400
tonnes de déchets toxiques déversés à
Abidjan
06
septembre 2006

Abidjan, International
— 06/09/2006 - Catastrophe écologique et sanitaire dans la
capitale économique
de la Côte d'Ivoire, où quatre cents tonnes de
déchets hautement toxiques ont
été déversés par le Probo Koala, navire
russe battant pavillon panaméen et
exploité par une société hollandaise. Bilan actuel
: deux morts et des
centaines de personnes intoxiquées.
Parti
d'Espagne il y a plusieurs mois, le Probo Koala aurait longtemps
navigué le
long des côtes africaines avant d'accoster pour une vidange, le
19 août, au
port d'Abidjan, le plus grand d'Afrique de l'Ouest. Le liquide à
vidanger – des
boues issues du raffinage pétrolier, riches en matière
organique et en éléments
soufrés très toxiques (hydrogène sulfuré,
H2S et mercaptans) – aurait alors
mystérieusement été notifié sous la
qualification d'« eaux usées »,
ce qui permet de s'affranchir des exigences de traitement.
« Cette double violation fragrante du droit international
transforme la
Côte d'Ivoire en un pays-poubelle, déclare Yannick
Vicaire, responsable de la
campagne Toxiques de Greenpeace France. D'abord de la convention de
Londres
régissant l'immersion des déchets, et ensuite de la
convention de Bâle, qui
interdit le transfert des déchets dangereux entre pays de l'OCDE
et pays non
membres de l'OCDE. »
La toxicité des quatre cents tonnes de déchets ainsi
déversées dans plusieurs
quartiers d'Abidjan n'a été découverte
qu'après le départ du bateau qui a
quitté le pays sans être inquiété, en
direction de l'Estonie. La dispersion
quatre cents tonnes de produits hautement toxiques à Abidjan,
commence à avoir
de sérieuses répercussions sur la santé des
habitants. Deux fillettes sont
mortes et plus de 500 personnes se sont déjà
présentées dans des hôpitaux,
souffrant de diarrhées, de problèmes respiratoires, de
maux de tête et de
douleurs thoraciques.
« Nous menons des recherches afin de comprendre quand et
comment ces
déchets ont changés de qualification et quelles sont les
responsabilités dans
la cascade de sociétés et prestataires qui ont, un moment
ou l'autre, pris en
charge ces déchets, conclut Yannick Vicaire. Il semble
néanmoins qu'aucune des
parties en cause n'ignorait leur nature dangereuse. »
Greenpeace
considère que c’est à l’Espagne, pays de l’OCDE
d’où sont partis les
déchets, d’assurer la décontamination des zones
polluées.
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