Migration
internationale : Appel à une solidarité
"authentique" envers
Haïti Résolution du 2e
forum social mondial sur les migrations de juin 2006 en
Espagne

Les 1800
participantes et participants au deuxième forum social mondial
sur les
migrations, tenu à Rivas-Vaciamadrid, Espagne, du 22 au 24 juin
2006,
préconisent beaucoup plus de solidarité, « une
solidarité
authentique » (sincère, concrète) de la
communauté internationale envers
le peuple haïtien, selon les résolutions transmises
à l’agence en ligne
AlterPresse.
Après
plus de 200 ans d’indépendance, l’ancienne plus riche colonie
française de
l’Amérique au XVIIIe siècle enregistre des indices de
développement humain les
plus faibles de la région, de graves problèmes de gestion
publique, de violence
politique, et un niveau accru de délinquance urbaine due
à l’expansion du
trafic de la drogue et à la division de classe qui ronge la
société, relèvent
les délégués.
Ils
notent une multiplication des problèmes internes avec la
déportation des
criminels des Etats-Unis d’Amérique vers Haïti et
l’ingérence permanente des
puissances du Nord dans les affaires internes du pays. Entre 1994 et
2004,
Haïti a souffert de deux interventions étrangères,
rappellent-ils.
Les
délégués du deuxième forum social mondial
sur les migrations estiment à 2 500
000 le nombre d’haïtiens ayant fui le pays, à la recherche
d’un mieux-être. En
même temps qu’elles vendent leur main-d’œuvre à bon
marché, ces personnes ont,
dans la plupart des cas, un statut d’illégales.
En
République Dominicaine, soulignent les participants au
deuxième forum social
mondial sur les migrations, les descendants d’haïtiens ne sont pas
reconnus
comme dominicains et sont victimes constamment de rapatriements massifs
et
violents. Ces 12 dernières années, environ 300 000
ressortissants haïtiens sont
affectés par ces déportations violentes.
A la
clôture du forum, les 1800 délégués,
représentant 800 organisations de 86 pays,
ont résolu de demander à la communauté
internationale de mettre en marche un
plan de retrait des troupes de la Mission des Nations Unies pour la
Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), accompagnée d’une
assistance technique pour
la professionnalisation de la Police nationale haïtienne (PNH), et
aussi de
revoir, avec le nouveau gouvernement, le Cadre de coopération
intérimaire
(CCI), présenté et approuvé à Washington en
juin 2004.
Les
délégués requièrent aussi de la
communauté internationale l’allocation des
fonds, promis à Haïti aux sommets de Montréal et de
Cayenne au cours de l’année
2005, un appui approprié dans la démarche visant à
la restitution de la dette
de l’indépendance, dont le montant exact était de 150 000
000 francs or payés à
la France, dans les années 1820, pour la reconnaissance de
l’Indépendance
d’Haïti (une somme évaluée aujourd’hui à plus
de 21 milliards de dollars
américains).
Les 1800
délégués au deuxième forum social mondial
sur les migrations demandent, en
outre, à la communauté internationale d’ordonner aux
gouvernements américain et
dominicain de mettre un terme aux déportations massives de
ressortissants
haïtiens vers le territoire de la république
caribéenne.
P.S.
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