Située
au centre ouest de l’île de la Martinique, sur le littoral caraïbe, dénommé « la côte sous
le vent », la ville de Fort-de- France se
localise dans une zone contact entre deux milieux
naturels différents (le nord
montagneux et la plaine agricole du
Lamentin).
Dès
1681, la ville avait pour nom Fort Royal et
avait été
désignée comme le
chef lieu de l’île. Sa vocation se cantonnait à un
rôle administratif et militaire, tandis que sa
rivale, la ville de Saint-Pierre, jouissait d’un
rayonnement culturel
et commercial indiscutable. Mais l’éruption de la montagne
Pelée en 1902
changea la donne, Saint-Pierre étant réduite en cendres
et
Fort-de-France devint
la seule grande ville de la Martinique.
Fort-de-France
est aujourd’hui une commune relativement étendue, dont la
topographie en forme de cuvette
ouverte sur le front de mer (la plus grande baie de l’île) est entourée de quartiers situés sur
les parties hautes
comme ceux de Balata, Didier ou Cluny, et ceux situés dans la
partie basse tels
que Texaco, Volga plage.
Actuellement,
les projets urbains font que la ville modifie progressivement son
apparence. Les
changements en cours sont indiqués par une série de
travaux publics, des chantiers ambitieux
d’aménagement urbain
ont été lancés par la nouvelle
municipalité.
D’un
point de vue pratique, cela a pour conséquence, de
créer une circulation automobile en
centre-ville, qui
ressemble plus à un gymkhana, en
raison
de certaines rues totalement ou partiellement fermées, au trafic des voitures.
L’autre
élément révélateur de la mutation de la
ville est la construction effrénée
d’immeubles d’habitat de 4 étages,
et de
tours comme ceux déjà
construits à la
Pointe Simon, qui s’intègreront par la suite au projet de
création d’un centre d’affaires
d’ici 2012.
Dans
la ville, comme dans le reste de la Martinique paradoxalement les
immeubles
poussent comme des champignons. En effet, à
l’heure où dans le monde occidental dans de
nombreuses agglomérations, bon
nombre de
ces ensembles immobiliers sont pointés du doigt, comme
étant des échecs de
cohabitation sociale et où la majorité des politiques
urbaines actuelles tendent à
limiter, voire à supprimer ces
constructions, la ville
de Fort-de-France semble prendre une orientation
diamétralement
opposée.
En y
regardant de plus près, on peut affirmer que
le reste de l’île, est à l’image de sa capitale. De
surcroît, les espaces de
verdure se rétrécissent, à
cause d’un bétonnage
systématique.
La
conséquence de ce parti pris urbanistique, a tendance à
tirer les prix locatifs
vers le haut. En effet, le prix au m2 est quasiment identique à
celui pratiqué
en région parisienne, d’où une inflation des
prix immobiliers. Par ailleurs, on voit
progressivement une exclusion de
la population martiniquaise de la
location ou à l’accès à la
propriété, car leurs moyens
financiers, ne leur permettent pas de
se loger à de tels coûts.
Ce qui influe pour l’heure, qu’une bonne
partie de ces logements sont vides,
alors que la pression démographique sur l’île, reste forte et ou ces logements sont occupés par
des
populations d’origine européenne.
Toutefois, il y a dans la
métamorphose de la ville des aspects positifs :
-Tout d’abord,
le réaménagement de la gare routière
de la Pointe Simon qui offre aux
voyageurs une meilleure visibilité
dans
la disposition de leurs transports collectifs.
- Puis,
nous avons ce projet ambitieux qui est l’aménagement de la
promenade du front
de mer : «le malecon »
Ce
terme hispanique désigne les
boulevards
de front de mer, on en trouve un peu partout dans la Caraïbe
hispanique et en
Amérique Latine.
La
partie réalisée de ce projet propose un
cadre agréable à ce malecon,
offrant de
nombreuses possibilités d’activités de loisirs, tels que
des concerts, des spectacles en plein air
ou encore, un lieu
approprié aux rassemblements des carnavaliers, lors des jours
gras.
Ces
aménagements ont un impact direct
sur
les activités nautiques, à savoir, l’amélioration
des capacités de mouillage
pour les plaisanciers, ainsi que de meilleures possibilités
d’accostage, pour
les plus gros navires. La plage de la Française a
été assainie et rendue
conforme à la baignade.
A
terme en 2012, le malecon fera partie intégrante du vaste
ensemble maritime
foyalais : le Grand Caraïbe et qui s’étendra de la
rive droite jusqu'à la
Pointe des Nègres. On verra coté terre, la ligne du futur
tramways allant vers
Schoelcher, et une voie de circulation automobile à double sens.
Coté mer il y
aura une piste cyclable, une promenade, des espaces sportifs et un
grand centre
nautique.
Ce
projet d’urbanisme met en perspective,
les ambitions de la politique économique de
la municipalité actuelle, qui
manifeste le souhait d’ouvrir ou
d’insérer la ville de Fort de France dans son espace
géographique naturel, à
savoir la Caraïbe, et par
conséquent
faire en sorte que la Martinique soit moins
dépendante de l’Europe et à
fortiori de la France.
Emmanuelle
Deschè