Croire
de nouveau à l’amour ou
devenir nonne ?
Voila la
question que je me pose à 35 ans. Pourquoi
cette question ?
Cette
réflexion, qui amuse beaucoup mon
ami
Zéphyrin, m’est venue après
une grosse
déception amoureuse. Je ne me suis jamais retrouvée dans
un tel état de
souffrance. Etat que j’ai cherché, vous comprendrez pourquoi
plus loin.
Voila, il
y a quelques mois pour des raisons professionnelles je me suis rendue
dans une île
paradisiaque.
Alors que
je déjeunais avec un de mes fournisseurs, mon
regard fut attiré par une belle paire de
fesses (hé oui les mecs il n’y a pas que vous qui êtes
séduits par de belles
fesses). Il n’y avait pas que les fesses qui étaient belles,
en effet ce
mec était une vraie gravure de mode. Je
me suis dit « il sort d’où ce mec ? Cela fait 4
mois que je suis dans
cette île, j’ai « écumé »
tous les restaurants et je ne l’ai jamais
rencontré ».
Mon
euphorie et mon excitation furent de courte durée car une
espèce de liane
suivait MA gravure de mode. J’étais verte, je me suis dit
à coté je ne fais pas
le poids bien que mon ami Zéphyrin qui se dit fin connaisseur me
trouve
magnifique. Je me suis donc résolue à faire une croix sur
cette personne. En effet, bien que j’avais
la possibilité de
l’admirer tout à loisir, je me suis mis des œillères et
ai poursuivi le
déjeuner comme il avait commencé à savoir me
concentrer sur l’homme d’une soixantaine
d’années qui me faisait face (très gentil au
demeurant mais loin d’être
excitant).
Au cours
du déjeuner, pour une raison que j’ignore mon fournisseur qui me
faisait face
et était donc dos à MON top model se tourne et
l’apercevant me dit « tiens
n’est ce pas mon concurrent Dominique avec mon ancienne
secrétaire ? » Ce
à quoi je
lui réponds « ha bon, je ne l’ai jamais vu mais
je l’ai déjà eu au
téléphone». En effet, il s’avère que j’avais
déjà eu un contact téléphonique
avec MA gravure de mode. Premier
contact qui n’était pas des plus plaisants. Pour moi
c’était un petit con car
il m’avait fait poireauter au bureau un vendredi jusqu’à 20h
alors qu’il
m’avait promis un document pour le début d’après midi. Le
pire c’est qu’il
c’était planté dans sa réponse. Je ne
l’appréciais donc pas vraiment.
Mon
fournisseur fait donc les présentations. J’apprends par la
même que la liane
n’est que son assistante. Je retrouve donc
ma bonne humeur car tout n’est pas perdu. Yes,
yes et yes !
Les affaires reprennent.
Avant que
je ne retourne finir mon déjeuner, Il me dit : - je
t’appelle pour
que l’on déjeune ensemble.
J’étais
impatiente
de le revoir. C’était les grandes vacances donc il a fallu que
j’attende un
mois avant qu’il me fasse enfin signe.
Le jour J
arrive.
Il faut
savoir que je demande à mes
fournisseurs
lorsqu’ils m’invitent à déjeuner de venir me chercher ce qu’ils font de bonne grâce bien que
j’ai
ma propre voiture mais je n’aime pas conduire. Dominique s’est donc
« plié »
à cette règle.
Il
passe la porte de mon bureau et une chose
étrange s’est produite en moi lorsqu’il a posé le
regard sur moi: j’ai eu
chaud, comme je dis souvent à mes amies, j’ai le clitoris qui
s’est mis à
frétiller et j’ai mouillé dans ma culotte. Hé oui
il m’a fait cet effet (jamais
cela ne m’était arrivé auparavant). Il
devait me présenter son activité mais je n’en avais cure.
Je le dévorais des
yeux. J’ai fait mon petit numéro de charme qui a réussi
à le déstabiliser
quelque peu. Toutefois, il a été assez réceptif
aux signaux que mes antennes lui envoyaient
Mais,
il semblerait qu’avec lui j’oscille entre
euphorie et retour sur terre.
En effet,
une grosse déception m’attendait : arrivée à
sa voiture je vois un siège
enfant. Ce qui à vite calmer mes ardeurs car cela voulait dire qu’il n’était pas
libre. Je ne me suis pas trompée. Comment
cela aurai-il pu être autrement vu sa gueule : CANONISSISME.
Il a fait
les choses en grand : m’a emmené dans l’un des restaurants
le plus cher de
l’île. Champagne, excellente nourriture. Somme toute un
déjeuner de 4 heures
fort agréable. Je crois que je ne lui étais pas
indifférente (il me l’a avoué
après) car on n’arrivait pas à mettre fin à ce
déjeuner. Nous étions les
derniers à partir.
Sur le
chemin du retour, je ne sais pas pourquoi mais il fallait absolument
que je lui
dise qu’il m’a tapé dans l’œil. Le
champagne aidant, j’ai tourné les choses autrement en lui
demandant
« as-tu un frère qui te ressemble et qui est
libre ? ». J’avoue
ce n’était pas très fin mais c’était moins direct
que de dire « tu me
plais ». Sa réponse fut « non
je n’en ai pas, mais je suis là moi ».
Hou la la !
Les choses prenaient une tournure dangereuse. Je lui ai dit que je
m’étais mise
une limite : ne pas toucher ce qui est déjà pris.
Mais….
Les
choses auraient du en rester là mais cela n’a pas
été le cas…. La chaire est
faible. Je crois que dès le premier regard j’ai eu un vrai coup
de cœur. Ma
tête me disait fuis et mon cœur vas-y. C’était d’autant
plus difficile de
résister car nous étions amenés à
travailler ensemble.
<>Aussi,
nous
nous sommes beaucoup vus : au moins 3 fois par semaine nous
déjeunions
ensemble. Où il m’invitait à boire un café. Il
avait ce besoin de me voir tous les jours
même 10
minutes. Il m’envoyait un texto tous les
matins pour me réveiller, il m’appelait tous les soirs pour me
souhaiter bonne
nuit. J’étais une vraie princesse et finalement j’ai
partagé cette envie d’être
tout le temps avec lui.
Il
n’était pas question de sexe. Je ne vous cache pas que je
l’aurais violé sur
place ce dès le premier jour que je l’ai vu. A chaque fois que
je le voyais je
mouillais dans ma culotte. J’étais frustrée et j’ai
même cru que je n’étais pas
désirable. Je commençais à douter de mon sex
appeal. Je lui ai donc posé
franchement la
question. Ce à quoi il a
répondu
« je t’aurais mangé toute crue, mais je ne veux pas
précipiter les choses,
il s’agit plus pour moi qu’une histoire de fesses ».
C’était
très difficile mais il avait raison. Prenons le temps de nous
connaître.
Les
sentiments se sont développés et intensifiés d’un
coté comme de l’autre mais
nous n’arrivions pas à franchir le pas qui nous mènerait
vers un contact
beaucoup plus physique. Une délivrance pour moi.
Pfffffffffff !!!!!!!!
Au bout
d’un mois et demi de rencontres tendres,
il m’appelle un soir et me dit,
« je
viens te voir 2 minutes mais je ne peux
pas rester. J’ai quelque chose à te remettre absolument
aujourd’hui ». Il
arrive 10 minutes plus tard me laissant
une enveloppe et s’en va.
Dans
l’enveloppe se trouvait un billet d’avion avec un mot et 100€. Ce mot disait « comme tu le sais,
je
pars dans 1 heure dans une île
voisine pour
le boulot et j’ai envie de passer une partie du week-end avec toi car
j’ai
envie d’être avec toi, 4 jours sans te voir c’est trop long. Je
ne suis pas sur
de pouvoir venir te récupérer à
l’aéroport donc je te laisse cet argent afin que tu payes le
taxi pour te
rendre à l’hôtel ».
Je fus
très mal à l’aise car je
suis quelqu’un
de fort indépendant, j’ai un
rapport
particulier à l’argent : j’ai du mal à accepter que
l’on m’en donne ou
paie des choses pour moi sauf un cadeau bien évidemment. Par conséquent j’ai mal
interprété son geste.
J’ai eu le sentiment qu’il m’achetait.
Je ne
savais pas quoi faire nous étions le lundi et le billet
était du jeudi soir au
samedi soir de la même semaine. J’ai demandé conseil
à une amie qui a été ma
confidente dès le début de l’histoire. Elle m’a dit
« Sylvie vas-y tu en
as envie. Tu vas le regretter, prends ce moment de bonheur qu’il veut
t’offrir ». Je n’étais
pas
convaincue car je voyais plus loin : une relation qui s’installe
mais
risque d’être vouée à l’échec et c’est
moi qui allait payer les pots cassés. Avec
le recul, je me dis qu’à ce moment
précis j’aurais dû tout arrêter.
Mais ne dit on pas que le cœur a ses raisons
que le raison ignore.
J’ai donc
décidé de partir.
A partir
de ce jour est née une très très belle histoire
d’amour. Nous avons passé un
week-end merveilleux : fait de choses simples : allant des
balades au
bord de la plage, restaurants, bars branchés à passer du
temps à rire de tout
et de rien, à regarder la TV. Bref, l’essentiel
était que nous soyons bien. Ou
encore nous roulions sans vraiment savoir
où aller
c’était juste le plaisir d’être la ensemble rien que nous
deux.
ENFIN :
nous passions le cap
Nous
avons eu des rapports intimes durant ces 2 jours. La première
fois n’a pas été
au rendez vous. Je pense que la culpabilité y était pour beaucoup. Une amie
qui a eu une relation avec un homme
marié m’a dit qu’en effet ce n’était pas toujours bien
car il y a ce sentiment
de culpabilité qui est latent.
En ce qui
nous concerne lors de ce week-end les fois d’après ont
été intenses, magiques.
Toute
bonne chose ayant une fin, ces 2 jours ont touché à leur
fin. De retour
dans notre île la relation s’est intensifiée.
Nous
avons réitéré l’expérience des
week-ends : Il m’a encore invité dans 2
autres îles afin de passer des moments rien qu’à nous. Ces moments ont été
délicieux, plein de tendresse,
de générosité et de sexe.
J’ai
baissé ma garde ou bien me suis-je voilée
la face car je pensais que c’était
purement physique mais les
sentiments étaient bien là et très intenses.
Mais voila :
je devais bientôt repartir car j’étais en
déplacement professionnel. C’était
une torture de devoir le quitter.
Puis j’ai
appris que je devais revenir 6 mois plus tard. Quel soulagement.
Mais
je ne voulais pas reprendre la relation
telle qu’elle. Je voulais qu’il me dise ses intentions vis-à-vis
de notre
histoire car j’étais vraiment très amoureuse mais je
n’aurais pas supporté plus
longtemps d’être la deuxième. Je lui ai donc
demandé de réfléchir pendant notre
séparation et de me livrer ses
intentions et j’aviserais.
La
séparation fut très difficile, nous nous appelions tous
les jours, nous étions branchés
sur internet tous les jours vive MSN et la webcam.
Nous étions en manque l’un de l’autre, il
nous arrivait de nous caresser l’un pour l’autre par cam
interposée. C’était
vraiment très fort. C’était également un
supplice d’être séparé.
Il a
connu quelques difficultés avec sa direction qui a fait qu’on
s’appelait de
moins en moins (on s’appelait du bureau et il était
fliqué par son patron).
J’ai très mal vécu ce moment et je suis devenue
exécrable, méchante et ce qui
devait arriver, arriva : il a décidé de tout
arrêter le temps que je revienne,
préférant se
concentrer sur ses soucis de boulot. Nous avons coupé les ponts
pendant un
certain temps et il a craqué en m’appelant.
Il m’a avoué clairement ses
sentiments
pour moi mais aussi sa lâcheté comme
beaucoup d’hommes. Mais il a été honnête et j’ai
apprécié cela. Il m’a dit
« je ne me sens pas prêt à tout plaquer, j’ai
un enfant que j’ai peur de
ne plus revoir (mon amie est d’origine espagnole et j’ai peur qu’elle
ne
veuille rentrer en Espagne). Car souvent les femmes laissées
partent avec les
enfants et privent le père de leurs
droits ». Ce en quoi il n’a pas entièrement tort.
Cela m’a
évidemment brisé le cœur. Nous
sommes
quand même restés en contact. Il faisait tout pour que je
ne l’oublie pas.
<>Moi de
mon coté je commençais
à prendre mes
distances. Un mois
et demi plus tard je suis revenue pour le travail dans cette île.
Nous nous sommes
revus, les sentiments étaient et sont toujours aussi forts. Nous
n’avons pas eu
de relations intimes juste passé du temps ensemble.
Mais cela
me minait de le voir et de ne pas pouvoir le toucher, j’en devenais
dingue, ça
me torturait. J’ai pris une décision très difficile mais
nécessaire pour mon
bien être : Il devait partir à l’étranger
pendant 1 mois pour le travail et tenait
à me voir avant son départ. J’ai
accepté en lui disant que c’était mon déjeuner
d’au revoir car je ne peux plus
continuer à souffrir autant.
Cela a
été la chose la plus difficile que j’ai eu à
faire. J’étais en miettes. Je lui
ai demandé de ne plus me contacter car si
il n’est pas capable de répondre à mes attentes, je ne
suis plus capable d’être
sa maîtresse et encore moins son amie. IL
ne peut pas avoir le beurre et l’argent du
beurre. Ca a été très difficile pour nous deux
mais il y avait un choix à faire
et je l’ai fait même si ça me coûte.
Voila
cela fait quelques jours que la décision a été
prise, je suis toujours autant
amoureuse de lui, il
m’obsède : je
me réveille avec lui, je dors avec
lui.
En fait je pense à lui une fois par jour mais ça dure
24h. Mais je sais qu’au
fond de moi j’ai pris la bonne décision. Je garde une belle
image de cet homme
qui m’a révélé à moi-même, aucun
homme ne m’a jamais regardé comme lui me
regardait. Il a été
très respectueux,
franc, honnête malgré sa lâcheté. Beaucoup
auraient profité de la situation en
sachant les sentiments que j’avais. Lui a refusé toute relation
intime bien
qu’il en mourrait d’envie et moi de même.
Je n’ai
aucun regret d’avoir vécu ces instants de bonheur même si
aujourd’hui je
souffre.
Je
souffre tellement que je ne veux plus aimer, je ne veux plus souffrir.
Je ferme
mon cœur à l’amour. J’en suis
arrivée à
la réflexion du départ : aimer à nouveau ou
devenir nonne ?
J’ai
partagé mes moments de souffrances avec mon ami Zéphyrin.
Il a explosé de rire
quand je lui ai dit que je deviendrais nonne car elles ne souffrent
pas.
Une chose
est certaine elles ne savent pas non plus ce qu’est une bonne partie de
jambes en l’air donc
de vous à moi je ne pense pas que
je ferai un tel
choix : j’ai encore envie d’avoir du plaisir physique c’est trop
bon.
Malgré la
souffrance, comme je l’ai dit j’aurais
aimé faire une voire plusieurs partie de corps à corps
avec MA gravure de mode. Ca a un
goût de trop peu ou de
pas assez et surtout cela commence
à
chiffrer (hé oui ! Je suis humaine et comme vous j’ai mes
envies).
Je crois
que la réponse à mon interrogation est
évidente : l’amour, cette douceur
parfois amère qui fait tant souffrir procure
par ailleurs une grande source de bonheur.
Sylvie Osophé