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Grand
Rivière dans ses couleurs végétales et ses
senteurs marines
En arrivant sur le pont de Grand Rivière, pont suspendu dans le
vide,
il fait le lien, unissant un bout de terre qui vient de la montagne,
à
un autre bout de terre, qui s’en va vers la mer, en s’insérant
dans le
milieu, et on perçoit d'emblé la singularité du
lieu et la beauté des
environs. Ce vide attire inexorablement le regard, et on perçoit
alors
cette rivière qui s'écoule, en de
régulières sonorités claires, et le
bruit de l'eau douce s’acheminant vers l’embouchure, rappelle
étrangement le son produit par un robinet d'eau froide ouvert
à fort
débit, la rivière gronde et dévale...
Tout doucement, la
fraîcheur du lieu s'insinue en nous, l’humidité
s’instille dans nos chairs et la peau se retrouve caressée, les
poils
se hérissent et un léger tremblement agite le dos. Puis
en avançant, le
bruit tonitruant qu'émet le pont sous les roues de la voiture,
nous
fait dévirer le regard et nous ramène à la suite
de notre parcours,
nous faisant prendre conscience de la couleur vert pistache de la
rambarde. Une coloration qui curieusement, semble faire corps avec la
végétation chatoyante des hauteurs. Le spectacle offert
à notre vue est
saisissant, les yeux sont attirés par ce camaïeu de vert,
du vert dans
les toutes les tonalités tropicales et dans son
exagération de variétés.

On peut y voir des
teintes de vert bouteille assez soutenues et qui
donnent une certaine profondeur à l'endroit. Tandis que les
nuances
émeraude confèrent au cadre une certaine
préciosité, qu'il faudrait
conserver et préserver tel un bijou. On y voit aussi
brossées de ci et
de là, des petites touches de vert lumière qui irisent
l’air, et
distillent de la gaîté, donnant de la
légèreté à l'atmosphère.
Subrepticement, au
regard vient se mêler l'odeur de cette végétation
dense et humide. Les narines se retrouvent alors assaillies par les
effluences de terre en germination, et c'est comme si par ces
émanations terreuses, la nature tenait à marquer,
à rappeler à l'homme
sa force fécondante et c'en est tel, que cette terre brune, on
la
sentirait poudre entre les doigts.
En franchissant le
pont, une autre odeur nous assiège le nez, les
effluves marins nous cernent, picotant et nous attirent inexorablement
vers le front de mer.
Et devant
l’immensité bleue, on respire à la fois l'iode de
l'Atlantique et celui de la mer des caraïbes. La mer se
mélange à
l’océan et fait tempête dans nos narines. On exhale les
odeurs du
large, on sent le poisson, l’océan halène la
marée. Sous l'effet
combiné de ces senteurs marines la peau se réchauffe, les
pores se
dilatent afin de se laisser pénétrer par ces
oligo-éléments
bienfaisants et vivifiants. On a alors l'agréable sensation de
se
retrouver dans une vaste cure de thalassothérapie à ciel
ouvert.
Mais le corps ayant
été ainsi mis agréablement en éveil, il est
temps
de rentrer dans la ville. Il est temps d’aborder les habitants de Grand
Rivière, il est temps de rencontrer les Riverains afin de se
nourrir de
leur histoire.
Emmanuelle
Deschè
24/04/2006
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