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DISONS NON AU VAMPIRISME COLONIAL

colonial

Hubert VEDRINE (1), ancien ministre français des affaires étrangères affirmait, je cite "Il faudrait actualiser, rendre légitimes les formes modernes de protection ou de tutelle sous mandat du conseil de sécurité réformé".

Vous en penserez ce que vous en penserez, mais les propos de l’ancien ministre de la France étayent les gesticulations de la France (Tutrice auto désignée et autoproclamée de l’Afrique aux Nations unies) de maintenir sa main basse (lire MONGO BETI) sur le continent et en l’occurrence sur des pays dits Francophones. C’est cela passer aux aveux !!!

En d’autres termes, l’ONU cette organisation qui ne concerne en rien les Africains, car née des cendres des deux guerres Occidentalo-occidentales, n’est qu’un camouflage, un masque qui sert de caution aux puissances colonisatrices pour couvrir leurs exactions sous le sceau de la respectabilité.

Une organisation de vampires dans laquelle des accords sont passés entre membres pour sucer du sang. C’est ainsi que tel crime ne sera pas décrié par un des gourous, lui permettant de commettre le sien ailleurs, nous parlerons de Neutralité de forfaits par accords.

D’ailleurs pourquoi si ce machin est sensé représenter toutes les Nations, les Africains n’occupent-ils aucun siège décisionnel ? Pourquoi est-ce que c’est la France qui doit parler au nom de l’Afrique ? Il serait temps que les Africains commencent à interroger ce qui leur paraît comme des évidences.

Poursuite du vampirisme !

Si nous analysons les propos de VEDRINE Hubert, il est clair que la France, sous le sceau de l’ONU, cherche à obtenir un mandat en bonne et due forme de colonisation sans plus essuyer quelconque reproche de pays colonisateur par excellence comme c’est le cas aujourd’hui. Quel aveu que celui-là, Hubert VEDRINE nous dit qu’à ce jour encore la colonisation française continue de tourner à plein régime. Alors nous pouvons sans ambages dire que les pseudos accords de coopération sont des contrats occultes entre voyous.

Le principe même du contrat suppose l’accord de volonté, mais lorsque celui-ci est vicié, entaché de quelque manière, on le dénonce et n’a plus d’existence.

Dans son ouvrage, Mamadou COULIBALY (président de l’assemblée de Côte d’Ivoire) fait une excellente dénonciation de ces accords, ce qui vaut d’ailleurs toutes les turlupinades et turpitudes à ce Pays. [Les servitudes du pacte colonial paru chez Nouvelles éditions Ivoiriennes]

Le cas Ivoirien est le cas de toute l’Afrique en général et dommage que les Africains n’aient pas saisi l’occasion, lorsque les Ivoiriens ont décidé d’affronter les Français en 2004 pour, comme un seul homme dire BASTA à l’occupant qui, plus méprisant que jamais, revient renforcer sa présence et promet d’être plus cruel à l’avenir.

Que cherche donc encore la France en Afrique alors que les Africains ont toujours et continuent d’exprimer, aujourd’hui encore plus qu’hier leur ras le bol d’une pseudo coopération, d’une coopération exsangue, qui n’est autre qu’une vaste machination macabre d’appropriation des richesses d’un continent, d’un vampirisme à outrance exposant aux pires sévices, les populations africaines, hélas avec le concours de certains Africains dont l’appel du gain surpasse la dignité.

Le soulèvement il y’a 2 ans des Ivoiriens est s’il en était encore besoin, l’expression de ce refus de la pseudo coopération, refus de la pseudo aide de la France bref refus de ce pacte entre sorciers et vampires, refus du vampirisme colonial français.

Pourquoi la France ne se retire-t-elle pas du continent puisque ce retrait lui permettrait de s’occuper de sa propre population en proie aux diverses problèmes de pauvreté ? Les sans-abri, le paiement des retraites etc.….le sempiternel argument est que la coopération coûte chère au contribuable français, quelle tartufferie une fois de plus.

Hier le Gaullisme avec son maître d’ouvrage Jacques Foccart en passant par le Mitterrandisme, sans oublier Giscard au passage, et aujourd’hui la Chiraquie, la France poursuit son objectif qui est celui de la défense de l’Empire colonial français.

Oui la France ne se conçoit que comme un Empire et rien d’autre et toute son organisation n’obéit qu’à cette logique, qu’à cette structure coloniale.

C’est pour cela que, pour refuser toute indépendance, toute liberté aux Africains, meurtres des indépendantistes africains et coups d’Etat viennent en renfort à une coopération déjà suffocante.

Je ne suis pas francophone, je suis africain qui parle aussi le français !

La Francophonie, cet instrument de la coopération française pour asseoir sa mainmise sur le continent cause considérablement un tort aux africains et il serait temps de lui opposer une fin de non recevoir pour des raisons identitaires.

Car définir les Africains comme Francophones d’un côté, anglophones ou lusophones de l’autre, c’est refuser, nier leur identité aux Africains et ne se contenter des identités hybrides et bâtardes que le colon nous a données.

Parler les langues venues d’ailleurs est en soi une bonne chose car ceci facilite le contact, le rapprochement entre les individus, mais avec ce préalable de connaître la sienne et ne pas en avoir honte. Seulement lorsque la démarche ne se fait toujours que dans un sens et pas dans l’autre, plus grave encore lorsque son identité se définit par les valeurs de l’autre, il y’a une dénonciation et une renonciation à faire pour se plonger dans ses propres valeurs et aller vers l’autre en étant soi même et plus fort.

Pas plus tard que quelques jours, monsieur Chirac refusait d’assister à une réunion de l’UE parce que son compatriote a osé s’exprimer en Anglais, n’est-ce pas le refus de subordination à une valeur qui n’est pas la sienne ?

Refuser la Francophonie c’est refuser la subordination et non refuser de parler le français, Refuser la francophonie c’est donner la primauté à nos auteurs d’abord et non refuser de lire les auteurs occidentaux,

Refuser la francophonie c’est faire part belle à notre culture et non vivre en autarcie, c’est refuser d’être les meilleurs VRP et VIP de la culture, de l’identité des autres et de très mauvais promoteurs de nos valeurs propres.

Refuser la francophonie est une question d’existence ou de mort, car si nous continuons à ce rythme, c’est notre identité (existence) qui disparaîtra à jamais.

Le temps est maintenant venu pour les africains d’imposer à la France leur refus de la colonisation française et occidentale en générale, car le constat est hélas amer, cette présence coopérative n’a fait que trop durer avec son lot de désolations, génocides, meurtres, pillages, violences chez les africains.

Comme, Où et Quand je veux !

Telle est la devise de la France en Afrique. A tout moment lorsqu’une envie de sang lui arrive, elle se lève et frappe sans impunité et celui qui bouge : je tire !

Fidèle à son propos et à sa logique, le Tchad vient d’essuyer des tirs au nom des accords de coopération et militaires,de la protection des ressortissants français et surtout des intérêts français, bien sûr, après avoir pris le soin d’armer les parties sur place, elle joue au pompier pyromane et on nous parle de tirs de sommation, mais nous savons que ces tirs sont pour éviter le syndrome ivoirien.

Cette fois le président Chirac n’a pas attendu le soulèvement des populations ce qui nuirait à l’image déjà écornée et écorchée de son pays par différentes affaires internes, pour envoyer des tirs de rafales sur le Tchad, fort de ce qu’il affirmait déjà des mois auparavant en ces termes près : « la France riposterait désormais avec l’arme nucléaire contre quiconque s’en prendrait aussi à ses sources d’approvisionnement en plus de la menace terroriste ». Lors de la visite d’un centre nucléaire si mes souvenirs sont exacts.

Les Africains doivent enfin comprendre que la recherche effrénée des intérêts (sources d’approvisionnement) est le leitmotiv de cette recherche de permis de colonisation en bonne et due forme par la France et que les seules personnes, les vraies, capables de les protéger sont les Africains eux-mêmes.

Pour conclure voilà ce que dit René MARAN (2) dans sa préface de BATOUALA : « Civilisation, civilisation, orgueil des Européens et leur charnier d'innocents, tu bâtis ton royaume sur des cadavres. Tu es la force qui prime le droit, tu n'es pas un flambeau mais un incendie »

Nous avons l’obligation de méditer sur ces propos fort révélateurs de ce que cache la présence française en Afrique.

Et davantage sur les propos de MAMADOU KOULIBALY, je cite : « Mais la France doit également avoir à l’esprit qu’avec la prise de conscience du peuple de Côte d’Ivoire, et sa maturité politique de 2005, débarrassée des complexes du colonisé des années 60, aucune démarche de passage en force, même par voie diplomatique, ne peut constituer une solution durable à la complexe situation qui est le résultat de la volonté de Paris de mettre au pas la Côte d’Ivoire. La jeunesse de Côte d’Ivoire est à l’image de celle du Togo, du Bénin, du Mali, du Burkina, du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, du Congo et de tous les pays colonisés en Afrique par la France. Les aspirations de ces jeunes sont les mêmes, et le grondement est identique d’un bout à l’autre de l’Afrique. Jouer à la sourde oreille, ou vivre dans la chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler comme dans les années 60, est pour la France et pour nos dirigeants africains actuels, un risque considérable dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à mesurer. »

MBOA