Haïti : De
l’eau pour tous à Cité Soleil, dans un contexte
socio-économique désastreux
L’agence des Nations Unies pour la Santé, OPS/OMS, finance un
Projet
d’eau potable en faveur des habitants de Cité Soleil
(périphérie nord de la
capitale) intitulé ‘’Dlo pou tout moun nan Site Solèy’’
(De l’eau pour tous à
Cité Soleil), informe le docteur Béatrice Bonnevaux,
représentante de
l’organisation en Haïti.
Ce projet, d’un montant
de 16 millions de gourdes et s’inscrivant dans
le cadre du Programme d’Apaisement Social du gouvernement haïtien
(PAS), vise à
augmenter la quantité et améliorer la qualité de
l’eau à Cité Soleil.
« Dans le
Programme d’Apaisement Social du gouvernement, nous avons
eu la possibilité d’obtenir des ressources pour commencer un
projet à Cité
Soleil », a déclaré Béatrice Bonnevaux,
lors d’une conférence de presse,
le 10 août 2006, à laquelle a assisté AlterPresse.
Préparé
et présenté par la Centrale Autonome
Métropolitaine d’Eau Potable
(CAMEP), le projet « De l’eau pour tous à Cité
Soleil » touchera les
200 mille personnes résidant dans ce vaste bidonville, où
le niveau
d’insalubrité est fort élevé et où la
violence fait rage.
« C’est un
projet prévu pour 6 mois, après on va évaluer
quels sont
les résultats. C’est un projet qui envisage de couvrir les
besoins et
réhabiliter le système d’eau à Cité
Soleil », précise le docteur
Bonnevaux.
Le Ministère de
la Santé Publique, la CAMEP ainsi que des jeunes de Cité
Soleil participent à l’exécution dudit projet.
Les responsables de
l’OPS/OMS ont déjà procédé à la
formation de 103
jeunes qui travaillent dans le projet et qui, selon Béatrice
Bonnevaux,
pourront devenir des agents pour toutes les activités de
santé à Cité Soleil.
La formation d’une centaine d’autres est prévue pour
compléter l’effectif.
« Le plus
important c’est d’avoir des jeunes qui participent de
façon active [dans des projets communautaires], c’est la partie
la plus
importante d’un projet », indique-t-elle.
Une partie du projet
est consacrée à l’évaluation des
caractéristiques
physiques et chimique de l’eau desservie à la population civile
de Cité Soleil.
« On va évaluer l’amélioration de la
qualité de l’eau », déclare
l’ingénieur Paulo Texeira de l’OPS/OMS.
Le spécialiste
informe que la désinfection de cette eau sera prise en
compte. Ce travail va se faire de concert avec l’État
haïtien, dit-il.
A Cité Soleil,
un comité a été mis en place pour sensibiliser la
population sur l’importance d’un tel projet. « Le projet va
bon train et
nous disons à la population comment elle doit utiliser l’eau
pour ne pas la
contaminer », déclare Jonel Jean-Baptiste, membre du
comité avec trois
autres jeunes, parmi eux Jean-Yves Laguerre.
Ce dernier venu de Bois
Neuf (l’un des 34 quartiers de Cité Soleil),
estime que la réussite d’un projet dépend de son
acceptation. Jean-Yves
Laguerre souligne que le travail du comité n’est pas toujours
facile.
Il en profite pour
dénoncer les conditions infrahumaines dans lesquelles
vivent les résidents de ce vaste bidonville surpeuplé.