MUMIA
ABU-JAMAL

100 000
euros
pour sauver un innocent
Une
décision judiciaire, rendue en décembre dernier, ouvre de
nouvelles
perspectives en faveur de Mumia Abu-Jamal, journaliste noir
américain condamné
pour un crime qu’il n’a pas commis. Raison de plus pour participer
à la
souscription nationale lancée par le comité de soutien
unitaire.
Il
faut tirer le journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal du
couloir de la mort.
Il y reste enfermé, malgré les preuves de son innocence
et l’iniquité de son
jugement. Contre l’acharnement de l’État fédéral,
la mobilisation a largement
favorisé les avancées enregistrées par la
défense sur le plan juridique. En
décembre dernier, la Cour d’appel fédérale a rendu
un jugement permettant de
donner une suite favorable aux recours engagés. Pour la
première fois depuis
1982, date de la condamnation de Mumia à la peine de mort pour
l’assassinat
d’un policier blanc qu’il a toujours nié, une cour a
autorisé les avocats à
présenter de nouveaux documents portant sur plusieurs points
fondamentaux.
Cette décision est la plus importante après celle de
décembre 2001 conduisant à
la suspension provisoire de la condamnation à mort, car elle
ouvre la
possibilité d’un nouveau procès.
Maître
Robert Bryan, l’avocat principal de Mumia, a déposé un
mémoire en trois points.
D’abord, les droits de l’accusé ont été
bafoués par l’accusation. En faisant
miroiter aux jurés la possibilité de nombreuses
procédures d’appel, le juge les
aurait incités à choisir la sentence de mort au
détriment du bénéfice du doute.
Deuxièmement, le choix des jurés fut entaché d’un
abus de droit. De trop
nombreux jurés furent récusés, en particulier les
jurés afro-américains. Depuis
l’arrestation jusqu’à aujourd’hui, le racisme a d’ailleurs
plané sur toute la
procédure. Enfin, le juge qui condamna Mumia a eu lui-même
un comportement
partisan et raciste, n’hésitant pas à
déclarer : « Je vais les aider
à faire griller ce Nègre. »
Ces
avancées sont un encouragement. Mais ce combat judiciaire ne
peut continuer
qu’à deux conditions. La première, c’est que le soutien
militant que reçoit
Mumia pour faire reconnaître son innocence et pour sa
libération doit
s’amplifier. La solidarité internationale a
énormément contribué à faire
hésiter les administrations successives de Washington. Toutes
les initiatives
qui aident à faire connaître ce combat sont les
bienvenues. Le fait d’avoir
élevé Mumia au rang de citoyen d’honneur de la ville de
Paris, ou encore celui
d’avoir donné son nom à une rue comme cela sera fait
à Saint-Denis
(Seine-Saint-Denis), le 29 avril prochain, complètent les
actions de
popularisation, de pétitions - comme récemment à
Tremblay-en-France où un
nouveau comité de soutien s’est créé -, les
meetings, les manifestations
et les rassemblements hebdomadaires du mercredi, place de la Concorde.
La
deuxième condition, c’est l’argent. Dans le temple du
capitalisme, l’injustice
sociale et raciale concerne tous les domaines de la
société. Le recours
victorieux d’un condamné à mort coûte en moyenne
trois millions d’euros. Plus
d’un million d’euros ont déjà été
dépensés pour Mumia. Les procédures en cours
coûteront environ 10 000 euros par mois. Alors pour aider
à le sortir des griffes
du système politico-carcéral, le collectif unitaire
national de soutien à Mumia
Abu-Jamal, qui regroupe 80 organisations et auquel participe la LCR, a
décidé
de lancer une souscription de 100 000 eu-ros. Pour la libération
de Mumia,
contribuez à la souscription.
Eric
Perreux
Souscription
solidarité Mumia
2006
est l’année de l’espoir pour sortir Mumia du couloir de la mort.
Donnez-lui les
moyens de défendre son innocence en adressant vos dons par
chèque à l’ordre de
« MRAP solidarité Mumia », à MRAP
solidarité Mumia, 43, boulevard de
Magenta, 75010 Paris.