Le
financement du logement social en crise dans les DOM
C'est
pour réagir à "l'aggravation d'une crise sans
précédent dans leur
secteur", que les opérateurs sociaux de la filière d'aide
à l'amélioration
de l'habitat des quatre départements d'outre-mer demandent au
gouvernement de "prendre
de toute urgence les mesures nécessaires au maintien d'un
secteur d'activité
qui, outre sa mission sociale indispensable, est également un
secteur
structuré" et générateur d'emploi.
Désormais
constituées en collectif, les huit organisations, signataires
d'une
déclaration commune, affirment en effet que cette crise,
qu'elles estiment
"financière et non structurelle", menace 6 000 emplois directs
et
autant d'emplois induits.
Or, "on compte environ
70 000 logements insalubres sur l'ensemble des
départements d'outre-mer, pour la plupart occupés des
personnes âgées et/ou en
grande précarité, et susceptibles d'être
réhabilités", poursuivent-elles,
dans un communiqué, alors que le nombre de chômeurs
et d'allocataires du
RMI (10 % du total national) est particulièrement
élevé dans les DOM.
Les besoins de la filière sont donc "considérables", et
paradoxalement, les crédits accordés "sont en constante
régression depuis
plusieurs années", alors que ce secteur du logement social
connaît "un
véritable essor sur le plan national", selon le collectif,
à la faveur du
plan de cohésion sociale.
Dans le texte
qu'ils ont adopté le 21 juin dernier à Paris, les
opérateurs, venus de la Guadeloupe, de la Martinique,
de
la Guyane et de la Réunion, demandent donc au
gouvernement d'apurer
sans délai la dette globale de l'Etat pour le logement social,
s'élevant à 80
millions d'euros de factures impayées aux opérateurs, au
31 décembre 2005, et
qui n'a cessé d'augmenter en 2006, pour approcher, selon eux, la
somme de 120
millions d'euros.
Ils réclament
également une programmation pluriannuelle des financements
dédiés
au logement social, soit 300 millions d'euros de crédits de
paiements par
an, sur quatre ans (2007-2011).
Et, soulignant
l'importance de la réhabilitation de logements individuels dans
les DOM, qui concerne 6 000 maisons par an, plaident, aussi, pour
l'adoption
d'une terminologie propre à l'outre-mer, "en corrélation
avec l'importance
des travaux effectués en matière de réhabilitation
du parc existant". Il
s'agirait, par exemple, de passer du terme d'aide à
l'amélioration de
l'habitat DOM (AAH DOM) à celui d'aide individualisée
à la réhabilitation de
l'habitat (AIRH).
Les signataires
souhaitent, enfin, que soit inscrite durablement, dans le cadre
de la ligne budgétaire unique (LBU), qui assure le financement
du logement
social outre-mer, une ligne spécialement dédiée
à la réhabilitation de
l'habitat.
Un rapport
sur la politique du logement social outre-mer a, par ailleurs,
été publié en
avril 2006 (voir ci-dessous) ; il est disponible en ligne sur le site
de la
Documentation française (www.ladocumentationfrancaise.fr),
dans la bibliothèque des rapports publics (faire une recherche
par mot-clef).
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