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Antillais/Africains
Le succès médiatique du Cran semble inciter
P. Karam et de R. Confiant et certains
antillais à proférer des paroles qui démontre d'un
racisme anti-africain. En
France, un noir quelle que soit son origine doit faire quatre fois plus
de
boulot que ses collègues blancs, prouver ses capacités, a
des difficultés
d’accéder aux postes à responsabilité, au logement
et aux loisirs. C’est ce que
montrait l’émission pièces à conviction de
dimanche soir. C’est bien de cela
qu’il s’agit et on ne sera jamais assez nombreux pour lutter contre ces
discriminations.
Nous assistons depuis quelques jours à une prolifération
d’inepties concernant
le sujet de la première commémoration en France de la
libération des Nègres
durant la période de l’esclavage. Quelques individus essaient
par tous les
moyens de répandre la haine au sein des communautés et
tout ceci à des fins
personnels. La question de la libération des nègres est
un sujet trop sérieux
pour qu’elle serve de tremplin individuel, il faut que chacun de nous fasse preuve de
rigueur, d’objectivité pour ne pas se laisser engluer
dans de telles incohérences.
Ces propos dignes de ceux de l’extrême droite montent qu’il
existe toujours au
sein des communautés noires des zones d’ombres sur l’histoire de
l’esclavage,
et cette méconnaissance devient par conséquent la source
de toutes les
fourberies et aliénations mensongères actuelles. Ce qui
est encore plus grave,
c’est de voir que chez certains intellectuels, l’existence de
confusions sur
les faits historiques concernant l’esclavage des nègres.
Affirmer que la commémoration concerne en «
priorité » les Antillais est un non
sens et suppose une comparaison des souffrances entre les millions de
familles
africaines déchirées et razziées (sans compter les
impacts irréversibles sur
les sociétés) pendant ce système et les conditions
des esclaves (qui en grande
majorité étaient eux aussi des africains) sur les plantations aux
Antilles, ce qui me semble être une abomination totale au regard
de tous ces traumatismes !
Qui étaient donc ces esclaves ? Comment se
considéraient-ils ? Qui étaient les
leaders des nombreuses révoltes qui ont permis la fin du
phénomène esclavagiste
?
Devant de
telles calomnies à l’égards des traumatismes
infligés par ces êtres humains, il
devient utile de faire un petit rappel sur certaines faits afin que
plus jamais
la mémoire de nos descendants, antillais et africains que nous
sommes
aujourd’hui, puisse être souillée par des bouffons et
aliénés sans scrupules
qui cherche par tous les moyens d’assouvir les objectifs personnels.
Déportés africains
Pour ce qui est de
l’esclavage et de la traite négrière, il a
été décrété crime
contre l’humanité et non crime contre les Antillais. Chacun
d’entre nous est
concerné, blancs, noirs, jaunes, ce n’est pas une
exclusivité des habitants des
Doms.
Quant à la
prétendue complicité des africains dans
ce commerce, il faut que chacun
se fasse une idée objective de la question en se
référant aux travaux scientifiques
sur le sujet. Nul ne demande aux noirs de se ressembler et surtout pas
aux
antillais de ressembler aux africains. On est en démocratie,
chacun a le droit
d’adhérer au mouvement dans lequel il trouve son compte.
Penser
que tous les africains vivant en France sont des sans papiers,
polygames,
exciseurs n’est pas faire preuve d’ouverture d’esprit. Ce n’est pas
à certains
de renvoyer aux noirs, comme un certain LEPEN leur identité
africaine.
D’ailleurs, ceux qui font des cris de singes dans les stades, refusent
de
recruter les noirs et de louer leur appartement ne font pas dans le
détail. La priorité est ailleurs, pour que nos enfants et
petits enfants n’aient
pas à souffrir de discriminations du fait de leur couleur de
peau.
Bamini
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Au
nom de quoi, au nom de qui ?

La loi
Taubira stipule : « La République
française reconnaît que la
traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans
l’océan Indien d’une
part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à
partir du xve siècle, aux
Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en
Europe contre les
populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes
constituent un
crime contre l’humanité. »
L’esclavage
des Nègres s’est perpétré et
perpétué aux Antilles et non en
Afrique. Les Africains ont
participé de manière active à la traite
négrière et ce pendant plus de quatre
siècles. Nous ne sommes pas dans cadre d’une complicité
passive, mais dans une collusion
ou dans un rapport marchand, qui c’est traduit par le fait que des
roitelets ou
des princes africains ont trouvé intérêt à
vendre les leurs (voisins) pour de la pacotille.
L’esclavage
des nègres et leurs abolitions ne s’est pas
déroulé en Afrique mais bien aux
Antilles et dans l’Océan indien, et dites-moi au nom de quoi et
de qui les descendant des
bourreaux voudraient s’approprier
aujourd’hui cette
commémoration ?
En ce qui
concerne la Martinique et la Guadeloupe, ce ne sont pas les Africains
qui ont
initié les révoltes mais les créoles. Par
ailleurs, les siècles nous séparent
de l’Afrique, depuis que des princes africains ont décidé
de se séparer d’une
partie de leur population. Cette attitude est singulière, c’est
la seule partie
du monde où cela c’est produite, c’est la seule
« race » qui a agi
ainsi.
Aujourd’hui
un continent nous sépare, les Antillais se sont
constitués une mythologie, une
histoire sans l’Afrique, nous n’avons pas besoin de l’Africain pour
résoudre
nos problèmes, nous le faisons sans eux, et ce depuis des
siècles et nous
continuerons à le faire sans eux.
Nous considérons
que les Africains sont tout
aussi
responsables que les Européens dans la tragédie qu’a
vécu nos ancêtres, et à ce
titre nous sommes enclins à leur dénier tout droit de se
mêler des questions
à propos de l’esclavage
aux Antilles françaises et des commémorations.
Nous
ajoutons, que nous n’irons
pas vers un communautarisme fondé sur la couleur de peau, pas
plus que nous
nous déterminerons en fonction du regard de l’autre, ni ne
fonderons une
communauté sur la tare de l’autre. Nous avons
survécu
à la faim, au fouet, à l’humiliation,
à la barbarie, alors nous croyons que nous sommes suffisamment
forts pour
résister à la discrimination.
Quant aux
succès
médiatiques du CRAN dont vous faites allusion dans
votre lettre, nous
savons tous qui détient et contrôle « ces
médias aux ordres qui se parlent
à eux-mêmes », et nous savons aussi qui a
initié le CRAN : ce sont les mêmes…
Et comme ces « médias qui se parlent à
eux-mêmes », le CRAN se parle
à lui-même, mais il ne parle, ni ne parlera en notre nom.
Que
les
Africains s’occupent des Africains et de l’Afrique, les Antillais
s’occuperont
des Antillais et des Antilles.
Merci
pour votre sollicitude, mais nous nous en passerons.
Tony
Mardaye
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