Une
énorme saisie d’ivoire révèle la reprise du trafic

(Taipei,
Taiwan – 5 juillet 2006) – Les officiers des douanes de Taiwan ont
saisi plus
de deux tonnes d’ivoire d’origine illégale, ce qui
représente une valeur de
plus de 2,3 millions d’euros. Cette information révèle
une reprise du commerce
clandestin de l’ivoire et soulève bien des préoccupations
au sein des
organisations écologistes, notamment le Fonds international pour
la protection
des animaux (IFAW).
L’ivoire
a été découvert dans deux cargaisons transitant de
Tanzanie, en Afrique
orientale, à Manille (Philippines), totalisant 350
défenses d’éléphants
d’Afrique, ce qui représente 175 éléphants morts.
Les autorités pensent que
cela pourrait être la plus importante saisie effectuée
à Taiwan depuis 2000,
date à laquelle 332 défenses ont été
découvertes. Cette saisie suit également
directement la découverte, en mai 2006, de 3,9 tonnes d’ivoire
d’éléphants à
Hong Kong – représentant au moins 300 cadavres
d'éléphants.
IFAW
félicite les efforts des douanes de Taiwan pour leur
découverte de cet ivoire
d’éléphants, mais s’inquiète de ce coup de filet qui ne représente peut-être qu’un
faible
pourcentage de l’ivoire dont le trafic alimente le commerce clandestin
croissant.
« Cette
prise d’ivoire énorme signale une tendance inquiétante
qui menace les éléphants
dont le nombre baisse partout dans le monde, » a
déclaré le Dr. Joth
Singh, Directeur de la Protection de la Faune et de l'Habitat d'IFAW.
« C’est une tragédie : plus de 1.200
éléphants auront été tués pour
produire l'ivoire qui a été saisi au cours de ces
quelques dernières
années ; et ceci n’est que la partie émergée
de l’iceberg. Il est
vraisemblable que de nombreuses autres cargaisons d’ivoire passent les
mailles
du filet. »
Les
comptes rendus des médias citent les responsables des douanes,
qui ont révélé
que les défenses brutes portaient encore des traces de sang, et
que les
différences de taille indiquaient que l’ivoire provenait
à la fois d’éléphants
jeunes et âgés, ce qui témoigne que des familles
entières ont sans doute été
abattues.
Bien que
le commerce de l’ivoire ait été interdit en 1989, le
trafic clandestin sévit
toujours. La fréquence des actes de contrebande et les prises
d’ivoire ont
augmenté de manière notable depuis 2002, date à
laquelle la Convention des
Nations Unies sur le commerce international des espèces
menacées (CITES) a
proposé de rouvrir le commerce international de l’ivoire par une
vente unique
de 60 tonnes d’ivoire accumulées en provenance du Botswana, de
Namibie et d’Afrique
du Sud.
IFAW
estime que toute vente légale de l’ivoire crée un
écran de fumée qui cache le
commerce clandestin et provoque donc une augmentation du braconnage.
IFAW
demande à la CITES de revenir sur cette décision de vente
des stocks et de
maintenir un embargo total sur le commerce de l’ivoire. Pour toute
information
complémentaire, rendez-vous sur le site : www.ifaw.org.
Note aux
rédacteurs :
Articles publiés
récemment dans la presse sur cet
incident : Rapport AFP, 4 juillet 2006, The China Post, 5 juillet
2006
Le
commerce international de l’ivoire d’éléphant a
été interdit par la Convention
des Nations Unies sur le commerce international des espèces
menacées (CITES) en
1989 ; cependant, certains pays membres de la CITES, à la
tête desquels se
trouvent la Namibie, le Botswana et la Chine, continuent à
solliciter la levée
de l’interdiction et une reprise du commerce.
Bien que Taiwan ne soit
pas
signataire de la CITES, ce pays essaie de se conformer aux mesures de
protection de la faune adoptées par d’autres pays.
Ce coup
de filet à Taiwan est la dernière prise d’ivoire de ce
qui est devenu une
tendance mondiale. D’autres saisies de gros volumes ont
été effectuées :
- 3,9 tonnes d’ivoire
d’éléphant saisies à Hong Kong en mai
2006.
- 176 kgs d’ivoire
d’éléphant saisies au Kenya en janvier
2005.
- 500 kgs d’ivoire
d’éléphant saisies à Brazzaville (Congo)
en août 2005.
- 142 articles issus
d’éléphants saisis au Royaume-Uni en
novembre 2004.
- 6,5 tonnes d’ivoire
d’éléphant saisies à Singapour en
2002, qui reste la plus importante saisie depuis l’institution de
l’embargo sur
le commerce international en 1989.
Trois
pays du Sud de l’Afrique (Botswana,
Namibie et Afrique du Sud) ont eu en 2002 l’autorisation par la CITES
de vendre
60 tonnes d’ivoire stocké, en dépit de l'opposition de
nombreux autres états et
ONG. Cette vente est soumise à certaines conditions, telles
qu’un contrôle réel
de l’abattage illégal des éléphants (programme
MIKE) et d’une surveillance
adéquate du commerce.
Le
secrétariat de la CITES se réunira en octobre prochain et
les organisations
écologistes craignent qu’une décision soit prise,
autorisant la vente des
stocks accumulés.