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PROCES et CALVAIRE de la MERE de Nadège K.

  zapi

Descriptif : Je vous livre ici le récit d’une demoiselle (Nadège K.) dont la mère a été, comme à son époque le fût Joseph K. dans le "procès de KAFKA", victime de l’absurde, l’absurde d’un procès dont le chef d’accusation est la noirceur de sa peau. Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à cette histoire, car nos mères respectives pourraient subir les mêmes désagréments malgré nos "Passeports français". J’ai demandé à cette personne de faire publier la tourmente vécue par sa maman afin que le monde sache ce qui se passe dans le pays le plus respectueux des droits de l’homme, parangon de la liberté et de la moralité où l’absurde est le quotidien de milliers de personnes dont le seul tort est de vivre. 

Lisons plutôt ce qui suit...

MBOA


Nadège K. raconte :


Bonjour à tous,

J’ai tenu à vous faire partager cette histoire car j’estime qu’il en va du respect des droits de chacun nous.

Ma mère voyageait au départ de JFK, New York le jeudi 2 Février 2006 au soir à destination de Pointe Noire au Congo avec escale de 2 heures à paris le vendredi 3 Février matin.

Son vol de New York ayant atterrit en retard, sa correspondance n’a pu être assurée....

Dans un cas pareil la compagnie (Air France dans ce cas précis...) doit assurer la réservation des passagers sur le prochain vol qui dans le cas de ma mère ne décollait pas avant dimanche 5 Février à 23h15. Air France devait alors assurer l’hôtel pour les passagers jusqu’au jour du départ...

Malheureusement pour ma mère c’était le début d’un cauchemar qui ne prit fin que le Dimanche 5 Février au décollage du vol !

Les agents d’Air France ont tenté comme le règlement l’exige de loger ma mère dans un hôtel à proximité de l’aéroport hélas les officiers de douane ont simplement dit à ma mère qu’elle n’avait pas le droit d’entrer sur le territoire Français car aucun visa ne lui en donnait le droit.

Ma pauvre mère tente alors de leur expliquer que sans le retard du vol d’Air France, elle ne se serait pas retrouvée dans cette situation "irrégulière"...Mais en vain... car d’après les dires de l’officier des douanes qui s’occupait de son cas, le seul moyen d’entrer sur le territoire était de faire une demande officielle de visa depuis le pays d’origine !!!!! Donc la décision était irrévocable : ma mère était coincée entre les mains des officiers.

Elle avait beau leur dire qu’elle avait des enfants Français vivant en France dont une fille à paris même...rien à faire.

L’officier a tout bêtement répondu que les africains représentaient un risque migratoire donc il était impossible qu’elle sorte de l’espace international sans visa. Cela dit pour refuser un visa il faut une demande officielle ; il lui fallait donc remplir une demande officielle de visa...Ma mère a fait la demande de visa qui lui a été bien entendu refusé sur le champ ! L’affaire était donc résolue pour le flic.

L’officier avait ajouté que de toute façon elle n’aurait pas pu entrer sur le territoire même avec un visa valide car son visa US était expiré !!!!

Il avait tiré cette conclusion parce que le visa US figurant dans le passeport de ma mère était valide jusque fin Octobre car au départ de Pointe noire elle avait obtenu un visa US d’un mois qui a tout simplement été prolongé à l’immigration de JFK lui donnant ainsi le droit de rester 3 mois à aux Etats Unis. Dans ces cas un coupon est agrafé dans le passeport avec la nouvelle date d’expiration du nouveau visa...ce coupon est retiré du passeport lorsque le voyageur quitte le pays, ainsi il ne reste aucune trace du nouveau visa dans le passeport.

Ma mère d’une soixantaine d’années s’était rendue à New York pour les obsèques de mon oncle. Elle a été traitée comme une criminelle et malgré son billet valant 4000 dollars Air France l’a abandonné à son sort.

La suite de l’histoire n’est pas réjouissante....

Ma mère est restée au poste de police de Roissy CDG de 10 heures à 16h-17h sans avoir pu passer un coup de fil, sans avoir bu ou manger et sans qu’aucun de ses enfants n’ait été contacté.

A la question pourquoi ne nous a t-on pas mis au courant que mère était détenue, les officiers nous ont répondu que ma mère n’avait pas demandé à passer un coup de fil.

Nous parlons là d’une femme d’une soixantaine d’année vivant au Congo donc ne connaissant pas les règles de la France. Je pense qu’il aurait été HUMAIN de la part des officiers de lui PROPOSER d’appeler ses enfants qu’elle ne cessait de citer.

Vers 16h-17h ma mère a été emmenée au ZAPI 3 (zone d’attente pour les personnes en instance. Une fois au ZAPI, une carte téléphonique lui a été remise et c’est ainsi que nous avons été mis au courant de la situation par notre mère vers 18h00 après qu’elle ait mangé car je le rappelle qu’aucune boisson ni repas ne lui avait été proposée durant sa détention au poste. Sans mentionner qu’avec le froid qu’il a fait ce vendredi 3 Février ma mère qui prévoyait d’atterrir au Congo à plus de 30 degrés était légèrement vêtue donc elle avait très froid arrivée au zapi ou 2 petites couvertures et un drap lui ont été remis. Elle avait tellement froid que l’un des résident lui a prêté des chaussettes.

Nous avons passé la soirée du vendredi à téléphoner un peu partout...Air France, les officiers de Roissy CDG, le ZAPI, le ministère de l’intérieur et le ministère des affaires étrangères pour dénoncer cette injustice mais rien ! Seule info utile le ministère des affaires étrangères nous a informé que ma mère ayant résidé France entre 1986 et 1990 avait toutes les chances d’obtenir le visa qui lui avait été refusé... Et comme nous étions prêts à faxer nos passeports et justificatifs de domicile pour que ma mère puisse sortir de cet endroit, le ministère nous a conseiller de voir cela avec l’officier de car de Roissy.. hélas celui n’a rien voulu savoir...

Nous avons simplement eu affaire à des gens insensibles, fatigués des problèmes lier à l’immigration, inhumains et incompétents qui nous ont tous dit qu’elle était en situation irrégulière, et qu’elle devait donc rester en Zapi. Une fois la décision prise, elle ne pouvait être changée.

Habitant et travaillant à Lille, ma soeur et moi n’avons pu nous rendre à Paris que le Dimanche 5 Février en début d’après midi pour nous trouver face à une porte fermée d’où sortaient de temps en temps des officiers. Aucun dialogue n’a été possible car ils étaient tous (les officiers de garde au zapi) dans un bureau derrière une porte et nous dans le couloir où nous devions remplir des formulaires pour nous identifier. Un officier a jugé utile de nous informer que les visites terminaient à 18hoo et après 30minutes nous avons pu voir notre mère.

La cerise sur le gâteau c’est que ce lieu qui nous avait été décrit au téléphone comme une résidence hôtelière...n’est autre qu’une prison "moderne" car nous n’avons pas pu voir notre plus de 30MINUTES dans une pièce à part surveillés par un flic... comme en prison.

Et un fois la visite terminée ma mère a été fouillée au détecteur devant nous !!!! Avant d’être ramenée dans sa chambre que n’avons pas pu visiter. Nous n’avons même pas pu lui dire au revoir avant son embarquement parce que elle devait être escortée du zapi 3 à la zone d’embarquement comme une voleuse....QUELLE HONTE !

En quittant le ZAPI, nous étions très triste. Mon fiancé était présent, ma soeur qui vit à paris et ma soeur de Lille avec son mari et leurs 2 enfants de 8 et 3 ans aussi. Rien de tout ça ne pouvait attendrir ces officiers à qui on apprend certainement plus à détester qu’à aider.

Nous n’étions pas rassurés car pour avoir travaillé 1 an comme agent d’escale à Roissy CDG, je sais comment sont traités les passagers clandestins à l’arrivée et à l’embarquement des vols. Et je suis bien au courant de l’attitude de certains officiers.

Une fois chez elle à Pointe-Noire, ma mère nous a fait un compte rendu sur la suite des événements.

Pour un vol long courrier comme celui de ma mère prévu à 23h15, l’enregistrement commence 3h avant le décollage...

Ma mère a quitté le ZAPI vers 20h-30...mais n’a pas embarque avant 22h50-23h00...

Vers 22h ma mère s’inquiétant de ne pas être escortée pour l’embarquement demande aux officiers ce qu’il en était...ces derniers lui ont répondu qu’il fallait tout mettre en règle avant qu’elle n’embarque.

Vu la lenteur à laquelle les officiers traitaient son cas, ma mère anxieuse pris soin de mettre les choses au point car elle ne souhaitait pas rester un jour de plus au ZAPI. Les officiers lui ont répondu en ricanant " maman t’es pas bien avec nous ici...tu veux déjà nous quitter ?..."

Ma mère répondit que si elle ratait son vol par leur faute, elle ne resterait en aucun cas au ZAPI...et les officiers se sont tous mis à rire.

Ce n’est que vers 22h45_ 23hoo que ma mère a été escortée dans son vol.....

Voyez donc que ma pauvre mère aura souffert jusqu’au bout...

Dans quel pays vivons nous ou une femme de 60ans se retrouve malgré elle coincée à Roissy et est traité comme une hors la loi.

Comprenez bien que dans cette histoire nous ne contestons par les règles mais nous contestons qu’un cas isolé soit traité comme un cas général sous prétexte que le pays d’origine de la personne fait partie des pays représentant un risque migratoire important.

Je fais appel tous pour faire changer les choses en faisant en sorte que les droits des uns et des autres soient respectés. Donnez moi des idées, des adresses afin de dénoncer cette injustice commise dans un pays dit des "droits de l’homme" à la mère de ressortissants Français.

Merci.
Nadège K .