Bonjour
aux
« métros »
comme moi...

Voici maintenant un mois que j'ai
commencé à enseigner à la Martinique
et j'en ai déjà marre ! Alors, deux
solutions :
-
soit je fais un appel massif
d'enseignants métros (comme on nous appelle ici)
- soit je pars et vite !
Je choisis la 1e solution. La 2è est trop facile et moi je ne capitule pas... Je
suis dans ce qu'ils
appellent la plus belle
région de
la Martinique : celle du sud. Ah oui, les plages (bof ! quand on
voit la
Baule ou Nice on n'a pas à rougir). Mais alors ... les
écoles pffff....
Heureusement que j'ai des amis, de véritables amis, ceux qui
vous accueillent vraiment, autrement que
les
martiniquais.
D'abord le recteur. Un accueil bien fait à la
pré-rentrée. Des mises en garde
qui ne sont pas fausses. L'inspecteur vous met à l'aise. Il
fait
franchement le point avec vous et vous indique les écoles
les plus sûres.
On arrive aux écoles et les circonscriptions. Savez-vous
que celles qui
marchent le mieux sont dirigées par des
métros, c'est-à-dire des gens comme
moi ? Entre les directeurs: « je fais
semblant car je veux qu'on me foute la paix » (Marin A),
« grande école
qui me dépasse » (en camée Rivière
pilote), « les blancs n'ont pas leur
place » (la Renée Rivière-pilote), « petits
chefs racistes» (bourg et maternelle
de Sainte-anne), « gros lard faignant, et 1 con
pétant » (Barrière la
croix), « frimeuse je sais tout mais je ne
fais rien » (Cap féré), et
j'en passe. C'est Sainte-Anne qui a
la palme avec son pseudo-maire écolo-indépendantiste
qui n'aime pas les
blancs mais qui va en «
Métropole
» à longueur d'année avec le fric du contribuable.
Oui, parce que moi je vais
y contribuer puisque l'an prochain, en bon citoyen, je vais payer des
impôts. Et son drapeau qu'il affiche sur sa mairie et tout le
monde est content, le directeur de
Barrière la croix, celui du bourg et celle du Cap
féré. Les établissements sont
dégueulasses, malgré la pression des enseignants et des parents, rien n'est fait.
On doit
tout payer de notre poche. Et il y a même une conseillère
indépendantiste dans
une des écoles. Elle est partout avec ses
élèves, mais ne fait rien avec
eux. Dès la rentrée, elle apprend des trucs en
créole, mais ne se soucie pas
des enfants qui ne le parlent pas. Le climat à la maternelle est
exécrable. Une
enseignante fait office de directrice (la titulaire est gravement
malade
et c'est une métro) et fait la pluie
et le beau temps. Comme elle est
minoritaire, elle fait du racisme et répète aux
métros devant les bambins
qu'ils ne sont pas chez eux).
Bonjour les dégâts pour nos enfants ! Enfin
leurs
enfants parce que moi j'ai mis les
miens ailleurs sur les conseils de mes amis qui travaillent sur
place.
Entre eux, ils se méfient. Les femmes sont les pires... car les
hommes sont
trop occupés par leurs conquêtes
hors-mariage. Heureusement, nous sommes
plus solidaires, nous trouvons vite une
solution au problème de l'un
ou de l'autre. Eux, non.. ils font
durer, traînent, s'emmêlent les pédales...
avant de
demander secours à l'inspecteur, blanc bien sûr !
Et les brigades qui ont choisi de faire des remplacements et qui
se
plaignent dès qu'on leur donne une affectation. Eh bien,
ils préfèrent
rester « au chaud » (c'est le cas de le dire) dans
leur école de
rattachement à « aider le directeur » ou
mieux: prennent un congé de maladie
! Et puis on les croise au
super marché, du moins au centre commercial (à
dépenser, leurs grasses
indemnités).
Oui, nous aimons la mer, et alors ? Sinon on ne viendrait pas ici.
Eux,
ils n'en profitent pas, c'est leur problème. Ils ne demandent
pas les villes
côtières car ils préfèrent
enseigner à Fort-de-France ou dans les
environs. C'est « mieux », il y a des centres
commerciaux. Tant pis pour
eux. Ils nous laissent alors leurs campagnards, leurs populations
des
petits bleds.
C'est à nous de travailler pour permettre à ces enfants
qui ont de gros
problèmes de langue
: des enfants de 8 ans qui ne
parlent pas le français,
d'autres qui ne connaissent pas une mangue, etc.
Et on ne réagit pas ? Il y a eu des aboiements avant la rentrée parce que le recteur avait
osé
faire rentrer des gens compétents à la Martinique !!! Nous sommes en république
française, jusqu'à nouvel
ordre. Donc nous avons les mêmes droits, même aux
40%. Les martiniquais
vous regardent de haut, vous font
croire qu'ils sont plus intelligents.
Alors, ils parlent créole
et font semblant de s'excuser et n'ont même pas la
politesse de traduire.
Ils friment avec leurs vêtements de marque, mais pleurent
parce que la vie est chère.
Ils disent dans notre dos que nous sommes trop nombreux, mais combien de martiniquais réussissent au concours ?
Je resterai
à la Martinique et ferai venir mes amis «
métros », «zoreilles »
comme moi pour mettre de l'ordre. Et je leur dirai de venir dans
le sud. Après on verra ...
Plus nous serons
nombreux, plus ils nous ficheront la paix. On verra qui est plus
compétent, dans la solidarité et l'éducation.