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Monsieur le Président

 chirac
Jacques Chirac

Le peuple africain-antillais se réjouit de ce début d’ouverture de notre pays, sur ce passé pas très glorieux, qui est celui la traite négrière.

Seuls les grands actes font de grands hommes, cette ouverture va sûrement permettre à la jeunesse issue de ce passé hideux de se construire, non pas dans une victimisation éternelle, ni dans un conflit fratricide, mais dans un devoir de mémoire collectif car l’histoire se répète.

La vérité libère dit-on, ce début d’ouverture permettra aussi de se pencher sur une réparation juste, dans les Antilles. Cette injustice qui priva les descendants d’esclaves d’accéder au foncier doit être étudiée.

Force est de reconnaître que la France n’en sortira que triomphante, puisqu’au delà de « je suis moins coupable que l’autre », c’est le mur de l’ignorance, des bricolages historiques mensongers, du négationnisme qui pointe déjà le nez qui va s’effondrer grâce aux études préconisées par la loi Taubira.

Nous ne pouvons finir cette lettre sans « rappeler » que l’Afrique croupit toujours sous des régimes inhumains et sanguinaires que la France a mis en place après la « décolonisation », nous parlons du régime d’impunité du Congo, le régime sanguinaire de la famille Gnassingbé du Togo parrainé par celui que certains nomment « le négrier contemporain » Charles Debbasch, le régime éternel du Gabon .... .

Aussi, le discours de Nicolas SARKOZY sur les causes de l’immigration clandestine en occultant les ravages du système néocolonial est totalement biaisé et source de mépris pour nous. Le racisme ne peut qu’en être exacerbé. Les politiques qui en découlent sont irrespectueuses des droits économiques, politiques, sociaux et culturels de l’Afrique et de la France.

Nous n’oublions pas Haïti, qui est la plaie vivante de cette traite française.

Dans votre allocution vous avez mis l’accent sur la nécessité de lutter contre l’esclavage moderne, nous vous prenons au mot, et demandons à la France d’arrêter de parrainer ces régimes qui assassinent des milliers d’Africains.

La jeunesse africaine agonise ce qui le pousse émigrer dans notre pays qui n’a plus les moyens de les accueillir.

Pourquoi continuer à faire saigner ce continent qui a connu tant d’oppressions et d’injustices de la part de la France ?

Le meilleur service que vous pouvez rendre à la jeunesse africaine-antillaise, Monsieur le Président, dans le contexte actuel, consiste à cesser le soutien aux régimes sanguinaires et militaires de l’Afrique.

Au nom de nos ancêtres esclaves, dont nous venons de rappeler la dignité et le combat face aux esclavagistes, au nom de Schoelcher, au nom des principes républicains de la France dont vous êtes garant, l’Elysée doit arrêter de soutenir le sanguinaire Faure Gnassingbé du Togo, le pilleur Bongo Ondimba du Gabon, le despote Sassou N’guesso du Congo....

L’immunité accordée par la France à ces régimes liberticides, est une insulte aux humains que nous sommes.

Connaissant votre attachement aux droits de l’homme et au respect des vies humaines, connaissant votre amour pour l’Afrique, nous n’avons aucun doute que vous allez envoyer un signal aux despotes-sanguinaires.

Un signal clair prouvant que la France ne plaisante pas avec la vie humaine, même celle des Africains.

Aimé Césaire disait « une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». En espérant que cette phrase ne s’applique pas à la France,

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations les plus distinguées.

 

Mick Johnson