Guadeloupe
: les séquelles de l'esclavage

Couchée
sur l'Atlantique, Marie-Galante rêve. Elle regarde sans vraiment
les voir les
touristes diaphanes qui débarquent sur le port de Grand-Bourg.
Ils ont fait une
heure de bateau depuis Pointe-à-Pitre pour se coller à
son sable chaud et
manger du poisson avec les doigts. Ils effleureront paresseusement
cette île
puis s'en iront, la peau hâlée, une bouteille de rhum sous
le bras. Combien
sauront que ce
coin de paradis fut un enfer, une prison aux barreaux bleus comme la
mer ?
Marie-Galante, au recensement de 1790 : 11 500 habitants dont 9 400
esclaves.
Difficile de se douter du drame quand il est occulté par les
gens eux-mêmes.
Une chape a été posée sur deux siècles
d'avanies durant lesquels des hommes
furent juridiquement ravalés au rang de "biens meubles."
Si
Marie-Galante somnole,
traînasse, c'est peut-être qu'elle s'est trop
échinée naguère. Mais elle ne le
dira pas, murée dans son secret. Du triste passé ne
restent donc que des signes
sous-jacents. Cette manière de traverser la vie comme un songe,
l'esprit en
fuite, héritage d'un temps où il n'y avait rien à
espérer de la réalité. Cette
conviction dans les destinées occultes, car comment douter de
l'existence de
forces malignes quand on a été arraché à
son continent, jeté à fond de cale et
condamné à la servitude héréditaire ?
Le
malheur n'a finalement
pas été éternel. L'esclavage a été
aboli en 1848, à l'initiative notamment de
Victor . Par une dernière insanité, les
propriétaires ont été indemnisés. Les
affranchis n'ont reçu, pour solde de tout compte, qu'un nom de
famille. Depuis,
les archives administratives, les arbres généalogiques
butent obstinément sur
cette date, comme s'il n'existait pas d'antécédents
familiaux. Paradoxalement,
victimes et bourreaux se sont accordés sur ce point.
L'escroquerie
intellectuelle aura couru près d'un siècle et demi.
L'HABITATION
MURAT
"
Les
Marie-Galantais ont oublié leur histoire. Ils ne veulent
toujours pas entendre
parler de ce qui s'est passé avant." Pierre Cafournet, 52
ans, enrage
de cette amnésie collective. Il se souvient comme d'un
bienfaiteur de ce
professeur de collège qui avait brisé le tabou et su
exciter sa curiosité.
L'élève a voulu en savoir plus, sans se douter que ce
serait la quête d'une
vie. Depuis ses 20 ans, l'autodidacte ne cesse de sonder les entrailles
nauséeuses de l'Histoire. Devenu conservateur adjoint de
l'habitation Murat, il
témoigne aujourd'hui auprès des visiteurs qui
s'aventurent dans l'allée
ombragée, trompeusement paradisiaque, qui conduit à cette
demeure.
Surplombant
la mer, à la
sortie de Grand-Bourg, l'habitation Murat est l'un des derniers
témoins à peu
près présentables de l'époque esclavagiste dans
toute la Guadeloupe. Quelques
investisseurs privés, puis le conseil général ont
restauré la maison du
propriétaire et le moulin, tiré de la
végétation quelques murs, la cheminée de
l'ancien atelier où était raffiné le sucre. Ont
été également reconstituées, à
l'arrière, trois cases, répliques des réduits
misérables où l'on entassait le
"bois d'ébène".
Mais,
là aussi, il faut
combler le vide et plus encore le silence. Pierre Cafournet, depuis
vingt ans
qu'il fréquente ce lieu, a repeuplé d'ombres son
musée, animé les pierres
mortes des vies de labeur qu'elles enfermaient. Il les voit, ces
fantômes
dépenaillés, hommes, femmes, enfants, "pov' neg"
trimant du
soir au matin, et parfois même la nuit au pic de la
récolte. Il raconte les mains
qui s'esquintent sur les tiges coupantes comme le rasoir, le moulin qui
broie
la canne et parfois le bras de celui qui l'enfourne. Il décrit
les feux d'enfer
qu'on alimente sans cesse sous les immenses bassines où
s'extrait le sucre au
prix du sang des êtres. " A quarante ans, un homme
était bon pour la
casse s'il n'était pas devenu invalide avant."
Et
puis il y a le maître,
Dominique Murat, vieillard entouré de ses enfants, de ses chiens
et de ses
esclaves, piteux despote au soir de sa vie. Venu de Capbreton, le
Gascon
débarque à Marie-Galante en 1770, à 27 ans.
Notaire roué, il profite de la
Révolution et de la confiscation des biens nationaux pour
s'établir d'abord
dans le café. En 1807, à l'époque de l'occupation
anglaise, il s'approprie un
large domaine sucrier et ses 108 serviteurs. Ce Rastignac des Tropiques
se
coule sans état d'âme dans le modèle esclavagiste
pour faire prospérer une
exploitation qui compte bientôt plus de 300 asservis. Fier de sa
réussite, il
fait construire une demeure cossue de style bordelais, pompeusement
baptisée
"château".
"
L'habitation
était un monde autonome", explique Pierre Cafournet. Plus
petite que
les plantations du sud des Etats-Unis, elle vit largement
repliée sur
elle-même. Son organisation répond à une stricte
hiérarchie. En haut, tout en
haut, le maître donc, exploitant, insultant, battant, mutilant,
coupant les
jarrets ou les oreilles des fuyards qu'il rattrape. Si puissant et en
même
temps si vulnérable, tenaillé par la crainte d'être
empoisonné ou victime d'un
sort, redoutant les "quimboiseurs", "jan gagé"
et autres experts en plantes ou en maléfices.
Puis
les "esclaves
domestiques", employés de maison à sa
dévotion, souvent des mulâtres
ou des mulâtresses. Au-dessous, les "nègres à
talent",
ouvriers qualifiés que leur savoir distingue. Tout en bas de
l'échelle, les "esclaves
de jardin", bêtes de somme employées aux champs ou
à l'atelier,
dirigées par un "commandeur", petit blanc ou favori
noir.
Chaque catégorie a sa valeur marchande, dûment
répertoriée dans les actes de
vente de l'époque.
Le
paillard Murat
engrosse à l'occasion quelques esclaves. Il use de la contrainte
mais pas
seulement. " Certaines femmes acceptent cette relation avec l'espoir
d'offrir un meilleur avenir à leurs enfants", explique
Pierre Cafournet.
Le maître donnera leur liberté et même son nom
à certains de ces métis, comme
Modeste Murat, qui deviendra caporal dans l'armée et se mariera
avec une
Blanche. Pour les esclaves, l'idée d'une "promotion" sociale
n'était
donc pas exclue, manière perverse de les tenir en laisse.
Après leur
affranchissement, certains "libres de couleur" n'ont-ils pas
acheté à leur tour des esclaves, preuve que
l'asservissement était autant dans
les têtes que sur les corps ?
"
L'habitation
sucrière est le point de départ de la culture et de
l'organisation sociale
antillaises. Elle a fondé notre langue créole et le reste
de notre identité.
Cette période a marqué notre inconscient et
façonné notre mentalité",
insiste Pierre Cafournet, furieux que les siens s'intéressent si
peu encore à
cette matrice originelle. " C'est là une forme de pathologie
sociale", s'emporte-t-il.
"NOS
ANCÊTRES LES
GAULOIS"
On
quitte Marie-Galante
sur cette saine colère et un dernier coucher de soleil sur les
flamboyants de
l'habitation Murat. On revient en Guadeloupe, à la recherche de
nouveaux
indices. L'île comptait, avant la Révolution, 90 000
esclaves sur 100 000 âmes.
Elles ont bien dû laisser quelques traces, ces multitudes. Mais,
là encore, la
grande misère mémorielle est criante.
A
Petit-Canal, il y a
bien les "marches des esclaves". Cet escalier conduisait au
marché
où, chaque dimanche, l'arrivage tout droit sorti des cales des
bateaux était
vendu aux propriétaires terriens. A Pointe-à-Pitre se
visite également le musée
Schoelcher, qui apporte de précieux points de repère.
C'est bien peu, malgré
tout.
L'oubli
est presque total
après 1848, souhaité par une population
obsédée par son avenir et savamment
entretenu par le pouvoir colonial. Le gwo-ka, la musique des
esclaves,
est ainsi interdit jusqu'en 1960. Les instituteurs de "Maman
France" font du détournement d'identité à
grands coups de "nos
ancêtres les Gaulois".
Les
prêches des
communistes et les appels désespérés de quelques
écrivains ou historiens
sonnent largement dans le vide. Même les inoubliables vers du
Martiniquais Aimé
Césaire, ces suppliques sur "l'homme-famine,
l'homme-insulte,
l'homme-torture" ne suffisent pas à secouer cette torpeur.
BÉKÉS
Les
anciens maîtres
tournent la page avec désinvolture. "Pour eux, l'esclavage
est un fait
historique. Ils le ressentent avec recul, n'en éprouvent aucune
culpabilité", explique Henri Petitjean-Roget.
Descendant
d'une famille
de "Békés", les grands propriétaires
blancs de Martinique,
l'homme a rompu avec son milieu et émigré en Guadeloupe
il y a vingt-cinq ans.
Titulaire d'un doctorat de préhistoire et d'anthropologie, il
occupe les
fonctions de conservateur en chef des musées
départementaux."
L'esclavage est de l'ordre de la psychologie en Guadeloupe et de
l'ordre de la
société civile en Martinique", constate Henri
Petitjean-Roget. Les
Békés martiniquais ont gardé la mainmise sur
l'économie locale et cultivent
toujours leur différence, n'acceptant de frayer avec les Noirs
que "dans
des non-lieux comme la préfecture".
Les
Blancs-pays guadeloupéens,
eux, ont depuis longtemps perdu le pouvoir. En 1794, lorsque la
Révolution a
aboli une première fois l'esclavage, ceux qui protestaient ont
été guillotinés
ou forcés de fuir. Ils sont nombreux à ne pas voir le
rétablissement de la
pratique par Napoléon, en 1802. L'un après l'autre, les
propriétaires ont vendu
leurs domaines à des banques ou à des consortiums
restés en métropole. Les
descendants de Dominique Murat abandonnent ainsi la
propriété marie-galantaise
en 1839, puis disparaissent des archives.
"L'équilibre
d'une société passe par la conservation des jalons de son
histoire,
estime Henri Petitjean-Roget. Parler
de l'esclavage est absolument nécessaire sans pour autant tomber
dans le
terrorisme intellectuel." L'érudit sort de sa
bibliothèque les livres
traitant de l'esclavage. Ils sont surtout anglais ou américains.
Ici, on en
sait plus sur Sainte-Lucie ou sur la Louisiane que sur la Guadeloupe.
Et
pourtant, tout vient
de là. " La société créole est issue
d'un phénomène
d'acculturation", explique Henri Petitjean-Roget. De la rencontre
violente entre le maître européen et l'esclave africain ne
sont pas seulement
restés une langue magnifique et le goût du carnaval. Le
syndicalisme virulent,
parfois outrancier et anti-Blanc de la Guadeloupe est l'héritier
direct des
révoltes d'esclaves. Nombre de professeurs métropolitains
ont également connu
des retours précipités pour avoir frappé un
élève, réveillant un traumatisme
enfoui.
HÉRITAGES
"Nous
avons
hérité une sensibilité plus grande à tout
ce qui pourrait ressembler à de la
discrimination",
résume Jacques Adélaïde-Merlande. Cet historien de
73 ans a été l'un des
pionniers de la recherche sur l'esclavage. Il a débuté de
manière
confidentielle au début des années 1960. L'homme se
souvient ainsi d'un disque 33-tours
sur ce thème qu'il avait enregistré en catimini en 1962.
Durant toute sa
carrière, il n'a cessé de débusquer les traces de
l'héritage. " Le
système esclavagiste ne reposait pas seulement sur la violence,
mais également
sur le conditionnement de l'opprimé pour qu'il accepte son
statut. Il en reste
quelque chose", explique-t-il.
Un
de ses jeunes
confrères, Frédéric Régent, 37 ans,
professeur à l'Université des Antilles et
de la Guyane, auteur d'Esclavage, métissage, liberté
(Grasset), ne dit
pas autre chose. " La période esclavagiste dicte encore
nombre de
comportements comme notre problème avec la couleur de la peau."
Les
maîtres et l'administration coloniale avaient imposé une
classification
complexe de la société selon le degré de noirceur
de l'épiderme. Cette
segmentation continue de polluer les esprits. En créole, ne
dit-on pas "po
chapé" (peau sauvée) quand un enfant est
métissé clair ? Un nouveau-né "bien sorti"
aura la peau plutôt blanche. "De
beaux
cheveux", ce sont des cheveux lisses et non crépus.
Les
mariages peuvent
encore être dictés par un souci de blanchiment. La couleur
de la peau revient
de manière obsessionnelle dans la littérature antillaise.
"A moi, il
m'aurait suffi que d'un peu de beauté ou, à
défaut, d'une peau claire, qui chez
nous fait le même usage", écrit la
Guadeloupéenne Maryse Condé dans Traversée
de la mangrove.
Ces
non-dits, cet
aveuglement collectif, Jean-Luc Romana, 45 ans, ne les supporte pas : "Les
parents ont cru protéger leurs enfants de la damnation en
l'occultant. (...)
Mais on ne se libère pas aussi facilement du boulet de
l'esclavage. Il en est
resté cette sorte d'écho qui nous possède
toujours. La seule manière de faire
le deuil, c'est au contraire d'accepter notre affiliation à ces
ancêtres que
nous avons négligés."
Pour
ces oubliés,
Jean-Luc Romana et une poignée d'amis ont créé en
2002 une association baptisée
"Lanmou ba yo", (Amour pour eux). Le parcours de ses membres est
similaire. Ils ont fréquenté les milieux
indépendantistes, puis s'en sont
détachés. De politique, leur quête est devenue
identitaire.
Marie-Louise
Danchet, 46
ans, la présidente de Lanmou ba yo, a toujours cherché
ses racines. Elle a cru
d'abord les trouver en Afrique. Par militantisme, elle s'était
installée au
Sénégal, d'où partaient les navires
négriers. Mais elle a déchanté : "J'étais
respectée comme Française mais, comme
Guadeloupéenne, j'étais méprisée. Les
gens me traitaient de fille d'esclave." De retour dans son
île,
Marie-Louise a compris que la réponse était ici.
Aujourd'hui, elle croit
l'avoir trouvée, ramenée à la surface presque
métaphoriquement par le vent et
la mer, il y a dix ans de cela.
UN
PRÉCIEUX CIMETIÈRE
En
1995 puis en 1996, les
cyclones Luis et Marylin labourent les côtes de la Guadeloupe.
Ils mettent au
jour des ossements humains dans l'anse Sainte-Marguerite, sur la
commune du
Moule. Les spécialistes accourent. Parmi eux, Thomas Romon, un
métropolitain
attaché à l'Institut national de recherches
archéologiques préventives. Les
pelles révèlent quelques sépultures
amérindiennes, datant de l'an 1000. Mais
d'autres fosses attirent l'attention. "Les corps n'étaient
cette fois
pas disposés en position foetale, se souvient Thomas Romon. Ils
étaient
allongés, la tête à l'ouest. Ce cimetière
était clairement d'époque coloniale."
En
dix années de
campagne, plus de 300 corps - 200 adultes et 100 enfants - ont
été exhumés et
stockés au Musée archéologique du Moule. Des
sondages et des extrapolations
laissent penser qu'un millier de personnes ont été
enterrées là, anonymement.
L'étude
des ossements ne
laisse guère de doutes à Thomas Romon : "Nous avons
très probablement
mis au jour un cimetière d'esclaves." Les dépouilles
ont donné de
précieuses indications sur les conditions de vie de ceux qui ont
été inhumés
là. "Les individus ont pour la plupart moins de 30 ans, mais
ont les
ossements de gens de 60 ans. Ils sont sans doute morts de
surexploitation : ils
ont tous les marqueurs du stress physique, notamment des
problèmes
articulaires. Beaucoup souffrent de caries, voire n'ont plus de dents,
signe de
carences alimentaires. On retrouve également de multiples cas de
tuberculose
osseuse, ce qui laisse penser que cette maladie était
endémique dans la
population."
Les
esclaves étaient
baptisés. La découverte de clous, de restes de croix
permet d'imaginer que ces
individus ont été enterrés religieusement. Des
couples semblent avoir été
formés. Des enfants ont été rapprochés de
ce qui devait être leur mère. Une
pipe, un crucifix taillé dans un os de vache ont
également été retrouvés,
maigres viatiques pour un au-delà forcément meilleur.
D'autres
ossements
d'esclaves ont déjà été mis au jour en
Guadeloupe, comme récemment sous la
piscine d'un grand hôtel. Mais un tel cimetière est une
découverte capitale. "Nous
avons là une collection presque de référence", estime
Thomas Romon. Il
n'existerait que deux sites comparables, l'un à la Barbade,
l'autre à New York.
Aujourd'hui,
Lanmou ba yo
aimerait sanctuariser l'endroit. "Il y a là toutes les
pièces à
conviction du crime", estime Jean-Luc Romana. En 2005, un
prêtre a
célébré une messe de requiem et consacré le
lieu. L'association se bat pour que
les pouvoirs publics fassent ici l'espace mémoriel qui manque
à l'île. "Il
faut que ces deux cent cinquante ans de négation de l'homme
soient montrés à
tous, sortent au grand jour, insiste Jean-Luc Romana : c'est
là qu'est
le soubassement tragique de la Guadeloupe."
A
l'anse
Sainte-Marguerite, les morts ne reposent pas en paix. Chaque week-end,
les
Guadeloupéens viennent ici pique-niquer et camper, face au
tablier de l'île de
la Désirade. L'anse s'en retrouve jonchée de sacs en
plastique, de bouteilles
vides et de poubelles dispersées la nuit par les mangoustes.
Informée par
Marie-Louise Danchet qu'un cimetière se trouve sous ses pieds,
une femme
s'effraie et rameute ses enfants. "Je ne savais pas, je suis
désolée.
Qu'est-ce que je peux faire ?", demande-t-elle. "Avoir une
pensée pour eux", répond simplement Marie-Louise.
Benoît
Hopquin
Lexique
GUADELOUPE.
6 700 kilomètres
de Paris, 1 780
km2, 453 000 habitants (dont 13 000 à Marie-Galante).
1493
:découverte
de l'île par Christophe
Colomb.
1635
: les
Français s'installent dans
l'île et en chassent les Indiens.
1642
: début
de la traite des Noirs
africains.
1674
: annexion
officielle par la
couronne de France.
1794
: première
abolition de l'esclavage.
1802
: rétablissement
de l'esclavage et
rébellion de Louis Delgrès.
1848
: abolition
définitive de
l'esclavage.
1946
: devient
un département français.
Article
paru dans l'édition du 16.08.06