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Un
regard sur les cultures créoles d'aujourd'hui
À l'envers des
cartes postales, cinq jours d'une programmation stimulante de musiques,
contes ou arts plastiques de la Caraïbela francophone à la
Maison des
cultures du monde, à partir de demain.
UNE FOIS passée la
vague qui, en quelques années, avait fait de
Kassav', Malavoi et Zouk Machine des personnages d'importance dans le
paysage des musiques populaires, la France a un peu perdu de vue
l'actualité des musiques créoles. Le festival Variations
caraïbes, à
partir du 27 septembre et jusqu'au 1er
octobre à la Maison des cultures du monde et à l'Alliance
française,
propose de faire le point sur les cultures des Antilles créoles
francophones avec une stimulante série de concerts, des
expositions,
des soirées de contes, des conférences et des
débats.
La
soirée d'ouverture, demain, peut sonner en elle-même comme
un
manifeste, plongeant dans les relations entre le langage jazz
d'aujourd'hui et les diverses formes musicales créoles des
Antilles.
Ainsi, on entendra le guitariste Ronald «Boo» Hinkson,
natif de
Sainte-Lucie, dont le jeu ne cache pas l'empreinte de George Benson –
un jazz fusion volontiers méditatif et rêveur – tout en
s'ébattant dans
la vaste palette des musiques de la Caraïbe du calypso au reggae
et aux
rythmes plus serrés des Petites Antilles. Ensuite,
Bwakoré, quintet
jazz martiniquais (avec notamment, dans ses rangs, le clarinettiste Max
Télèphe, héros au cinéma du film Biguine)
qui puise dans les
deux branches de la tradition martiniquaise, le bèlè
rural et les
biguines et mazurkas de la Saint-Pierre défunte, tout en
cultivant la
liberté née du jazz d'après Miles.
Conteur guadeloupéen
Jeudi
28, la soirée à la Maison des cultures du monde sera
consacrée à la
parole créole, avec notamment le conteur guadeloupéen
Patrick Cheval,
le conteur et musicien martiniquais Igo Drané et la rencontre
mi-traditionnelle mi-novatrice du batteur Jean-Claude Montredon et du
conteur Philippe Cantinol. On notera également, au long de cette
programmation, la venue de Dominik Coco, qui explore aux confins du
gwoka les possibles d'une expression neuve qui semble emprunter
tantôt
aux fantasmes libertaires et spontanéistes qui passionnaient le
funk
des années 1980, tantôt aux expérimentations du
jazz des lofts
newyorkais des années 1970, tantôt encore à une
transposition laïque et
franco-antillaise des grounations des rastas jamaïcains. Avec son
Karibean Koumbeat, cet ancien membre de Volt Face, groupe de zouk
orthodoxe, poursuit une originale rêverie identitaire entre
tambours et
chant, entre envol et enracinement.
Signalons
encore le chanteur et guitariste Kolo Barst, le duo père-fils
d'Edmond
et de Manuel Mondésir autour du bèlè de la
Martinique, la
réinterprétation de chants et danses du vaudou
haïtien par la
Guadeloupéenne Yane Mareine, Los
Renuentes de Porto Rico...
Maison des
cultures du monde, du 27 septembre
au 1er octobre, tél. : 01 45
44 72 30, 01 42 64 58 22,
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