Déversement
de déchets toxiques en Côte d’Ivoire
Les
premiers membres de l’équipe internationale de l’OMS sont
arrivés cette semaine
à Abidjan pour aider le Ministère ivoirien de la
Santé à faire face à l’urgence
de santé publique consécutive au déversement de
déchets toxiques. Un
spécialiste de la toxicologie clinique déjà sur
place sera rejoint aujourd’hui
par un spécialiste de la salubrité et de l’environnement.
Un autre spécialiste
technique arrivera dans quelques jours. L’équipe de l’OMS aidera
le Bureau de
l’OMS en Côte d’Ivoire, notamment :
- A coordonner la riposte
face aux conséquences de la crise pour la santé publique
;
- A entreprendre une
évaluation initiale des risques, à proposer des mesures
pour que la population ne soit plus exposée aux substances
chimiques et à collaborer avec les partenaires pour en
accélérer l’élimination ;
- A mettre au point des
messages clairs pour indiquer à la population comment
éviter l’exposition et quand demander des soins médicaux
;
- A apporter des conseils
sur l’organisation des soins médicaux, notamment la mise au
point d’un protocole de prise en charge clinique et la mise en place
d'une surveillance épidémiologique de base ;
- A contribuer à
déterminer et à acheminer les fournitures dont le
système de santé surchargé a cruellement besoin.
Le
spécialiste de
toxicologie clinique a parlé aux médecins et aux malades
sur le terrain pour
déterminer l’ampleur et la gravité des intoxications.
Jusqu’ici les symptômes
signalés étaient notamment les suivants : saignements de
nez, nausées et
vomissements, maux de tête, lésions cutanées,
irritations des yeux et symptômes
respiratoires. Ces symptômes sont courants en cas d’exposition
aux substances chimiques
présentes dans les produits déversés.
L’OMS
est en contact
régulier avec les hôpitaux et dispensaires locaux pour
évaluer la charge
d’urgence à laquelle doit faire face le système de
santé. A Cocody, au cours de
la seule journée du 11 septembre, plus de 1000 personnes se sont
rendues au
centre hospitalier et universitaire (CHU) pour une évaluation et
un traitement.
Six cent personnes se rendent chaque jour au CHU de Yopougon et 300 en
moyenne
au dispensaire municipal d'Akouedo, dont de nombreux enfants et jeunes
nourrissons. C’est deux fois plus qu’en temps normal et la
quasi-totalité du
personnel soignant des établissements a dû être
affectée à la réception de ces
patients ce qui a provoqué l'interruption presque
complète des consultations
régulières.
L'afflux
des gens
demandant des soins médicaux après avoir
été exposés aux déchets toxiques
désorganise gravement les services médicaux et a conduit
à des pénuries de
médicaments qui ont encore accru les difficultés pour le
système sanitaire
ivoirien déjà affaibli. La crise a démontré
que le pays n’a pas les moyens de
faire face à une telle situation d’urgence.
Plus
de 15 000 personnes
ont demandé des soins médicaux et six décès
ont été signalés, mais l’OMS n’est
pas encore en mesure de fournir une évaluation précise du
nombre de personnes
touchées. Une des priorités pour l’Organisation sera
d'installer un système de
surveillance épidémiologique permettant de mettre en
lumière des évènements
sanitaires inhabituels. Il existe aussi un sérieux
problème d’anxiété dans
l’opinion auquel il est nécessaire de répondre d’urgence.
Les faits
Au
cours de la nuit du 19
août, près de 400 tonnes de déchets
pétrochimiques ont été déchargés
d’un
navire, transportés en camion, puis déversés dans
12 sites autour d’Abidjan -
une ville de 5 millions d'habitants. Les déchets contenaient un
mélange de
produits de distillation du pétrole, de sulfure
d’hydrogène, de mercaptans, de
composés phénoliques et d’hydroxyde de sodium. Au bout de
quelques jours, la
population locale a commencé à se plaindre de
problèmes de santé et à demander
des soins médicaux.
Appui a la
santé publique fourni par l’OMS - 15 SEPTEMBRE 2006 -
GENÈVE/ABIDJAN --