11
septembre

Catherine HOURS
NEW
YORK (AFP) - Les Américains ont rendu hommage lundi aux quelque
3.000 morts
des attentats du 11
septembre 2001, un 5e anniversaire marqué par les larmes et les
divisions
sur "la guerre contre le terrorisme"
A
Ground Zero à
New York, dans un champ en
Pennsylvanie (est), et au Pentagone près de Washington,
où s'étaient écrasés
quatre avions détournés par 19 kamikazes d'Al-Qaïda,
autorités et familles des
victimes se sont retrouvées pour des moments de silence et de
recueillement.
A Manhattan, les
proches de victimes, photos
serrées contre le coeur, étaient souvent en pleurs,
écrivant des messages,
déposant des fleurs. Deux bassins installés pour marquer
l'emplacement des
tours jumelles du World Trade Center ont été recouverts
d'un tapis de roses.
"Cinq années ont passé, et nous sommes encore debout
ensemble. Nous
revenons ici pour marquer cet anniversaire déchirant et nous
souvenir de chaque
personne qui est morte ici, les connus et les inconnus, dont l'absence
est
toujours avec nous", a déclaré le maire de New York,
Michael Bloomberg.
Comme chaque
année, les noms
des victimes ont été lus dans une atmosphère
chargée d'émotion. "A mon
fiancé, mon amour et mon meilleur ami, mon ange gardien", a dit
une jeune
femme. "C'est bien de partager ce moment dans cet endroit", estime
Ellis Crant, père d'une victime. Son beau-frère, John,
exprime son
mécontentement à l'égard de la politique
américaine: "Quand on sème la
haine, la haine nous revient". Dans une allocution à la Nation,
prononcée
dans la soirée de la Maison Blanche,
le président George W. Bush a appelé les
Américains à "laisser de côté
(leurs) différences" pour vaincre le terrorisme.
"Notre nation a subi
des
épreuves, et le chemin qui nous attend est difficile. Remporter
cette guerre
(contre le terrorisme)
exige l'effort d'un pays uni", a-t-il dit. Les Américains sont
profondément divisés par la guerre en Irak et les moyens
employés au nom de la "guerre contre le terrorisme", tandis
qu'Oussama ben Laden, responsable des pires attentats de l'Histoire,
court
toujours. Ce dernier "et d'autres terroristes continuent à se
cacher. Le
message que nous leur adressons est clair: peu importe le temps que
cela
prendra, l'Amérique vous trouvera et vous jugera", a promis M.
Bush.
"On a fait beaucoup, mais nous n'avons pas encore investi l'argent
là où
la menace et le risque existent", a déploré Hillary
Clinton, sénatrice
démocrate.
Les attentats de 2001
ont fait
au total 2.973 morts. Cinq ans après, plusieurs dirigeants dans
le monde ont
réaffirmé leur volonté de vaincre le terrorisme.
"Les
attaques du 11 septembre 2001 nous ont tous meurtris jusqu'au plus
profond de
nous-mêmes, car c'était des attaques contre
l'humanité", a déclaré le
secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. L'Otan et
les Européens ont réitéré
leur engagement dans la lutte contre le terrorisme, "une
priorité pour
l'Union" européenne.
A Wall Street et au
siège de
l'Onu, des minutes de silence ont été observées.
En face de Manhattan, dans le
New Jersey, une immense statue de bronze offerte par le
président russe Vladimir Poutine a été
dévoilée, en présence de l'ex-président
américain Bill Clinton. A la nuit
tombée, deux rais de lumière ont percé le ciel de
New York, pour évoquer les tours
disparues.
Dans la matinée,
George W. Bush et sa femme Laura,
vêtus de noir, s'étaient recueillis dans une caserne de
pompiers new-yorkaise.
Le couple présidentiel s'est ensuite rendu sur les autres sites
du
11-Septembre, à Shanksville (Pennsylvanie) et au Pentagone,
près de Washington.
"Sur ce champ d'honneur, des vies ont été perdues pour
que d'autres vies
soient sauvées, et ainsi des héros ont été
façonnés sous le ciel de
Shanksville", a déclaré l'ex-gouverneur de Pennsylvanie
(est), Tom Ridge.
Les passagers du vol 93
ont été
érigés en héros pour avoir tenté en vain de
reprendre le contrôle de l'avion
aux terroristes qui voulaient le projeter sur le Congrès ou la
Maison Blanche.
Au Pentagone, le
vice-président
Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald
Rumsfeld ont aussi appelé à
l'unité, alors que la controverse redouble sur la
dégradation de la situation
en Afghanistan et Irak, où sont intervenus
militairement les Etats-Unis
après le 11-Septembre. "L'ennemi est en échec", a
assuré M. Rumsfeld.
Un drapeau américain géant a été
déroulé sur la façade du bâtiment. Le
11-Septembre est "un jour d'unité nationale", a renchéri
le vice-président
tandis que George W. Bush refusait à nouveau tout retrait
militaire d'Irak.
Dans un message vidéo de son numéro deux, Ayman
al-Zawahiri, Al-Qaïda a affirmé que les
"forces en Irak et en Afghanistan (étaient) vouées
à la défaite", et
que le Golfe et Israël
seraient ses prochaines cibles.