Les immigrés
tapent du poing en
Martinique

Une dizaine de dossiers au titre de
séjour sont actuellement
enregistrés au greffe du Tribunal Administratif de Fort de
France. Une
situation inédite qui serait la conséquence directe de la
loi Sarkozy sur
l’immigration.
Le
24 juillet dernier, la loi Sarkozy était publiée au
Journal Officiel. Ce texte
de loi avait déjà défrayé les chroniques,
car il reflétait une image différente
de l’intégration des immigrés sur le territoire
français. Pour obtenir un titre
de séjour, le Ministre de l’Intérieur, décidait de
faire un choix entre les
immigrés, soient ceux pouvant apporter leurs compétences,
leur savoir-faire à
la France pourront séjourner sur le territoire national. En
Martinique, de
nombreux ressortissants des îles voisines de la Caraïbe
n’hésitent pas à
franchir la mer pour arriver dans le département et se
réfugier d’une situation
critique dans leur pays d’origine. Depuis l’application de la loi,
certains
ressortissants ont reçu une décision de la
Préfecture de la Martinique leur
refusant l’entrée ou le renouvellement de leur carte de
séjour. Le constat est
flagrant, l’an dernier à la même période le
tribunal administratif ne
connaissait pas une telle situation, aucune contestation de
délivrance ou de
renouvellement de titre de séjour n’était
enregistrée auprès du greffe. Est-ce
la conséquence de la loi Sarkozy ou de la réorganisation
du service des étrangers
de la préfecture ? Ce qui demeure incompréhensible, c’est
le cas de Lucien, un
ressortissant saint-lucien de 52 ans, présent dans le
département martiniquais
depuis 30 ans, il s’est installé avec une martiniquaise, ils
vivent
maritalement et il a un travail. Jusqu’à ce jour, il n’avait
jamais eu de
problème pour renouveler son titre de séjour, mais
là cette année, il a été
débouté dans sa démarche, et il ne comprend pas
pourquoi. Il compte bien se
battre pour défendre ses droits pour ne pas quitter l'île
qui l'a recueilli
depuis plus de 20 ans. Le refus d’accorder un titre de séjour
est assorti d’une
obligation de quitter le territoire. Les recours auprès du
Tribunal
Administratif sont possibles, et cette mesure est suspensive,
c'est-à-dire que
le temps de la décision du tribunal, environ 3 mois, le
réfugié n’a pas à
quitter le territoire. Toutefois, toute personne ne possédant
pas de titre de
séjour s’expose à un an de prison et 3750 euros d’amende.