient plus
qu’un fantôme
dans les cours scolaires et une vague rumeur pour les nouvelles
générations.
Les élèves en ont tous entendu parler mais ne l’ont
jamais vue nulle part,
encore moins étudiée.
Pourtant,
s’il n’y avait qu’un seul crime à retenir de toute l’Histoire de
l’Humanité,
ce serait sans
aucun doute la Traite des Noirs. Il n’y a pas de mots pour
décrire l’indicible
mais, il y a des degrés dans la barbarie et au musée des
horreurs, la Traite
des Noirs occupe la place la moins enviée.
Cependant,
même ci l’horreur et le dégoût nous submergent, cela
ne justifie pas qu’il lui
soit accordé une si petite place dans nos bibliothèques,
nos librairies ou nos
livres d’histoire. Comment peut-on décemment croire qu’un crime
d’une telle
ampleur n’ait laissé aucune trace aujourd’hui, si ce n’est un
résidu de racisme
envers les Noirs ? Comment peut-on décemment croire qu’un
crime d’une
telle ampleur n’ait eu aucune conséquence d’ampleur
équivalente sur l’évolution
de l’Europe,
de l’Afrique et des deux Amériques jusqu’à nos
jours ? Comment peut-on
décemment croire qu’un crime d’une telle ampleur, fait majeur du
millénaire
écoulé, n’ait pas changé par contrecoup la face du
monde à tout jamais ?
Car
il n’en
est rien. Les conséquences de la traite négrière
dépassent largement le
domaine, pourtant déjà vaste, du racisme. Et disons le
tout de suite : on
ne peut comprendre pleinement le monde d’aujourd’hui tant que l’on n’a
pas
compris ce qui s’était passé. Au-delà la
chronologie des faits, analyser la
traite à travers ses causes et ses conséquences peut
être grande d’enseignement
pour notre présent et notre avenir. Pourtant, c’est un exercice
rarement
effectué.
Esclavage
sans frontières
Les
grecs et
les romains ont largement pratiqué l’esclavage à travers
l’Europe
et le Moyen Orient. Cependant, l’esclavage était vécu
comme étant le sort
naturel de ceux qui avaient été vaincu à la
guerre. Ainsi, les romains
faisaient des esclaves de ceux qu’ils avaient vaincus sur le champ de
bataille.
Même s’il a revêtu des formes inhumaines (combats de
gladiateurs par exemple),
l’esclavage romain n’était pas dirigé contre une race ou
un peuple en
particulier, l’esclave ne l’était pas forcément toute sa
vie, et en général ses
enfants naissaient citoyens romains. De plus, l’esclave n’était
pas écarté de
la vie publique, de l’éducation etc. N’est-ce pas Cicéron
qui disait que
"les hommes diffèrent par leur savoir, mais ils sont tous
égaux pour leur
aptitude au savoir. Il n’est pas de race qui, guidée par la
raison, ne puisse
parvenir à la vertu".
Avec
le
triomphe de la religion chrétienne en occident et de la religion
musulmane en
orient, il n’est plus possible de réduire en esclavage ses
vaincus lorsqu’ils
sont coreligionnaires. L’Europe
et le Moyen Orient se tournent alors vers les slaves païens
(le terme esclave n’étant qu’une déformation du mot
slave) et profitant de leur
vulnérabilité, les capturent par des rapts dans les
Balkans et autour de la mer
Noire. Certains d’entre eux sont vendus au Maghreb qui
déjà pratiquait la
traite négrière transsaharienne. Venise fut l’une des
nombreuses plaques
tournantes de ce trafic.
Lorsque
les
Européens s’intéressent à l’Afrique
sub-saharienne, au XVème siècle, leur
expérience esclavagiste est déjà grande.
Dès leurs premiers
« contacts » en 1441, les portugais
opèrent des razzias sur le Rio de
Ouro et ramènent des esclaves à Lisbonne. Or, c’est
précisément à cette époque
qu’un changement géopolitique majeur va avoir lieu en Europe.
En 1453, la prise de Constantinople par les Turcs et l’expansion de
l’Empire
Ottoman vont couper l’approvisionnement en slaves. Immédiatement
se pose la
question de savoir à quel substitut recourir. C’est du Vatican
que viendra la
réponse. Le Pape Nicolas V, considéré aujourd’hui
comme l’un des meilleurs de
son ordre, va autoriser, par sa bulle Romanus Pontifex en date du 8
janvier
1454, le roi du Portugal Alphonse V dit l’Africain à pratiquer
la traite et
l’esclavage des Noirs avec la bénédiction de Dieu,
c’est-à-dire en toute
légalité.
Traite
des Noirs
Tous
les
chiffres donnent le vertige.
Cependant,
la traite négrière pratiquée par les
Européens revêt une double particularité.
La première est son caractère productif. C’est en effet
la première fois que
l’on emploie des esclaves à grande échelle pour procurer
de grandes quantités
de produits à l’Europe
et faire fructifier de grandes fortunes : c’est le début de
l’exploitation
de l’homme par l’homme, dans le but d’assouvir sa cupidité.
Et
la
seconde son caractère racial.
On
entend
beaucoup, lorsque l’on parle de la traite des Noirs, des "penseurs"
bien (mal) intentionnés nous dire sans vergogne que tous les
peuples ont été
victimes et coupables d’esclavagisme et que par conséquent, les
compteurs sont
plus ou moins remis à zéro. Toutefois, je reprendrai ici
ce que j’ai déjà dit
ailleurs. Les Africains n’ont pas été les seuls à
souffrir de l’esclavage au
cours des âges. C’est vrai. Aussi vrai que les Juifs n’ont pas
été les seuls à
souffrir du génocide nazi. Mais il n’y a que les Juifs qui sont
morts par
millions dans les fours crématoires. Et il n’y a que les
Africains à avoir été
réduits en esclavage par dizaines de millions pendant de longs
siècles. On ne
peut se permettre tous les raccourcis.
On
entend
aussi beaucoup dire par ces mêmes "historiens" que ce sont les
Noirs
qui vendaient leurs semblables. Ce point est important et il faut
prendre le
temps de l’analyser. Car des générations de noirs aux
Etats-unis, aux Antilles,
en Amérique du sud et...en Afrique ont été
éduquées dans cette version de
l’histoire, entretenant une rancoeur aussi profonde que sourde à
l’encontre des
Noirs africains ou de leurs ancêtres. Ils les tiennent pour
responsable de la Traite
car c’est ce qu’on leur a enseigné, le rôle des
Européens s’étant limité à
acheter ce que les Africains leur proposaient, de toute façon.
Voici
ce
qu’en dit Olivier Pétré-Grenouilleau professeur à
l’université de
Bretagne-sud : "C’est parce que la traite était profitable,
dans le
contexte africain, que des négriers noirs offrirent à
leurs homologues
occidentaux et orientaux, les captifs que ceux-là ne
souhaitaient ni ne
pouvaient forcer les marchands africains à leur vendre (...) Cet
infâme trafic
n’aurait pu être mis en place s’il n’avait rencontré
l’intérêt de négriers
africains disposant d’une réserve d’esclaves, fruit de guerres
inter-africaines
incessantes à certaines époques"( Cf. La Documentation
Française, Les
traites négrières, Olivier
Pétré-Grenouilleau). Il est intéressant de noter
que
personne n’a jamais prouvé l’existence de négriers
africains avant l’arrivée
des Européens. En fait, il n’a jamais été
établi que l’esclavage ait un jour
existé en Afrique précoloniale [1].
Il faut bien saisir que si l’on peut parler
aujourd’hui de la Traite des Noirs, c’est parce qu’il y a des preuves,
des
documents authentifiés. D’ailleurs combien d’européens y
auraient cru
autrement ? Comment peut-on dès lors se permettre autant de
légèreté en
annonçant comme vérité l’esclavage (et donc des
négriers noirs) existait déjà
en Afrique sans preuve ? Mais en supposant que les négriers
n’existaient
pas avant l’arrivée des européens, d’où ont-ils pu
« surgir » tout à
coup pour faire du commerce d’esclaves avec ces derniers ? En
fait, les
Européens arrivent littéralement avec une arme de
destruction massive :
l’arme à feu. Celle-ci leur a permis de s’assurer de deux choses
fondamentales.
La première est leur supériorité militaire sur les
Africains (comme sur les
peuples indiens du nouveau monde). Mais la seconde est plus redoutable
encore : l’approvisionnement illimité d’une main d’œuvre
gratuite pour
exploiter les ressources des Amériques.
Après
la
découverte du nouveau monde, les Européens
tentèrent sans succès de réduire en
esclavage les peuples précolombiens. Ces derniers, souvent
habitués aux hauts
plateaux, souffrent du climat insalubre des plaines, sont victimes des
massacres européens, des conditions inhumaines de l’esclavage et
des maladies
importées par les colonisateurs disparaissent presque
complètement à grande
échelle.
la
livraison
massive d’esclaves noirs pour s’occuper de leur « nouveau
monde »
Car
il ne
s’agissait pas encore aux XVIème siècle de
conquérir l’Afrique par la force (ce
qu’ils feront plus tard) En effet, en apportant l’arme à feu
Contrairement
à ce que l’on enseigne, il n’y avait pas plus de "sauvages" en
Afrique qu’en Europe
à la même époque.
On
se
demande alors comment ces négriers africains ont pu avec les
Européens.
Pourtant, Liliane Crété, auteur de "La traite des
nègres sous l’ancien
régime" (éd. Perrin), va même plus loin en ajoutant
que : "Il
faut reconnaître que les Africains furent en partie responsable
de leurs
malheurs".
Même
Mme Crété le confirme : "La
prolifération des armes à feu
facilita l’incorporation forcée des petits Etats dans les
grands. L’expansion
territoriale par la force devint le moyen par excellence d’accaparer le
pouvoir
économique de l’ordre nouveau". Pour se rendre compte de
l’importance de
ce phénomène, il vous suffit d’analyser la courbe
exponentielle de la
production d’armes à feu en Europe
à cette époque. Pour le Golfe du Bénin par
exemple, J.
B. Inikori avance le chiffre de 283 000 armes à feux introduites
entre 1750 et
1807. Selon Richardson, c’est près de 180 000 fusils qui furent
introduits par
an durant les années 1730 sur la côte des esclaves. Pour
beaucoup, ces
estimations sont encore en dessous de la vérité. Mais je
voudrais encore vous
donner cet autre exemple. M. Poncet alors Gouverneur de
Gorée en mai 1764,
a averti le ministre des Colonies français de ses intentions qui
visaient à
entraîner le Damel Madior et le Buurba Dyolof, deux royaumes
africains, dans
une guerre intestinale farouche, afin d’affaiblir les deux souverains
pour
qu’ils ne soient pas en mesure de s’opposer à la
pénétration française (Cf.
Becker (Charles) et Martin (Victor), Kayor et Baol : royaumes
sénégalais
et traite des esclaves au XVIIIème siècle, Revue
française d’histoire
d’outre-mer, tome LXII, 1975). Que dit alors M. Poncet, je vous
laisse
apprécier : "Kayor appartient à Damel dont je suis
sûr, nous sommes
entièrement liés d’intérêts... Pour celui
d’Yoloff dont le roy se nomme
Bourba-Yolof, je ne sçai s’il me fera quelques
difficultés, mais s’il ne veut
pas s’arranger avec moy, je luy ferai faire la guerre par Damel. Les
Roys de
Cayore et de Yoloff sont ennemis dès l’instant qu’ils sont Roys,
Bourbayoloff
ayant intérêt de l’affoiblir. Je leur ferai assez bien
sentir leur intérêt et
je donnerai à Damel des Présents de poudre et de balles
afin de l’engager à
attaquer Bourbayoloff, je pourrois même lui fournir un
détachement et du canon
de campagne".
Pire,
que la
plupart des historiens (presque toujours occidentaux) soient si enclin
à
déformer la vérité
Il
y a
toujours plusieurs versions dans le mensonge mais il n’y a qu’une seule
vérité.
Il
y a un
point commun à ces historiens qu’ils soient noirs ou blancs. Ils
adoptent tous
le point de vue européen de la Traite. Or, quand on sait que
c’est avant tout
l’Europe
qui en a profité, on a le devoir de rechercher un autre point de
vue. Mais la
recherche de la vérité n’est pas leur souci. La plupart
d’entre eux sont
obsédés par la question des réparations. Sylvie
Brunel de l’université Paul
Valéry à Montpellier ne s’en cache pas : "Beaucoup
d’africains ont
tiré parti du commerce de leurs semblables (...) le continent
noir incarne
aujourd’hui toute la misère du monde (...) Qu’il faille
coopérer avec l’Afrique
l’aider à sortir de la pauvreté et du
sous-développement ne doit pas pour
autant s’exercer au nom d’une prétendue "réparation" d’un
passé pour
le moins trouble" (Cf. Revue, L’histoire n° 280 S, P. 79).
Je
ne
reviendrai pas sur les propos d’un certain Max Gallo mais j’insiste sur
le fait
que cette vision fausse est largement véhiculée
aujourd’hui.
De
l’aveu
même de l’abbé de Castelli, alors préfet de la
Martinique en 1844 qui dresse un
constat cinglant 4 ans avant l’abolition définitive de
l’esclavage en 1848, il
n’y a jamais eu d’enseignement religieux destiné aux esclaves.
Voilà d’ailleurs
ce qu’il écrit lui-même :
"Le
mouvement de la propagation religieuse est NUL OU PRESQUE NUL, en
comparaison
de ce qu’il devrait être dans la situation actuelle".
Et
pour la
Guadeloupe, il poursuit :
"Osons
le dire, l’instruction religieuse et morale des esclaves, si fortement
recommandée par les ordonnances royales et les prescriptions
ministérielles, si
impérieusement prescrite surtout par les divins préceptes
de l’évangile, est
NULLE à la Guadeloupe" (Cf. M. L’abbé de Castelli,
De l’esclavage en
général et de l’émancipation des Noirs. Les mots
en lettres capitales, le sont
dans le texte original).
Origine
du racisme
Fondamentalement,
le racisme est une vision du monde qui refuse d’admettre l’unité
de l’espèce
humaine et qui prétend que cette espèce est et sera
toujours divisée en races
supérieures et en races inférieures. Le mécanisme
à l’œuvre dans le racisme
consiste à mettre au compte de la nature des situations
d’inégalité résultant
de l’histoire.
Nous
avons
énormément de mal, aujourd’hui, à nous en rendre
compte, car c’est ainsi qu’il
nous est présenté, mais le racisme n’a rien de naturel.
Il est vrai que dans
les sociétés primitives et les premières
civilisations, l’"autre" a
toujours été l’objet de préjugés. En
général, il s’agissait de préjugés
culturels ou religieux. Mais ces préjugés étaient
valables étaient
indifféremment positifs et négatifs. On
dépréciait mais aussi on valorisait les
autres cultures et parfois, au gré des échanges, on
adoptait de nouveaux dieux.
Cette conception de l’autre a longtemps prédominé.
Mais
tout a
changé avec l’affirmation en Europe
du catholicisme et au Moyen Orient de l’islam. Le
catholicisme européen a justifié la persécution
des juifs et des
protestants [2],
puis il est parti en croisade contre
l’islam, à l’appel du Pape. C’est un changement majeur dans la
mesure où pour
la première fois on a justifié les massacres et les
guerres à partir de
préjugés religieux. Pour échapper à leur
bourreau, beaucoup de juifs ou de
protestants ont fui ou accepté de se convertir. Mais il ne
s’agissait pas
encore de racisme.
Lorsque
la
religion s’est affirmée en Europe,
vers le XI me siècle, ce fut le tour.
Esclavage
et capitalisme
Les
premiers
soubresauts capitalistes datent du moyen âge.
La
Traite
des Noirs a assuré l’émergence puis le triomphe et la
domination idéologique du
capitalisme comme formule économique en Europe
et aux Amériques. Et ceci en lui fournissant au moins deux
points d’appui
Le
premier
est un appui direct. La Traite était très rentable pour
les Européens et ce à
toutes ses étapes. Elle a enrichi les négriers, les
planteurs et les états
esclavagistes. Ces derniers ont utilisé ces profits dans la
recherche,
l’industrie et la banque, en tant que client ou propriétaire, ce
qui a permis
puis soutenu les énormes investissements nécessaires plus
tard à la première
révolution industrielle.
C’est
avec
le sang de l’Afrique et le continent des pris aux indiens que l’Europe
a bâtit sa fortune. A partir de là, elle avait pris le
dessus, économiquement
et militairement, sur toutes les autres civilisations du monde.
Dés lors, la
civilisation occidentale put coloniser tous les autres continents, en
commençant par l’Afrique qui fortement affaiblie et
désorganisée n’était plus
en mesure d’offrir une véritable résistance. Mais ce fut
bientôt le tour du
Moyen Orient, de l’Asie toute entière et des aborigènes
d’Australie.
La
situation
n’était plus tenable lorsque la résistance sur le
continent africain devint de
plus en plus forte et que les conditions de vie dans les plantations
conduisaient de plus en plus souvent les esclaves à se rebeller
quitte à
mourir. C’est le salariat qui offrit une porte de sortie. Il est
intéressant de
le noter car le salariat pratiqué dans les états
américains du nord à pendant
quelques temps « concurrencé » l’esclavage
pratiqué dans les états
américains du sud.
Les
mille maux de l’Afrique
Réparations
Aujourd’hui,
l’occident et le monde arabe doivent reconnaître que ce n’est pas
l’Afrique qui
est endetté face à eux mais eux qui le sont face à
l’Afrique. Car c’est avec le
sang de l’Afrique, son énergie vitale, ses
générations d’hommes jeunes et en
bonne santé que c’est constitué la fortune de l’Occident.
conclusion
Car
à fermer
les yeux sur notre passé, on s’interdit la réconciliation
entre peuples. Pire,
on autorise l’histoire à se répéter.
Réconciliation ou répétition ? Nous
demeurons entre deux eaux et le "racisme ordinaire" en est le rappel
constant. Nous ne pouvons nous permettre de répéter les
erreurs du passé. Mais
vouloir ignorer notre passé c’est fermer les yeux en face d’un
soleil
éblouissant et affirmer que le soleil n’existe plus. Puis
chercher à les
rouvrir en croyant qu’il a effectivement disparu.
Il
y a
quelques années, un pasteur noir américain avait un
rêve. Il s’appelait Martin
Luther King et il a donné sa vie pour la réconciliation
entre Blancs et Noirs.
Dans sa grande sagesse, il avait compris le danger d’un héritage
non soldé et nous
a lancé un avertissement clair : "Nous devons apprendre
à vivre comme
des frères ou périr comme des idiots" ("We must learn to
live
together as brothers or perish together as fools ").
P.S.
Cet
article est volontairement dense. Je conseille au lecteur qui
s’y intéresse de le lire plus d’une fois.
La
traite négrière européenne :
vérité & mensonges, JP
Omotunde, éditions Menaibuc.
Les
routes de l’esclavage,Claude Fauque - Marie-Josée Thiel,
[1]
Depuis peu, on sait que l’Egypte et la Nubie des Pharaons, dont nombre
de
Royaumes africains furent les héritiers, n’ont pas
pratiqué l’esclavage. Leurs
pyramides étaient construites par des bâtisseurs qui
travaillaient librement,
non sous les claquements du fouet mais sous les regards bienveillants
des
medecins du chantier. De Toute évidence, les égyptiens
n’avaient pas la même
conception de la vie que nous.
[2]
Alors même qu’au début de notre ère, les
chrétiens ont eux-mêmes été
persécutés
pour leur culte