DÉTUMESCENCE
DES MAUX /MOTS
Après
avoir dit son inquiétude sur les méthodes du ministre de
l’intérieur à traiter
la question de l’immigration, tout en qualifiant l’ensemble de sa
politique de
"Sarkoïzation" des esprits, le français d’origine
antillaise (comme
sont présentés tous les allochtones et allogènes
à la française) Lilian Thuram,
malgré lui, provoque l’indignation chez les puristes. D’ailleurs
tout mon
étonnement vient du fait qu’il ne porte pas, suite au mot
utilisé, la
responsabilité de tous les maux pour lesquels les puristes se
sont arrogés le
droit de confisquer les mots pour parler de leurs souffrances.
Si la
détumescence est en médecine une avancée,
appliquée à d’autres domaines, elle
prend la forme d’une censure. Et le moment est venu de dire STOP
à cette
confiscation éhontée d’une catégorie de mots, par
des gens peu respectueux des
libertés, pour des prétextes fallacieux et mercantilistes.
L’hémiplégie
mentale voire vocable, dans laquelle vous voulez nous plonger devient
insupportable et ne relève que d’une manipulation, à
laquelle nous ne voulons
plus céder.
Lilian
Thuram a choqué, ses propos ont été
condamnés nous dit-on, par le sénateur
Roger Karoutchi et sûrement par d’autres puristes, occupés
en ce moment de
forte activité à compter les cadavres qui jonchent les
rues du Liban ou de la
Palestine dans « Opération purification du
Proche-Orient ».
Pourquoi ?
Comment ? En utilisant le mot
« déportés » ce surtout, et il
faut le rappeler, comme le soulignait à juste titre le
sénateur
Karoutchi :"à l’heure de la 63ème
commémoration de la rafle du
Vel’Hiv". Notre Tutu vient de commettre le crime de lèse
majesté.
Quelle
effronterie Lilian ! Quel polisson tu fais Lilian ! Toi qui
n’as
droit de t’exprimer qu’avec tes jambes et prendre la brosse à
reliure pour
caresser le système dans le sens du poil. Comment oses-tu
seulement des
amalgames, des assimilations, les confusions dans notre
société qui n’en a
nullement besoin ? Comment peux-tu aussi confondre le bien et le
mal ? la déportation et le déplacement ?
As-tu
seulement pris la peine de consulter ton Larousse ? Ton
Robert ? Pour
ne pas te rendre compte que certains mots comme déportation (que
tu as utilisé
à tort) ne s’utilisent seulement que pour décrire une
Souffrance Unique et
seulement cette Unique Souffrance là ? Je t’invite à
lire attentivement
ton Larousse ou ton Robert, tu verras, c’est écrit ! Ce mot
est une
exclusivité et ne s’utilise que pour une exclusivité.
Les Noirs
et les autres pas comme les Autres, au cas où tu l’ignorais, on
les déplace,
même avec violence et évidemment sans leur consentement,
on ne les déporte pas,
il faudrait à l’avenir, que tu utilises le mot déplacer
lorsque tu parles des
petites souffrances telles que l’esclavage, la situation des
Palestiniens etc..
Même pour ta voiture, il ne faut pas utiliser déporter,
d’ailleurs, il parait
que dans les Auto-écoles, on n’emploie plus le mot
déporter, car cela crée des
confusions, des amalgames, insultant de fait la MEMOIRE.
D’ailleurs,
toi qui affectionnes parler de l’esclavage, ne t’avise jamais
d’utiliser les
mots négationnisme, révisionnisme, génocide ceci
n’est pas valables pour les
Noirs, en osant cet interdit, tu avilis la MEMOIRE et les puristes
n’aiment pas
cela, venant surtout d’un descendant de déportés euh
...de déplacés. Tu as vu
ce qu’ils ont fait à Dieudonné ? Alors fais gaffe
à ton vocabulaire !
Tu es un banlieusard, au mieux, fais dans le verlan. Il faudrait que,
à toi
comme à tous ceux qui auront l’outrecuidance de travestir les
mots
exclusivement exclusifs, je rafraîchisse la mémoire avec
cette citation d’un
puriste du nom de JACOB NEUSNER "L’holocauste mal unique n’a pas
seulement
pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il
leur donne "un
droit sur les autres" (1) Pauvres Larousse et Robert, vous en qui je
croyais, vous sur qui je comptais pour acquérir un vocabulaire
avec de bonnes
définitions,m’auriez-vous menti à l’insu de mon
gré ?
Lorsque
l’on n’en arrive à réduire les souffrances des autres, en
leur imposant les
mots qu’ils doivent ou ne doivent pas utiliser pour les dire, on
appelle cela
de la CENSURE et celle-là n’a fait que trop durer.
MBOA
(1) Jacob
Neusner "A Holocaust primer" Page 178